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ainsi de la nouvelle. Il valait donc mieux se contenter d’honorer la Sainte aux autels déjà dédiés sous son invocation.
Cette décision sévère fit d'autant plus de peine à Nicolazic qu’il avait plus compté sur l'appui des PP, Capucins. En retournant à Keranna, il ne put se défendre de pieurer. Néanmoins, sa confiance ne fut pas ‘branlée. Sûr, après tout, de sa bonne Maîtresse, il dit à Lézulit, en le quittant, qu le jour de la découverte approchait, et qu'au premier signe, il irait l’appeler pour le rendre témoin du prodige.
Le lendemain, au soir, Nicolazic venait de se mettre au litet d’éteindre sa lumière ; ses domestiques veillaient encore et s’entretenaient dans la chambre voisine, quand tout à coup le mystérieux flambeau reparaît en jetant un grand éclat. Sainte Anne se montre aussitôt, et d’une voix plus douce, plus engageante qu'à l’ordinaire, elle avertit Nicolazic de se lever et de se rendre au Bocenno, à l'endroit que lui indiquerait la lumière, lui promettant qu’il y trouverait la statue promise, dont la découverte serait une preuve palpable de la vérité de ses
révélations.
La Sainte disparaît; mais le flambeau reste, et l’on peut concevoir avec quelle hâte et quelle joie Nicolazic se lève. Au moment où il se dirige du côté de la porte, le
flambeau le devance. T1 suivait depuis quelque temps ce
denses:
guide mystérieux, lorsqu'il se souvient des témoins qu’il devait prendre. Il court chez eux. Son beau-frère Le Roux veillait encore : les autres, Julien Lézulit, autrement dit Alanigo, Jean Tanguy et Jacques Lucas, sont bientôt prêts. François Le Bloënec se réunit un peu plus tard à eux, soit qu’un des derniers l'eût averti, soit que le bruit de leur marche eût piqué sa curiosité.
Arrivé près de la grange, Nicolazic pousse un cri de joie en retrouvant le flambeau qui s'était arrêté pendant son absence. Le Roux et ses compagnons l'aperçoivent également, à mesure qu'ils sortent du chemin couvert, à l'exception toutefois de deux d’entre eux qui, au grand étonnement des autres, restèrent jusqu'à la fin privés de cette faveur. L'un et l'autre sans être scandaleux dans leur conduite, avaient des reproches graves à se faire devant Dieu et ne s'étaient pas même approchés du tribunal de la pénitence à la Pâque précédente. De vifs remords les forcèrent de convenir dès lors que cette privation pouvait être un châtiment du mauvais état de leur conscience. Le pécheur obstiné a-t:il droit de s'attendre aux faveurs spirituelles des amis de Dieu ?
Cependant le flambeau qui le guidait s'avançait à trente pas environ au-devant d'eux, élevé à trois pieds de , terre. Sa flamme immobile divergeait en gerbes rayonnantes et éclairait un grand espace, Parvenu au-dessus
de l'emplacement de la chapelle, il s'arrête ; puis, s’éle-
vant et s'abaissant par trois fois, il semble s'enfouir dans
la terre.
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Les quatre témoins privilégiés fixaient
d'un regard immobile l'endroit si bien désigné.
Une fraîche verdure le couvrait aussi bien que le reste du champ. Nicolazic l'indique de la main à son beau-frère, et Le Roux se met
à creuser avec sa tranche, Au bout de quelques moments,
il annonce qu'il vient de rencontrer du bois ! Nul doute que ce ne soit la Statue, objet de tous les vœux. d’un religieux respect, ils y fouille, allumer, e
Saisis eulent, avant de continuer la n signe d'honneur, un cierge bénit.
Cela fait, ils retirent avec soin la sainte image, Elle est étusté, qu'il était On la dépose sur le gazon de la haie voisine, et chacun retourne
tellement couverte de terrset rongée de v difficile d'y reconnaître une forme,
au village en bénissant Dieu, pour prendre quelque repos pendant le reste de la nuit.
L’aurore du lendemain les retrouva tous dans le champ avec la plupart des voisins, également curieux de voir et
d'examiner l'image miraculeuse. Elle portait encore
quelques vieilles traces de couleur, et laissait paraître des traits défigurés qui pouvaient aider à faire connaître une antique statue de sainte Anne. Ce fut alors que prosternés autour d’elle, tous ensemble et les premiers depuis
tant de siècles d’oubli, ils invoquèrent avec une confiance
sans bornes, la glorieuse Sainte qui sembl eux avec son image, . .,, (1).
ait se donn:r à
(1) Pèlerinage de Sainte-Anne d’Auray, par le P.
Arthur Martin.
Les Pèlerins ne tardèrent pas à accourir en foule, et le Seigneur pour recompenser leur confiance et leur amour envers la Bonne sainte Anne, commença à opérer, par sa puissante intercession de nombreux et grands miracles, Le 25 juillet de cette même année 1625, au milieu d’un coucours de plus de rente mille Pèlerins, eut lieu la pose de la première pierre de la chapelle, à côté de laquelle fut construit un monastère que les Pères Carmes Déchaussés occupèrent jusqu'à la grande révolution. Voici une courte statistique des miracles opérés à Auray et juridiquement constatés, vingt ans seulement après l'invention de la Statue. Elle est donnée par un Religieux du même Ordre (1), qui s'exprime ainsi: ‘On pourrait apporter en témoignage de la protection de la Saizle un grand nombre de mirrcles éclatants extraits de livres déjà publiés, et de registres où l’on a consigné les faits les plus saillants et les plus extraordinaires, comme aussi de
procès-verbaux isolés et des autres instruments publiés. Dans ce nombre figurent :
La résurrection de douze morts !
La guérison de soixante malades arrachés à un danger
imminent ; La vue rendue à neuf aveugles ;
L'ouie accordée à dix sourds ;
(1) Le Père Jean Thomas de Saint-Cyrille.
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