‹ La bonne Ste Anne [microforme]Chapitre 23 sur 124 · TETE · texte numérisé non relu

TETE

EX bi.

fille et de la mère selon votre très sainte volonté, et daignez de l’inaccessible trône de votre gloire abaisser vos regards sur notre petitesse, Soyez éternellement béni d’avoir enrichi le monde d’une créature qui vous est si agréable, et d’avoir préparé en elle la demeure et le tabernacle du Verbe éternel. J'en félicite mes pères et les prophètes, et en eux tout le genre humain, à cause du gage assuré de Rédemption que vous leur envoyez. Mais comment me comporterai-je avec Celle que vous me donnez pour fille, tandis que je suis indigne d’être sa servante? Comment oserai-je toucher la véritable Arche du Testament ? Accordez-moi, Seigneur et mon Roi, la lumière qui m'est nécessaire pour découvrir votre sainte volonté et pour l’exécuter selon votre bon plaisir, dans la mission que je dois remplir auprès de ma Fille.”?

3.—Le Seigneur répondant en secret à sainte Anne lui dit de traiter cette divine créature, en ce qui concernait l'extérieur, comme une mère sa fille, sans lui témoigner aucu: respect apparent, sauf à la respecter à son intérieur, et à s'occuper de son éducation avec tout le dévouement et toute la sollicitude de la mère la plus tendre. L'heureuse mère s’acquitta de tous ces devoirs, et usant de ses droits sur sa fille, sans manquer à l'honneur qui lui était dû, elle s'égayait avec elle, la traitait et la caressait à la manière des autres mères ; mais elle lui montrait néanmoins toujours des égards et une certaine discrétion qu'exigeait le mystère si caché et si divin qui se trouvait renfermé entre la filie et la mère. Les anges de la garde

de la très douce Marie, auxquels se joignirent beaucoup d’autres esprits célestes, l’honorèrent, lui rendirent leurs hommages entre les bras de sa mère, et lui chantèrent des hymnes harmonieux que la bienheureuse Anne entendit en partie. Les mille anges chargés de garder notre auguste Reine s’offrirent et se dévouèrent à son service ; et ce fut la première fois qu'elle les vit sous une forme corporelle.

4.—AÀ l'instant où naquit notre glorieuse Reine, le Très-Haut envoya le saint archange Gabriel aux Limbes, pour qu’il apprît aux saints pères une nouvelle si heureuse et si consolante. L’ambassadeur céleste descendit aussitôt, éclairant ces sombres retraites et réjouissant les Justes qui s’y trouvaient détenus. Il leur annonça que le jour de la félicité éternelle tant désiré et attendu par eux commençait enfin à paraître, que la réparation du genre humain, si souvent prédite par les prophètes, allait s’accomplir, parce que la Mère future du Messie promis venait de naître, et qu'ils ne tarderaient pas de voir le salut et la gloire du Très-Haut. Puis l’archange leur fit connaître les excellences de l’auguste Marie, et les merveilles que déjà la main du Tout-Puissant avait opérées en elle, afin qu’ils comprissent mieux le principe du mystère qui devait mettre fin à leur longue captivité. Aussi les pères, les prophètes et tous les autres justes qui étaient aux Limbes se réjouirent-ils et louèrent-ils le Seigneur par des cantiques nouveaux en reconnaissance de

cette faveur.

LEA

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