‹ La bonne Ste Anne [microforme]Chapitre 54 sur 124 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

SOMMAIRE : 1.—Sainte Anne meurt assistée par sa Fille, la Reine de l'Univers. 2.—Portrait de la Sainte. 3.—Epilogue,

1.—Sainte Anne répondit à sa très sainte Fille avec un amour réciproque et par des consolations dignes d’une telle mère et d’une telle fille dans cette circonstance. Elle lui dit avec une tendresse maternelle : ‘‘ Marie, ma chère Fille, acquittez-vous maintenant de ce que vous me devez. Ne m'oubliez pas devant notre Dieu et notre Créateur. Représentez-lui le besoin que j’ai de sa divine protection en cette heure. Souvenez-vous des obligations que vous m'avez, puisque je vous ai conçue dans mon sein, et qu’ensuite je vous ai nourrie de ma propre substance,etvous garde toujours dans mon cœur. Demandez ma fille, au Seigneur qu'il étende la main de ses miséricordes infinies sur cette créature inutile qui en est sortie, et qu’il m'accorde sa Bénédiction en cette heure de ma :uort ; puisque toujours comme maintenant toute ma confiance n’a été qu’en son saint Nom. Ne m'abandonnez pas, ma Fille bien-aimée, jusqu'à ce que vous

m'ayez fermé les yeux. Vous demeurez orpheline et

sans aucun secours humain; mais vous vivrez sous la protection du Très-Haut et vous espérerez en ses antiques miséricordes, Marchez, ma chère Fille, par la voie des justifications du Seigneur, et demandez à sa divine Majesté qu'elle gouverne vos affections et vos puissances, et qu'elle soit le Maïître qui vous enseigne sa sainte Loi. Ne sortez pas du Temple avant d'avoir embrassé un état, et cela suivant les sages conseils des prêtres du Seigneur, et après avoir prié continuellement Dieu de disposer, selon son bon plaisir, de tout ce qui vous concerne, et de vous donner, si c'est sa volonté, un époux de la Tribu de Juda et de la lignée de David. Vous ferez part aux pauvres (envers lesquels vous serez libérale et charitable) des biens de votre père Joachim et des miens, qui vous appartiennent. Vous garderez vofre secret dans le plus intime de votre cœur, et vous demanderez incessamment au Tout-puissant qu'il veuille dans sa miséricorde envoyer au monde son salut et la Rédemption par le Messie promis. Je supplie sa bonté infinie d’être votre

refuge, et d'accompagner de sa Bénédiction celle que je

vous donne.’

Parmi ces entretiens si sublimes et si divins, l’heureuse Mère sainte Anne ressentit les dernières douleurs de la mort, ou plutôt de la vie, et s'étant appuyée sur le trône de la grâce, c’est-à-dire sur les bras de sa très-sainte Fille Marie, elle rendit sa très pure Âme à son Créateur. Et après qu’elle lui eut f:rmé les yeux, comme sa Mère le lui avait demandé, laissant le corps sacré fort décemment

la

ne ille Et le ent

enveloppé, les saints Anges rapportèrent leur Reine dans le Temple, Le Très. Haut n'empêcha point que la force de l’amour naturel ne lui fit ressentir une vive et profonde douleur de la mort de son heureuse Mère, et par cette mort sa propre solitude où elle se trouvait privée d'un tel secours. Mais ces mouvements douloureux furent en notre souveraine très-saints et très parfaits, et tellement gouvernés et réglés par la grâce de sa très-innocente pureté et de sa très-prudente innocence, qu’elle bénit le Très-Haut des miséricordes infinies qu’il avait montrées en la vie et en la mort de sa sainte Mère, Cependant ses douces et amoureuses plaintes sur l'absence du Seigneur conti-

nuaient toujours.

La très-sainte Fille ne put pas pénétrer toute la consolation que sa présence causa à son heureuse Mère à l'heure de sa mort, parce qu’elle ignorait sa propre dignité et le #ys/ère que sainte Anne connaissait, ayant toujours gardé ce secret, comme le Très-Haut le lui avait prescrit. Mais celle qui était la lumière de ses yeux et qui devait être la lumière de tout l'univers, se trouvant à son chevet, et cette sainte malade expirant entre ses bras, elle ne pouvait pas désirer davantage ici-bas pour avoir la plus heureuse fin qu'aucun mortel eût jamais eue jusqu'à elle. Sainte Anne mourut plus pleine de mérites que d'années ; et sa très-sainte âme fut placée par les Anges dans le sein d'Abraham, reconnue et honorée de tous les Patriarches, les Prophètes et les Justes

qui s’y trouvaient.

® N #." cp © ; O à

E Lo \CZ No NA 4 Na > K e 2 KK s a, &:

D & < KZ NZ D Y La N IMAGE EVALUATION k TEST TARGET (MT-3) | LO ‘2 NS ME= “ l22 ULL “ 120 l= 118 IL2 Ve Us \ W #? 1 \% SO AN SE 4 A V 4 < x Q Photographic “2 Sciences weumrnr ire ie Corporation"

à ÿ À ri Ml ES j 7,

45 V2 N RC V2»

ie HUE M AT pur LT) RTE MAY , La te M IAE he, AL EE PE T'# EEE EE . Ni 1 LE ER 4 [I 1% #! ? A1E ‘ [Ab Pa 1 ONE DE 1: RCE | FES Ce EU Of 2 ni 4 1 :

HU d1 À:

e . ph « “ * He à NE

2.—PORTRAIT DE LA BONNE SAINTE ANNE.— Cette très sainte femme avait naturellement le cœur noble et magnanime, l'esprit lumineux et élevé ; elle était fervente, et en même temps fort calme et pacifique. Elle avait une taille médiocre, un peu plus petite que celle de sa bienheureuse Fille Marie, le visage rond, les manières toujours égales et fort modestes, le teint blanc et vermeil. Enfin elle fut Mère de Celle qui le fut de Dieu même, et cette dignité referme beaucoup de per-

fections.

Sainte Annevécut cinquante-six ans, partagés en cette manière : elle en avait vingt-quatre quand elle se maria à sait Joachim : elle en passa vingt dans son mariage sans enfant. En sa quarante quatrième année elle mit au monde la très-pure Marie, et douze années qu'elle vécut après la naissance de cette Reine, savoir trois en sa compagnie et neuf pendant le séjour de l’auguste Vierge dans le Temple font crquante-six ans.

Le Très-Haut choisit sainte Anne et la tira d'entre les autres femmes, pour être mère de Celle qui fut supérieure à toutes les simples créatures, et inférieure seulement à Dieu, mais pourtant sa propre Mère; et parce qu'elle a eu cette Fille, et qu’elle a été par elle aïeule du Verbe incarné, toutes les nations peuvent appeler bienheureuse

cette Sainte privilégiée,

les re tà e a rbe

use

Page 1