GES
Te
O femme privilégiée ! soyez appelée Biei heureuse et louée de toutes les nations et générations de l’univers !
5.—‘‘ Ma fille (1), je veux que les mystères de ma très sainte vie, dont vous retracez l’histoire, vous soient une occasion de cueillir pour vous-même le fruit que vous désirez, et que le prix de vos travaux soit une plus grande pureté et perfection dans votre conduite, si vous vous disposez avec l’aide de la grâce du Très-Haut, à m'imiter par la pratique des choses aue vous apprendrez. C’est la volonté de mon très saint Fils que vous vous pénétriez de ce que je vous enseignerai, et que votre plus grande application soit de méditer mes vertus et mes œuvres. Ecoutez-moi donc avec attention et avec foi, car je vais vous dire des paroles de vie éternelle, et vous apprendre ce qu'il y a de plus saint et de plus parfait dans la vie chrétienne, et ce qui est le plus agréable aux yeux de Dieu. C’est pourquoi vous tâcherez dès à présent de vous disposer à recevoir la lumière qui vous iera découvrir les mystères cachés de ma très sainte vie et les instructions que vous souhaitez. Soyez fidèle à cet exercice, écrivez ce que je vous dirai à ce sujet, et
commencez de considérer :
Que, quand la créature reçoit l'usage de la raison, il est de toute justice que son premier mouvement tende à
(1) La Vén. Marie d'Agréda.
QI
son Dieu éternel, dès qu’elle est en état de le connaître assez pour l'aimer, l’honorer et l'adorer comme son Créateur et son unique et véritable Seigneur. Que l'obligation naturelle des parents est d'instruire leurs enfants et de leur procurer cette connaissance, aussitôt qu'ils peuvent voir briller cette lumière de la raison ; et, par conséquent, de les diriger et élever avec tant de soin, qu'ils ne soup'rent et n'aspirent qu'après leur dernière fin, et qu'ils travaillent à l'atteindre par les premiers actes de leur intelligence et de leur volonté. Les parents devraient aussi faire tous leurs efforts pour les détourner de ces puérilités funestes, auxquelles la nature dépravée est enclin quand on ne la retient pas et qu'on ne la guide pas. Si les pères et mères s’occupaient de bonne heure à prévenir ces illusions trompeuses et ces mauvaises habitudes de ieurs enfants, en les initiant dès le premier âge à la connaissance de leur Dieu et de leur Créateur, ceuxci se trouveraient ensuite bien plus disposés à le reconnaîtr: et à l’adorer. Ma sainte Mère (la Bonne sainte Anne!}), ignorant ma sagesse et mon état, tint cette conduite à mon égard avec tant d'exactitude et de diligence, qu'en me portant dans son sein, elle adorait en mon nom ie Seigneur, lui offrait pour moi de profonds hommages et de justes actions de grâces de ce qu’il m'avait créée, et le priait de me garder, de me défencre et de me procurer une heureuse raissance. Les parents
doivent de même demander à Dieu, avec ferveur, qu’il
fasse par sa Providence divine que leurs enfants puissent
FT Je. MR De Er
in > |
. À A . 4° LA recevoir le baptême, et que leurs âmes soient délivrées
de la servitude du péché originel”?
6.— Oui, si toutes les Mères de famille imitaient cette sanctifiante conduite de la Bonne sainte Anne, les familles seraient plus heureuses, parce que les enfants seraient par à plus portés à l’aimable et engageante vertu de pi piété, laquelle, selon nos Saints Livres, es/ utile à tout : leurs jeunes intelligences s’ouvriraient radieuses aux vivifiantes lumières de la Foi, en même temps que leurs cœurs innocents embrasseraient avec amour la douce 6
pratique de la vertu ! x
Nous avons connu plusieurs Mères de Famille qui 1 offraient ainsi, à l'exemple de la Bonne sainte Anne, leurs Ah enfants au Seigneur, dès avant leur naissance ; et tous ont été, dans la suite, de véritables enfants de Bénédiction, En Terre-Sainte, les Mères ont bien conservé la Tradition de la conduite de sainte Anne à l'égard de son À Enfant Privilégiée, la petite Martx de Juda et le EAN Souvenir de la Naïssance du Fils de Marie dans la sainte Etable, A Bethléem, en particulier, les Mères, en souvenir de la Crèche, et pour inspirer à leurs jeunes familles les sentiments religieux que la Sainte Vierge recommande si instamment dans les instructions qui précèdent, les Mères de Bethléem placent leur nouveau né, immiédiatement après son Baptême, durant huif jours, dans une LE petite crèciie, et couché sur un peu de paille! Cette pra-
tique qui peut paraître plus que singulière aux étran-
re
ri 2e gr
= mg
gers, produit une impression des plus salutaires sur les jeunes enfants de Bethléem.—Saintes et naïves pratiques, puissent-elles se conserver toujours ! Tlles sont actuellement la meilleure sauvegarde de la Foi et des Mœurs de cette bonne population Bethlémite, encore si heureuse et si fière d'habiter cette petite Cité de l'antique Tribu de Juda, choisie entre toutes par le Très-Haut, pour être, au temps marqué dans ses Décrets éternels, le Berceau
du Sauveur du monde,
7.—Cependant sa Bienheureuse mère sainte Anne, toute spiritualisée par des influences divines, voyait s’écouler le temps de sa grossesse en jouissant de grandes douceurs dans toutes ses puissances ; mais la divine Providence voulut, pour augmenter sa gloire et pour assurer la prospérité de son pèlerinage, qu'elle eût le contre-poids de quelques affictions ; car sans ce pénible mélange on ne profite pas assez des fruits de la grâce et de l’amour. Pour mieux comprendre ce qui arriva à la Sainte, il faut savoir que Lucifer, quand il eut été précipité dans Îes ablines, avec tous IC; anges rebelles, était toujours aux aguets pour sonder les plus saintes femmes de l’ancienne loi, et pa:-r tâcher de découvrir parmi elles Celle dont il avait vu le signe (!), Celle qui devait le fouler aux pieds et lui écraser la tête. IL y mettait un tel acharnement, qu’il ne voulait pas se décharger sur ses
(r) La femme revêtue du soleil, ayant la lune sous ses pieds, et sur sa tête une couronne de douze étoiles. (Apoc, XII.—I.)
PART 0 Lise
SA VIE 59 inférieurs du soin de cette recherche; mais il s'y employait lui-même, ne se servant de ses suppôts que contre quelques vertueuses femmes, et réservant toujours ses plus grands efforts pour découvrir et attaquer celles qui se distinguaient le plus dans la pratique des vertus et dans le service du Très-Haut,
Par ses odieuses investigations, il découvrit avec beaucoup d’étonnement la rare sainteté de notre illustre Sainte, et se mit à observer plus attentivement tout ce qui lui arrivait. Il ne parvint pas à se rendre compte de l'importance du Trésor que son sein bienheureux renfermait (parce que le Seigneur lui cachait ce mystère et bien d'autres) ; mais il se sentait néanmoins repoussé avec force par une vertu extraordinaire qui rejaillissait de sainte Anne ; et incapable de découvrir la cause de cette puissante influence, il s’en troublait et s'en inquiétait souvent, en dépit de sa propre fureur. D'autres fois il se rassurait et se calmait un peu, supposant que cette grossesse rentrait dans les mêmes conditions que les autres, et ne devait lui inspirer aucune crainte particulière, parce que le Seigneur le laissait flotter dans sa propre ignorance, et s'agiter dans les flots de son orgueilleuse fureur. Néanmoins l'esprit pervers s’étonnait de plus en plus du calme dont il voyait jouir sainte Anne pendant sa grossesse, de l'assistance qu'il découvrit plusieurs fois et que les anges lui prêtaient ; il éprouvait surtout un vif dépit
de se sentir incapable de résister à Celle qui allait sortir
HI
de notre illustre Sainte, et commençait à soupçonner
qu'il y avait là quelque intervention extraordiaaire.
Tout alarmé par ces soupçons, Lucifer résolut d'Ôôter, s’il le pouvait, la vie à sainte Anne, ou du moins de faire tous ses efforts pour empêcher son heureuse délivrance, Car l’orgueil du dragon était si démesuré qu'il se flattait de pouvoir vaincre ou même détruire (s'il les connaissait assez tôt), Celle qui C vait être Mère du Verbe incarné, et le Messie, le Réparateur du monde lui-même, Il fondait cette extrême audace sur ce que sa nature angélique était supérieure en qualité et en forces à la nature humaine : comme si la grâce n’eüt point été au-dessus de l’une et de l'autre, et qu’elles ne fussent pas soumises à la volonté de leur Créateur. Avec cette folle et téméraire présomption il osa tenter sainte Anne par plusieurs fausses suggestions, par des terreurs, des troubles et des doutes sur sa grossesse, en lui représentant son âge et sa longue stérilité : le démon faisait tout cela pour sonder la vertu de la Sainte et pour voir si l’effet de ses suggestions
lui donnerait quelque accès à sa volonté.
8.—Mais la courageuse épouse de Joachim repoussa ces attaques avec une force admirable, une patience constante, par une prière continuelle et une vive foi dans le Seigneur, se servant de ces armes pour rendre vains et inutiles tous les efforts du dragon, qui, à sa grande con-
fusion, augmentaient en elle les grâces et les bénédictions
divines. Car indépendamment des grands mérites que
hi ÿ y
SA VIE Gr
la sainte mère acquérait, les princes célestes, qui gardaient sa Bienheureuse Fille, la défendaient et chassaient les démons de sa présence. Néanmoins l’infatigable
À malice de cet ennemi ne se ralentissait point; mais :
Ë comme sa témérité et son orgueil surpassent ses forces, il | FA résolut de recourir aux moyens humains, parce qu’il se ni ê promet toujours par de telles voies des victoires plus cer- AL $ taines. Il tâcha donc en premier lieu d’abattre la maison
54 Br
des bienheureux époux, afin que sainte Anne se troublât et s'effrayât ; et n’y ayant pu réussir, parce que les esprits angéliques lui résistèrent, il excita contre elle quelques A femmelettes d’un esprit faible qui la fréquentaient. Elles j se mirent à lui chercher querelle, à la vexer et à la tour- ART menter de mille manières, et poussèrent l’acharnement mi jusqu’à vomir contre elle les plus cruelles injures. Elles
se livraient en sa présence aux railleries les plus révol-
tantes \
Sainte Anne ne se laissa point troubler par cette tentation ; au contraire, elle supporta toutes ces injures avec une grande douceur et une charité admirable, et continuant à obliger ses persécutrices, elle les regarda dès ï it lors avec plus d'affection, et leur rendit des services pius
considérables (1). Néanmoins leur animosité ne se
(1) Notre admirable Sainte mettait ainsi en pratique bien à l'avance, le grand Précepte que donnerait plus tard, au monde, son A Petit-Fils, le Christ béni : ‘‘ Aimez vos ennemis, failes du bien à D'asp ceux qui vous haïssent, el priez pour ceux qui vous perséculent et 2) vous calomnient’' (Matt V. 44). Ah! si toutes les âmes chré-
LS Ein the ce ve 2e 2 ere +
ps
ET ne ee ee. à
nus GR E
éme
te te metre mat