RS EE
rut et lui dit: ‘La Vierge Immaculée qui est Mère de Dieu, est née cette nuit même ; les hommes l’ignorent, mais les anges chantent sa nativité dans les cieux. ’”
Longtemps, en souvenir de cette vigile miraculeuse, les populations de la France méridionale, si dévouées au culte de Marie, conservèrent la coutume de passer en prières dans les églises la nuit de la Nativité. La voix des anges se mêlait aux concerts de la foule pieuse, répétant les saints cantiques dans le silence de la nuit, sous les voûtes illuminées par mille lambeaux, comme les dômes du ciel.
Depuis que leur secret fut ainsi communiqué au monde, l'Eglise célèbre, au 8 septembre, le jour de bénédiction où naquit la très sainte vierge Marie. Ce n’est pas sans un profond mystère, dit un chroniqueur, que cette naissance fut placée à l’époque de l’année où les arbres courbent vers la terre leurs rameaux chargés de fruits, où les grappes commencent à rougir aux ceps de la vigne, où le laboureur joyeux voit enfin couronner ses espérances. La vigne dont l'automne recueille les doux présents, n'est-ce point le peuple d'Israël qui jouit du Sauveur attendu par les prophètes et les patriarches ? ou plutôt n’est-ce pas Marie elle-même, cette vigne céleste produisant le vin qui fait germer les vierges ?
Cependant Anne et Joachim attendaient, dans l'allégresse, l’accomplissement de la parole de Gabriel. Enfin,
vers le commencement du mois de T'isri, septième mois de l'année sacrée des Hébreux, le premier de leur année civile, et selon notre manière de compter, le 8 septembre de l’année 737, de la fondation de Rome, la vingt-sixième du triumvirat d'Auguste, la troisième de la cent quatrevingt-dixième olympiade, sous le consulat de Furius Népos et de Julius Silanus, un samedi, à l'aube du jour, lorsque toute la Judée affluait à Jérusalem pour y célébrer la fête des Tabernacles ; le Temple, les portiques de la cité sainte, et les jardins qui l’entouraient, étant tout émaillés de nombreuses tentes de feuillages où s’abritait le peuple de l'antique alliance ; prêtres, lévites, sacrificateurs, vierges et musiciens étant occupés à relever l'éclat et la pompe des cérémonies, l’heureuse épouse de Joachim donnait le jour, sans douleur et sans confusion, à Celle qui devait être le temple véritable où résiderait le Dieu d'Israël.
L'heureuse Anne, devenue mère, s’écria : ‘ Mon âme surabonde de joie à la vue de ces merveilles ; ”” et elle accueillit par un doux baiser la Vierge venant en ce monde. Elle continua ensuite l'hymne de son allégresse, et glorifiant Dieu, elle dit : ‘‘ Béui soit le Dieu du ciel qui a exaucé nos prières et mes vœux, qui m'accorde les joies de la maternité, et qui donne à la tige stérile une fleur de grâce et de fécondité ! ”’
Cependant Joachim, absorbé par les sentiments de la
reconnaissance et de la joie, remercia le Seigneur d’avoir
eR er
80 LA BONNE STE ANNE d
= — = RE EREES 1
effacé son opprobre et glorifié son nom parmi les enfants d'Israël.
Alors une voix se fit entendre du haut du ciel : ‘‘ Bénie 1 sois-tu en ce monde, Ô ma Bien-aimée ! Une compagnie céleste assiste à ta naissance ; jamais tant de joie n'avait paru chez les anges. Que le Saint-Esprit se repose en
toi ! Le ciel et la terre seront soumis à ta puissance ! ”? Ainsi fleurissait la tige desséchée de David, au milieu 4 de ces campagnes que la Bénédiction du Seigneur venait
encore visiter.
Quelque temps après cette bienheureuse naissance,
EH ART PERENRS
saint Joachim et sainte Anne réunirent, pour un grand festin, les prêtres, les principaux du sénat et du peuple et tous les membres de leur famille, La Vierge fut présentée aux prêtres, qui appelèrent sur son berceau les bénédictions du ciel.
‘* Dieu de nos Pères, dirent-ils, bénissez cette enfant ; WA donnez-lui un nom qui soit célébré d'âge en âge ; ‘’ et
tous les assistants répondirent : ‘Qu'il soit fait ainsi !
qu'il soit fait ainsi !’’ Anne, prenant alors dans ses bras
cette Enfant de Bénédiction, éleva la voix et dit: ‘‘ Je