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5.— Tout ce que je viens de raconter se passa en fort peu de temps, lorsque notre Reine vit la lumière du soleil matériel, qu’elle connut ses parents selon la nature, ainsi que beaucoup d’autres créatures par ses propres sens ; et ce fut le premier pas qu’elle fit dans le monde en naissant. Le puissant bras du Très-Haut opéra dès lors en elle de nouvelles merveilles, qui surpassent toutes les conceptions humaines ; la première fut d'envoyer sur la terre une multitude innombrable d’anges, afin qu’ils enlevassent dans le ciel empyrée, en corps et en âme, celle qui était élue pour être la Mère du Verbe éternel, en vue des desseins que le Seigneur avait formés. Les princes célestes exécutèrent cet ordre, et, ayant pris cet aimable Enfant des bras de sa mère sainte Anne, ils ordonnèrent une solennelle et magnifique procession, pour transporter, au milieu de cantiques d’une joie ineffable, l'Arche véritable du Nouveau Testament, non en la maison d'Obédédom, mais dans le temple du souverain Roi des rois et Seigneur des Seigneurs, où elle devait plus tard reposer éternellement. Ainsi, par le second pas que la bienheureuse Vierge fit en sa vie, elle s’éleva de ce monde inférieur jusqu’au ciel de la gloire.
Qui pourra dignement célébrer cet étonnant prodige de la droite du Tout-Puissant? Qui dépeindra la joie et l'admiration des esprits angéliques, à la vue de cette merveille si nouvelle entre les œuvres du Très-Haut, qu'ils célébraient aussi par des cantiques nouveaux? Ils reconnurent dans cette occasion leur Reine, et rendirent
hommage à leur Maîtresse, Mère future de Celui qui devait être leur Chef, comme il était la cause de la grâce et de la gloire qu’ils possédaient, puisqu'il les leur avait acquises par ses mérites prévus en la divine acceptation. Mais qui pourrait pénétrer le secret du cœur de cette tendre et aimable Enfant pendant la durée et les effets de cette faveur inouie? Je le laisse à deviner à la piété catholique, en attendant que quelques âmes justes le découvrent dans le Seigneur, et que nous-mêmes nous le découvrions, quand, par sa miséricorde infinie nous pourrons jouir de lui face à face.
6.—La petite Marie entra par le ministère des anges dans le ciel empyrée ; et lorsqu'elle se fut prosternée avec amour au pied du Trône Auguste du Très-Haut, ce qui se passa fut ce qui avait été précédeminent figuré par Salomon et Bethsabée, cuand celle-ci se présenta devant son fils, jugeant le peuple d'Israël, et que le roi se leva pour recevoir sa mère, pour l’honorer et pour ia faire asseoir à son côté. Le Verbe éternel fit d’une manière bien plus glorieuse et bien plus admirable la même chose en faveur de la divine Enfant qu’il avait élue pour être sa Mère ; il la reçut sur son trône et la plaça à son côté, en lui décernant le titre de sa propre Mère et de Reine de toutes les créatures. Elle ne comprit point alors ses prérogatives, ni la fin de tant de mystères et de faveurs ineffables ; mais une vertu toute divine la fortifia pour la rendre capable de les recevoir. Elle obtint de nouvelles grâces et des dons extraordinaires, qui rehaussèrent
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La Basilique de la Nativité cest située à l'extrémité orientale de Bethléem, en dehors de l'enceinte de l’ancienne ville, sur le versant septentrional de la montagne qui lui sert d'assiette, À l'extérieur, comme nous l'avons | vu dans la Légende qui précède, elle est entourée de plusieurs autres constructions ; et ces constructions en dissimulent la forme et la cachent aux regards. C’est d’un côte (côté Nord) le couvent Franciscain, soutenu par de hautes terrasses qui dominent une vallée profonde; de l'autre | côté, ce sont les convents Grec et Arménien qui masquent la vue de la Basilique, excepté la toiture (voir la Gravure),
dont le pignon aigu se fait voir de toutes parts.
Dans les Annales du T.-S. Rosaire (1) nous avons donné
la description complète de ce Monument, unique au monde
| par le merveilleux de sa conservation et les souvenirs qui
| se rattachent à son histoire,
(1) Années 1895 ct 1896.
encore ses puissances extérieures et intérieures. Celles-ci furent, en outre, prévenues d'une grâce et d’une lumière insigne, qui les disposèrent à la haute communication que le Seigneur voulait faire à Marie. Quand il l’eut préparée par tous ces moyens, il lui découvrit sa Divinité, et la lui manifesta clairement dans une intuition extrêmement sublime : ce fut la première fois que cette très sainte Âme
de la Vierge vit la bienheureuse Trinité par une vision claire et béatifique.
L'Auteur d'un prodige si étonnant et les anges, qui découvrirent avec admiration en lui une partie de ce mystère, furent seuls témoins de la gloire que la divine infant reçut dans cette vision, Ces nouveaux secrets qui lui furent révélés, et des effets qui en rejaillirent dans son âme très pure.
Dans ce divin Consistoire la bienheureuse ‘Trinité détermina de donner à l’auguste Enfant ce nom propre et légitime, qui ne peut être imposé à une créature quelconque que dans i êti: immuable de Dieu, où toutes choses se distribuent et s'ordonnent avec équité, poids et mesure, et avec une sagesse infinie. Ie Très-Haut, voulant l’imposer et le donner par lui-même dans le ciel, manifesta aux esprits angéliques que les trois Personnes Divines, dès le commencement et avant tous les siècles, avaient
décrété et formé le très doux nom de Jésus pour le Fils, et celui de Marie pour la Mère. et que dans toute l’éter-
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nité Elles s'étaient complu en ces noms, et les avaient gravés en leur mémoire éternelle, où Elles les avaient eus présents lors de la création de toutes les choses qu'Elles avaient faites pour le service du Fils et de la Mère. Les saints anges connurent ces mystères et beaucoup d'autres; puis, ils ouïrent une voix sortant du trône, qui disait en la personne du Père éternel : ‘‘ Notre élue doit s'appeler MARIE, et ce nom doit être erveilleux el magnifique ; ceux qui l’invoqueront avec les sentiments d’une dévotion sincère, recevront des grâces très abondantes ; ceux qui l'auront en vénération et le prononceront avec resper., seront consolés et réconfortés ; tous trouveront en lui le remède à leurs maux, des trésors pour s'enrichir, et la lumière pour arriver à la vie éternelle, Ce nom sera terrible à l’enfer : il suffira pour écraser la tête du serpent, et remporter d’insignes victoires sur les princes des ténèbres. ”’
7.—Le Seigneur ordonna aux esprits angéliques d’'annoncer cet heureux Nom à sainte Anne, afin que ce qui avait été confirmé dans le ciel fût exécuté sur la terre. La divine Enfant, prosternée avec amour devant le Trône, rendit de très humbles actions de grâces à l’Etre éternel, et reçut le Nom au milieu d'admirables et harmonieux cantiques. Cependant la jeune Reine ignorait toujours la cause de tout ce qui se passait ; car la dignité de Mère du Verbe incarné ne lui fut manifestée qu’au temps de l’Incarnation. Les mêmes anges qui l'avaient portée dans
le ciel empyrée, la remirent avec la même joie et le
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SA VIE 73 même bonheur entre les bras de sainte Anne, à laquelle ce prodige et l'absence de sa Fille furent également cachés ; parce qu'un ange de sa garde occupa sa place, ayant pris un corps aérien pour cet effet. D'ailleurs, pendant le temps assez long que la divine Enfant resta dans le ciel empyrée, sa mère Anne fut ravie en extase dans une haute contemplation, où elle apprit de très grands mystères touchant la dignité de Mère de Dieu pour laquelle sa fille était choisie, bien qu’elle ne sût pas ce qui se passait en elle, Et ces mystères, la prudente ipouse de Joachim les conserva toujours dans son cœur, pour régler sur leur importance sa conduite à l'égard de sa très sainte Fille,
8.—Huit jours après la naissance de l'auguste Reine, plusieurs légions d’anges descendirent du ciel dans un brillant apparat ; chacun d’eux avait un bouclier resplendissant, où le Nom de MARIE était gravé en caractères du plus vif éclat ; ils se montrèrent tous à l’heureuse mère et lui dirent que le Nom de sa Fille était celui de Marie, : qu'elle y voyait tracé ; que la divine Providence le lui avait imposé et voulait qu'elle et Joachim le lui donnassent sans différer. La sainte appela son Epoux pour conférer avec lui sur la volonté de Dieu en ce qui concernait le Nom de leur Fille ; et le bienheureux père accepta ce Nom avec une joie particulière et de pieux sentiments.
Ils déterminèrent de convoquer leurs parents et un prêtre, pour imposer le Nom de Marie à Celle qui venait de naître, avec une grande solennité, et dans un banquet
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f somptueux. Les anges le célébrèrent avec une douce et merveilleuse harmonie qui ne fut entendue que de la
LUE Mère et de sa très sainte Fille. Ainsi, le même Nom
‘| f \ qui avait été donné à notre divine Reine par la très sainte
LE : Trinité dans le ciel, lui fut pareïllement donné sur la
terre, huit jours après sa naissance. Il fut inscrit au . MU UE |: registre commun, lorsque sa mère monta au temple pour | Û k y accomplir la loi, comme nous le dirons dans la suite.
lie Ce fut 1à le plus extraordinaire enfantement que l’on 4 A 1 eût jamais vu jusqu'alors au monde, et qui puisse avoir 1 if f' lieu chez une simple créature. Ce fut la plus heureuse D naissance que la nature pût connaître, puisqu'elle ne se
trouve pas seulement exempte des souillures du péché # HACEN k RE Re : k : d FE dès le premier instant, mais que l'Enfant naquit plus
pure et plus sainte que les plus hauts Séraphins. É
JE 2 9.—Oh ! que notre petite Marie est belle ! Fille est toute EE belle et très douce en ses délic?s, parce qu’elle possède toutes les grâces et toutes les beautés sans qu'il lui en manque aucune. O heureux enfantement ! Ô naissance
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