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que si la charité ou l'obéissince (seuls motifs que vous deviez admettre) vous obligent de parler, ce doit toujours
être avec toute la gravité, la modestie et la circonspection possible.
Vivez avec vous-même comme n'étant pas du monde, pauvre, mortifiée, affligée, et aimant les amertumes de la vie sans en désirer le repos ni les douceurs, vous considérant comme dans un pavs étranger, où vous avez été conduite pour travailler et pour lutter contre de puissants ennemis. Or, comme la chair est le plus formidable de tous, il faut que vous fassiez tous vos efforts pour résister à vos passions naturelles et aux tentations du démon. llevez-vous au-dessus de vous-même, construisez une demeure dans les régions supérieures, afin de vivre à l'ombre de Celui que vous désirez, et de jouir sous sa protection, d’une véritable tranquillité. Abandonnez-vous entièrement à son chaste et saint amonr, sans croire qu’il y ait d’autres créatures que celles qui vous aident et vous
obligent à aimer et servir votre Seigneur : les autres vous doivent être en horreur.
Quoique la religieuse qui porte le titre d'épouse de Jésus-Christ et qui fait profession de toutes les vertus doive les posséder toutes, la chasteté est certainement celle qui la rapproche le plus de son Epoux : parce qu’en l’arrachant à sa corruption naturelle, elle la spiritualise et la fait participer à la condition des anges et même en quelque sorte à la vie de Dieu. C’est une vertu qui
embellit toutes les autres, qui élève le corps à un état supérieur, illumine l’entendement et conserve aux âmes cette noblesse native, qui est au-dessus de tout ce qui est corruptible, C'est parce que cette vertu fut un fruit spécial de la rédemption, mérité par mon très-saint Fils montant sur la croix, où il effaça les péchés du monde,
qu'il est dit que les vierges accompagneut l’ Agneau.
Le vœu de clôture est le rempart de la chasteté et de toutes les vertus, le chaton où elles se maintiennent dans tout leur éclat ; c’est aussi le privilège du Ciel pour exempter les religieuses, épouses de Jésus-Christ, des lourds et funestes tributs que le monde, avec sa liberté, paie au Prince de ses vanités. Au moyen de ce vœu, les religieuses vivent dans un port assuré, pendant que les autres Âmes sont agitées, et bien souvent submergées dans la tourmente des occasions périlleuses . ...
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