‹ La bonne Ste Anne [microforme]Chapitre 116 sur 124 · QE · texte numérisé non relu

QE

gneur l'Archevêque de Québec, aujourd'hui Son Eminence le cardinal Taschereau, et de tous ses suffragants ; grâce au dévouement et au zèle du clergé canadien non seulement à conseiller les pèlerinages individuels mais à organiser des pèlerinages de paroisses ou de confréries ; grâce aussi à la publication et à la diffusion promptement fort étendue des Annales de la Bonne sainte Anne (*) qui, à dater de 1873, allèrent parler, chaque mois, à tant de familles, de la bonté, de la puissance et des faveurs si nombreuses de la grande Protectrice du Canada, l'élan des populations vers le sanétuaire de Beaupré se produisit

avec un entrain plus ardent et plus universel.

L'ancienne église ne pouvait plus suffire et menaçait ruine. Il fut décidé qu’on en construirait une nouvelle sur un plan et avec des dimensions qui répondissent mieux aux nécessités plus multipliées des pèlerinages, et en fissent comme un monument public et permanent de la dévotion reconnaissante du peuple canadien envers la

Bonne sainte Anne.

Par un mandement collectif du 12 mai 1872, Monseigneur l’Archevêque et les évêques de la Province de Québec invitèrent les fidèles de tous les diocèses à contribuer, par leurs offrandes, à Ia construction de ce nouveau

sanctuaire. Les sommes recueillies furent considérables

(1) Les Annales comptèrent onze mille Abonnés dès cette rre année 1873 !

Lomme

d'un bout à l'autre du pays. L'église fut solenneilement bénite et livrée au culte le 17 octobre 1876. Cependant, elle était loin d'être achevée car il n'y avait guère encore que les quatre murs et le toit. Depuis 1880, on a construit les bas-côtés, sous forme de chapelles latérales. Ces chapelles sont au nombre de 16, toutes bien décorées et munies d’autels et de confessionnaux. Peu après, l’édifice fut allongé de 60 pieds et la façade surmontée de deux tours entre lesquelles s'élève une grande statue de la Bonne sainte Anne. C'est encore depuis ce temps que la sacristie fut notablement agrandie et que l’ancienne chapelle s'est vu rendre son vieil ameublement ainsi que son antique maïître-autel. Du reste, l'immense carré servant aux processions des pèlerinages et qui s'étend devant l’église, la décoration, les riches autels, les ornements, la statue avec sa précieuse couronne d’or massif sont autant de travaux accomplis depuis 1880, et l’on peut dire que maintenant sainte Anne possède à Beaupré un des plus beaux temples du Canada. L'église est en style corinthien, elle est longue de 200 pieds sur :00 de large. Elle a été consacrée avec grande pompe, le 16 mai 1889, par Son Emimence le cardinal Taschereau, en présence de 10 évêques et d’un nombreux clergé. Elle est desservie

depuis 1878 par les Pères Rédemptoristes.

Les Pèlerinarres. — Pour donner une idée du mouvement et du progrès des pèlerinages à «inte-Anne de Beaupré, nous grouerons ci-après quelques chiffres qui

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en diront plus que toute parole. Comme il y a moins de renseignements positifs sur les années qui précèdent, nous commençons par 1874.

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1874 | 17,200 12 | inconnu inconnu 1875 | 27,000 17 id, id.

1876 | 28,000 40 | 22,500 750 1877 | 38,500 45 34,950 | 1,185 1878 | 37,530 | 40 | 32,100 | 1,050 1879 27,500 | ee 31,000 1,375 1880 36,500 | 40 | 31,000 1,540 IS81I 50,000 63 | 45,000 | 2,150 1882 54,000 78 | 48,000 2,140 1883 58,174 70 | 50,000 | 2,050 1884 61,725 83 | 52,100 | 2,145 1885 79,282 | 106 | 60,350 | 2,211 1886 85,059 114 66,000 2,303 1887 | 90,884 109 68,365 2,394 1888 | 91,347 116 30,090 2,378 1889 100,951 | III 97,000 | 3047 1890 105,672 129 | 108,575 3,696 1891 | [15,290 130 | 117,000 | 4,985 1592 | [124,000 [49 | 122,414 | 4,753 1893 | 120,073 144 | 118,550 | 4,851 1894 | 117,012 146 | 122,300 | 5,292 1895 113,560 | 136 | 116,000 | 5,000 (!},

Quant on parcourt la liste des pèlerinages organisés on est frappé et fort édifié d'en voir un bon nombre qui ne

(1) Nous complétons ce beau mouvement des Pèlerinages jusqu'à la présente année 1596, exclusivement,

| (4 346 LA BONNE STE ANNE : nn tiltniesertténonmiesnisemrisae me peuvent s'effectuer qu’au prix de fort pénibles sacrile LL fices. Ils viennent de si loin, même des Etats-Unis ! (1) | 15

: C'est une grande dépense d'argent et de fatigue, Ces

7 à courageux pèlerins passent la plupart des heures du jour : ‘à et de la nuit en exercices de piété, dans les bateaux ou 4 dans les voitures du chemin de fer. De temps en temps ii des retards leur sont imposés qui les empêchent d'arriver fatal ma Eu PSRTNAE (1) Et aujourd'hui ils viennent nombreux ! 14 Les premiers pèlerins de Sainte-Anne À l’origine des pèleri- RAR à nages organisés avaient aussi un bien grand mérite, si l'on peut en ni Hi juger par l'article suivant, inséré dans le N° 7 du premier volume PS a des Annales (1873).

Ÿ: 4 ‘Tous ceux qui ont fait par eaw le trajet de Québec, ou de PE ses environs, à Sainte-Anne, savent comme l'accès à l'église de cette paroisse est difficile et même dangereux. Pour sn se faire une idée de ses inconvénients, il suffit de savoir Ru à ce qui s'est passé, le 26 juillet dernier. Plusieurs centaines de ps pèlerins, après être arrivés sur deux steamboats, à quelques arpents du rivage, furent obligés de descendre dans un bateau, ES su # qui les transporta à un quai temporaire, qui n’est rien moins que AS na sûr, si on considère les foules qui doivent le parcourir dans sa UD longueur, Arrivés là, ces pèierins se virent dans la nécessité d’at- # à 14 tendre des heures entières, car il leur fallait monter d’une hauteur : AT de quinze à vingt p.eds dans une échelle, pour atteindre le haut Aer de la première case du quai, Maintenant imaginez une distance cite de six à Auil arpents à parcourir sur de simples planches qui : HAE menacent sans cesse de se rompre sous nos pieds, des chevalets qui n'offrent pas plus de sûreté, un passage si étroit que deux per- TE Hu) gi sonnes n’y peuvent marcher de front, et mille autres incominope dités qu'il serait superflu d'énumérer, Quand on a fait une fois ‘| NT ce voyage, on ne le répètera jamais par plaisir, et il faut avoir une à) ; k dévotion robuste, pour revenir à la charge. CR Nous sommes loin de vouloir faire retomber la responsabilité de to à ces inconvénients sur les paroissiens de Sainte-Anne ; nous croyons nue même que de leur côté, ils ne méritent que des éloges, au moins pet 1 pour leur bienveillante hospitalité envers les fidèles qui accouji ; D:

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à Sainte-Anne avant onze heures, midi ou midi et demi, et ils restent à jeûn pour communier, car tous, ordinairement, veulent recevoir la sainte communion dans le sanctuaire béni qu’ils visitent. N'importe, en dépit des dérangements, des incommcdités, des jeûnes, qui font de ces voyages de dévotion de vrais pèlerinages de pénitence, tous repartent contents, disposés à revenir encore, leur en coûtât-il davantage. Et, de fait, ils ne se lassent point de revenir, surtout lorsque la sollicitude des Pasteurs leur offre les avantages d'un pèlerinage organisé. MM. les Curés qui amènent ainsi leurs paroissiens à Sainte-Anne, apprécient de plus en plus les fruits salutaires que ces manifestations publiques de la foi opèrent dans les paroisses, Rien qu'en voyant le sanctuaire de ce ‘‘Zieu héni de Dieu,’ qui réveille de si touchants souvenirs, les foules pieuses qui s'y pressent autour des autels de sainte

Anne, la dévotion qui s'y exprime si sensiblement, les

pèlerins se sentent portés à devenir meilleurs et à prier

pour én obtenir la grâce. Ils prient, et ils prient d'au-

rurent vers leur puissante patronne; et il serait difficile À une paroisse de parer à toutes les incommodités que nous venons de signaler,

Mais comment donc faire disparaître ce triste état de chose, et rendre plus facile un acte de piété que la plupart des catholiques de la Province de Québec voudraient accomplir, dans le cours de l’année, et surtout, dans la belle saison ?... .'—Aujourd'hui, cet état de chose a disparu et nos chers Pèlerins se rendent à la Bonne sainte Anne, et par eau et par terre, avec la plus agréable commodité. Puissent-ils en user sans mesure et se rendre chaque année, en foules plus compactes, pour honorer et remercier leur Bienfaitrice dans son beau Sanctuaire !

LA BONNE STE ANNE tant mieux qu'ils le font en union avec leur curé, non seulement pour eux-mêmes, mais pour leurs familles dont ils sont les délégués près de sainte Anne et pour la famille paroissiale toute entière. Et s'ils reçoivent les grâces personnelles qui affermissent en eux l'énergie de la conscience et de la piété, les résolutions du bien, le courage du devoir, ils ont la confiance de ne pas avoir demandé en vain ces grâces paroissiales qui assurent la

fécondité, le succès et le triomphe du zèle des Pasteurs.

Insignes faveurs accordées par les souverains Pontifes au Sanctuaire de Sainte-Anne de Beanpré.—Var un indu!t du 9 février 1873, Pie IX accorda une Indulgence Plénière, à tous les fidèles qui feraient la sainte communion dans l'église de Sainte-Anne de Beaupré (1). Par un rescrit du 7 mai 1876, le même Pontife voulut bien déclarer sainte Anne Patronne de la province ecclésiastique de Québer, sans nréjudice toutefois du titre que depuis deux siècles et demi saint Jos ph possède comme Patron de

tout le Canada. De son côté, Léon XIII, dans les trois

dernières années, a singulièrement enrichi le Sanctuaire

de la Bonne sainte Anne par l'octroi de plusieurs privilèges tout à fait exceptionnels. L'église a reçu le titre de Basilique ; sept autels ont été enrichis des indulgences des sept autels privilégiés de la Basilique de Saint-Pierre

(1) Cet Indult accordé à l’ancienne église avait été considérable- : “ent restreint par un second, lors de la construction de la nouvelle lisilique, mais il a été rendu au Sanctuaire, dans toute son intégrité, le 18 février 1877.

de Rome ; la sainte Statue a été sol:nnellement couronnée au nom du Saint-Père, et la confrérie de sainte Anne

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a été élevée au rang d'une archiconfrérie.

Les saintes Reliques.—Comme nous l'avons vu, déjà en 1662, il s’opérait des guérisons merveilleuses dans le Sanctuaire de Beaupré ; les pèlerins de toutes les classes y accouraient en grand nombre, et cependant en 1668 on n'avait encore à offrir à la vérération des fidèles aucun souvenir de la Bonne sainte Anne. Le zèle de Mgr üe Laval y pourvut. Par ses soins, une relique précieuse fut obtenue du chapitre de Carcassonne. C'est un fragment notable de l'os d'un doigt de sainte Anne. Elle fut exposée la première fois le 12 mars 1670 et depuis lors elle n’a pas cessé d'être l'objet d'un culte fcrvent. On peut voir, enfermées dans des cadres suspendus aux murs

de la sacristie, les lettres qui en attestent l'authenticité.

Une autre relique de sainte Anne, moôins insigne mais cependant d'une grande valeur, fut donnée, en 1377, au retour d'un pèlerinage à Rome, par M. N. Laliberté,

ancien curé de Saint-Michel de Bellechasse.

En 1889, Mgr Bolduc légua par testament à la Basili-

que de Beaupré une troisième relique de sainte Anne,

Enû:, une quatrième relique a été offerte à l'église de Sainte-Anne, par le R. P. Charmetant, procureur des missionnaires d'Afrique. C'est un précieux fragment de

rocher extrait de la grotte qui servait de chambre à sainte

Anne pendant sa vie mortelle. Cette grotte où se sont accomplis les mystères de l’Immaculée Conception et de la Nativité de la Très-Sainte Vierge Marie, est aujourd'hui la crypte même de la Basilique de Sainte-Anne de Jérusalem (1).’’

Relique Insigne de la Bonne sainte Anne.—1,;e Canada tout entier se souvient encore des inoubliables fêtes célébrées le 26 juillet 1892, à l’occasion de /a translation officielie de l'insigne Relique de sainte Anne destinée au Sanctuaire de Beaupré. es Annales N° de septembre 1892 en ont donné la longue et intéressante Relation. Nous ne la répéterons pas ici. Nous donnons seulement la Teneur de l’ Authentique qui accompagne notre insigne Relique afin de faire apprécier toujours davantage ce riche trésor.

FRANÇOIS LÉOPOLD ZELLI JACOBUZZI, de l'Ordre de Saint-Benoit, Congrégation du Mont-Cassin, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique, Abbé xw/lius de la Basilique Patriarcale de Saint-Paul de la voie Ostienne, Ordinaire et Recteur de Saint-Paul de Rome, relevant directement du Saint Siège.

A tous ceux qui les présentes verront faisons savoir et attestons que : nous rendant au désir (qui nous est un ordre) de Notre Très Saint Père en Jésus-Christ et

(1) Manuel de Dévotion à la Bonne sainte Anne, par un père Rédemptoriste : 1re édition.

Seigneur, le Très Auguste Léon XIII, Pape, et usant de la faculté qu'il nous a donnée, nous avons ordonné à notre Prieur de détacher du bras de sainte Anne, Mère de la Mère de Dieu, un fragment de grandeur considérable; ce fragment, enfermé dans un vase de métal recouvert de cristal, attaché avec un cordon de couleur rouge, et scellé à l’intérieur du sceau dont nous nous servons en pareil cas, nous le destinons, offrons et donnons à la basilique mineure de Saint-Anne de Beaupré dans l’Archidiocèse de Québec. Notre intention est qu’il soit

conservé avec un pieux respect et exposé à la vénération

publique, afin d'accroître la dévotion envers cette bonne

Mère de la Très Sainte Mère de Dieu.

En Foi de quoi nous avons fait expédier ces présentes lettres, après les avoir scellées de notre sceau, et les avoir

signées de notre propre main.

Donné au Patriarcat, près de la Basilique Patriarcale d'Ostie, le neuf avril, mil huit cent quatre-vingt-douze, du Pontificat de N. T.S. Père Léon XIII, l'an quin-

i NET $ Mere zième, indiction Romaine cinquième.

(Signé) F FRANÇOIS LÉOPOLD, CS Abbé Ordinaire.

Par mandement du Très Révérend Père Abbé

(Soussigné) D. BONIFACH OSLAENDER.

Prieur.

Après avoir rapporté les merveilles de la Vie de notre insigne Bienfaitrice, la Bonne sainte Anne, avec le Recueil de ses plus éclatants miracles et la Description de ses plus beaux Sanctuaires, il ne nous reste plus qu'à écouter la voix des P, 1tifes Romains publiant ses louanges parmi les nations catholiques, ordonnant qu’'Elle soit glorifiée

dans l'Eglise universelle, et notre tâche sera accomplie.

Zéle de sainte Anne en Angleterre.—"* En 1378, le pape Urbain VI adressait aux archevêques et évêques de ce pays une lettre, que nous reproduisons ici, comme un monument précieux de l'institution par le Souverain Pontife lui-même de la première Fête solennelle en

l'honneur de sainte Anne :

‘‘ La splendeur de Dieu le Père, qui illumine le monde de ses clartés ineffables, écoute toujours favorablement les vœux de ceux qui espèrent en sa miséricorde ; mais il les accueille surtout avec bienveillance lorsque, dans leur humilité, ceux qui l'implorent s'appuient sur les mérites et sur l’intercession d2s Saints. Nous avons été naguère informé, au nom de quelques fidèles d'Angleterre, que le peuple de ce royaume avait une grande dévotion pour sainte Anne, la mère de la glorieuse Vierge Marie, et que cette dévotion croissait encore par respect même pour la bienheureuse Mère de Dieu. Au nom de ces mêmes fidèles, une supplique nous a été présentée à cet effet

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