‹ La bonne Ste Anne [microforme]Chapitre 45 sur 124 · DE CE ES CAEN · texte numérisé non relu

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nouvelle, en avaient l'intelligence, et se sentaient pleins d’admiration à la pensée de la gloire qui en résultait pour son auteur.

Bientôt le Seigneur excita plus fortement encore l'attention des anges, et il sortit du tr'ne de la trèssainte Trinité une voix qui, s'adressant à la glorieuse Vierge, lui dit : ‘‘ Vous serez notre Epouse, notre Bienaimée et notre Elue entre les créatures, pendant toute l'éternité, les anges vous serviront et toutes les nations et générations vous appelleront Bienheureuse (1).

Quand l'auguste Marie eut été ainsi parée des ornements divins, on célébra les épousailles les plus solennelles et les plus merveilleuses qu'aucun des plus hauts chérubins et séraphins eût pu imaginer: car, le Très-Haut l’accepta pour son Epouse unique et singulière et la constitua en la plus suprême dignité qu’une simple créature pût recevoir, afin de déposer en elle sa divinité en la personne du Verbe et avec lui tous les trésors de

grâce qu’exigeait cette suréminente dignité.

(1) Pendant que ces grandes merveilles s'accomplissaient dans le ciel pour la petite Marie de Juda, notre très-douce Reine, ses heureux Parents, saint Joachim et sainte Anne se trouvaient dans leur solitude, loin de Jérusalem, en Galilée, près de Nazareth, adorant les impénétrables desseins du Très-Haut sur leur Fille unique, réellement bénie entre toutes les créatures et que les générations ont déjà proclamée à travers les siècles et proclameront à jamais Bienheureuse !

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3.—La très-humble Vierge était, sous le poids de tant de faveurs, plongée dans un abiîme d'amour et d’admiration, et elle dit en la présence du Seigneur : ‘Souverain Roi, Dieu incompréhensible, qui êtes-vous et qui suis-je, pour que vous daigniez regarder celle qui n'est que poussière et qui est si indigne de vos hautes faveurs ? Connaissant en vous, t10n divin Seigneur, comme dans un clair miroir, votre Etre immuable, j'y vois et j'y découvre sans aucune illusion la bassesse du mien. J'y aperçois votre immensité et mon néant, et je m'anéantis à cette vue, tant je suis étonnée que la Majesté infinie s’abaisse jusqu'à un vil vermisseau, qui ne mérite que le rebut et le mépris de toutes les créatures. O mon Seigneur et mon tout, combien vous devrez être glorifié et exalté dans vos œuvres! Quelle admiration ne devront pas éprouver les esprits angéliques, qui apprécient votre bonté, vos grandeurs et vos miséricoides infinies, quand ils considèreront la générosité avec laquelle vous élevez cette poussière, cette créature si pauvre en mérites jus-

qu'au rang des Princes. Je vous accepte, mon Seigneur

et mon Roi, pour mon Epoux, et je m'offre d'être votre

servante, Mon entendement, ma mémoire et ma volonté n'auront plus d'£itre objet, d'autre fin, ni d'autre désir que vous, qui êtes mon souverain bien, mon véritable et mon unique amour. Mes yeux ne s’arrêteront sur aucune créature humaine, et mes puissances et mes sens ne s’attacheront qu'à vous et à ce que votre divine Majesté m'ordonnera. Seul, à mon Bien-Aimé, vous serez pour

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votre Epouse, et elle sera uniquement à vous, qui êtes le bien éternel et immuable.””

Le Seigneur entendit avec une complaisance ineffable ce consentement que dot. la Reine du ciel aux nouvelles épousailles qu'il avait célébrées avec sa très-sainte âme, et, la traitant comme sa véritable Epouse et comme la Maîtresse de toutes les créatures, il lui confia la libre dispensation de ses grâces et de ses trésors et lui ordonna de demander ce qu'elle souhaiterait, en l'assurant que rien ne lui serait refusé.

4.—La très-humble colombe, se conformant à l’ordre qu’elle venait de recevoir, pria le Père éternel avec la plus vive ferveur d'envoyer son Fils unique au monde pour racheter les hommes, de les appeler tous à la véritable connaissance de sa divinité. Elle pria le T'out-Puissant d’augmenter chez ses Parents Joachim et Anne son saint amour et les autres dons de sa puissante droite ; de consoler les pauvres et les affligés et de les soulager dans leurs besoins, et de lui accorder à elle la grâce d'accomplir avec perfection ce qui serait le plus agréable à sa divine volonté. Telles furent les plus particulières demandes qu'adressa dans cette occasion à la très sainte Trinité, Marie la nouvelle Epouse. Tous ies esprits angéliques, pour louer l'auteur de tant de merveilles, chantèrent de nouvelles hymnes d'admiration et ceux que le Très-Haut avait désignés, l'accompagnèrent dans sa descente du ciel, avec

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une mélodie céleste, et la remirent à l'endroit du Temple d’où elle avait été enlevée,

5.—Le vœu de chasteté (!) comprend la pureté de l’âme et la pureté du corps ; il est facile de la perdre, et difficile ou même impossible de la réparer, selon les manières dont on la perd. Ce précieux trésor est mis en dépôt dans un château qui a un grand nombre de portes et de fenêtres; et si elles ne sont ni bien gardées, ni bien défendues, il n'est pas en sûreté. Vous n’observerez parfaitement ce vœu, ma fille, qu'autant que vous ferez un pacte inviolable avec vos sens, afin de ne vous en servir que suivant les exigences de la raison et pour la gloire du Créateur. Les sens étant morts, il vous sera facile de remporter la victoire sur des ennemis qui ne peuvent vous vaincre que par leur secours. En effet, les pensées ne reviennent à la charge et ne sauraient se présenter, qu'à moins que les images des choses visibles qui les fomentent n'entrent par les sens extérieurs. Vous ne devez ni toucher ni regarder aucune créature humaine quel que soit son sexe, ni même discourir avec personne, de peur que des souvenirs profanes n’occupent votre imagination. La conservation de cette pureté que j'exige de vous dépend de cette précaution que je vous recommande beaucoup :

(1) Paroles de la Dienheureuse Vierge Marie, à la sainte Religieuse qui vient de parler de son vœu de chasteté et qui continue le récit des merveilles de cette Vie que nous ne pourrons lire

entièrement qu'aux divines clartés de l'Agneau là-Haut, dans les.

splendeurs de la bienheureuse éternité !

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