VERS LA BONNE SAINTE ANNE
Nous lisons dans la Vie du serviteur de Dieu, Frère Innocent de Chiusa, que son affection pour sa céleste Patronne, sainte Anne, était si vive, qu’il aurait voulu la voir aimée et honorée de toutes les créatures. Dans ce
1- but, il travaillait sans relâche, et employait tous les Le moyens pour répandre partout la dévotion à la grande rs Sainte, et pour obtenir qu’elle fût tellement gravée dans
tous les cœurs que chacun la prit pour Patronne et pour
Avocate spéciale auprès du Trône de l'Eternel.
ar e- g Cependant cet amour envers la Sainte était tellement 10S allumé dans son propre cœur, qu’il mérita par là de jouir ise souvent de ses célestes apparitions. La Bonne sainte BU ie ie, Anne venait s'entretenir familièrement avec le serviteur À ri- de Dieu et lui obtenait de très grandes faveurs, et lorsvos qu'elle le quittait pour retourner au Ciel, Frère Innocent ler restait tout inondé de suaves consolations. rat de CRENT lis! Une fois entr'autres, il fut aperçu par le Père Bona } pin venture Colonella, tout enveloppé d'une brillante splendeur ; ce prodige était occasionné par la présence de la >onne sainte Anne, qui se trouvait alors dans la pauvre cellule de l’humble Fière Franciscain et qui causait [VAE familièrement avec lui, comme une douce et pieuse mè :e a coutume de faire avec son propre enfant! Qu'on eit Va donc heureux, lorsqu'on sert le bon Dieu, dans la si: li- | cité de son cœur, comme le Frère Innocent, cemme toutes les Âmes justes ici-bas, puisque déjà même sur la terre on éprouve comme un avant-goût du ciel ! frère C'est dans une de ces célestes visites dont le serviteur este de Dieu était si souvent favorisé que sainte Anne lui dit : ju la ‘ Sachez deux choses, Frère Innocent : la première, c'est ! ns ce que j'éprouve, le jour de l'Immaculée Conception de 14
204 LA BONNE STE ANNE Martx, ma Fille Unique, la même allégresse que si c'était le jour de ma propre Fête : la deuxième, c'est que je veux que vous ayez une particulière vénération pour le jour de Mardi, parce que c'est le Mardi que je suis née, et le Mardi que mon âme est retournée à Dieu qui l'avait
réée !| CICEE :
Cette Relation est extraite de la Vie du serviteur de Dieu, Frère Innocent de Chiusa, écrite par le Père Pierre
Rognoletto, au Chapitre trentième, Folio 167.
Les Lecteurs des Annales connaissent déjà cet humble Enfant du Pauvre d'Assise ; ils se rappellent les grands miracles qu’il opérait, par la puissante intercession de sa céleste Patronne, et comment surtout il obtint l’éclatante guérison du Pape Grégoire XV, lorsque ce pieux Pontife promit de glorifier la Bonne sainte Anne, en établissant que sa Fête, dans l'Église Universelle, serait une Fête
d'obligation pour tous les Fidèles. .
Daigne le très doux Jésus, dans sa bonté, susciter encore dans son Eglise des âmes dévouées au Culte de notre grande Thaumaturge, comme l'était celle du Frère Innocent de Chiusa; et, ici, dans notre cher pays du Canada, si nous n’osons directement demander à son Cœur Divin, à ce Cœur qui a tant aimé les hommes, un Saint faisant lui-même de grands miracles, au moins puissions-nous obtenir de posséder toujours des âmes vraiment zélées pour la propagation du Culte de suinte Anne, notre Bonne Mère !
si ue RPC à XXI\ le, 4 ait nat APPARITION DE LA BONNE SAINTE ANNE A LA 1} ail BIENHEUREUSEÉ BENVENUTA, DE L'ORDRE LE de DE SAINT-DOMINIQUE. pe a rre Es La Bonne sainte Anne a toujours marqué sa prédilec- l tion pour les âmes candides et pures. L'exemple suivant 1. ble en est encore une preuve éclatante :
ids HE sa La Bienheureuse Benvenuta de Frioul, de l'Ordre du Fe) nte Patriarche saint Dominique, à l'approche de la Fête de tife Ja Nativité de la sainte Vierge, pour laquelle elle avait ant une singulière dévotion, eut le désir de voir Marie, telle ni) ‘ête qu'elle était dans ses plus tendres années, et lorsqu'elle La était encore portée dans les bras de sa douce et aimable Ÿ Mère, la Bonne sainte ANNE. Hlle se mit donc en orai- | itet son, et pria la Vierge Immaculée de daignér la consoler JE > de par une semblable vision, avec la faveur de pouvoir l’emrère brasser, avec une tendre et respectueuse affection, comme du on embrasse une aimable et innocente enfant à cet âge. son Ja douce Reine des Anges eut pour agréable cette naïve un simplicité de sa petite servante, Ht voilà que précisé- où oins ment la nuit même de la Nativité de la Vierge, pendant mes que Benventta se livrait, dans l’oraison, à ses plus Ft uinte ardents désirs, l’Archange saint Gabriel, et l’Archange it) rhin
QE : : ne
saint Raphaël lui apparurent et lui dirent: ‘‘Sache, Benvenuta, que tes désirs ardents ont été exaucés: le Seigneur a condescendu avec bonté à ce que sainte Anne te présentât notre commune Reine et Maîtresse, la Reine du Ciel et de la terre, que tu as tant désiré de voir au jour anniversaire de sa naissance.” Cela dit, les deux Messagers Célestes enseignèrent à la Bienheureuse comment elle devrait honorer leur Reine, à son apparition,
et disparurent.
Cependant, la chérubique enfant de saint Dominique attendait, avec une avidité extrême, la réalisation de la promesse faite par l2s Anges. Et voici qu'après une très brève attente, lui apparaît sainte Anne avec sa Fille, mille fois Bénie, la petite Marie de Juda, enlaçant, avec un sourire tout céleste, de ses petits bras enfantins, le cou de son aimable Mère. A cette vue, la petite servante du Seigneur, conformément à l'instruction des Anges, se prosterne contre terre: après un instant de vénération muette, elle se lève, et elle voit la petite MARIE qui commence à lui tendre ses deux petites mains, exprimant paï là qu’elle désire reposer dans les bras de sa petite et pieuse servante, Benvenuta. Alors, la servante de Dieu, avec une humilité très profonde, mêlée à une inexprimable allégresse, la prit des bras de sainte Anne, et 1a pressa doucement contre son cœur. C'était le Faradis sur la terre : cette excessive condescendance de la Reine du Ciel, envers son humble servante, plongeait la Bien-
heureuse dans une extase d'amour, dont il est donné aux
saints seuls de savourer les délices ; et cela dura l’espace d'une heure entière. Durant tout ce temps, la Sainte Vierge s’entretint familièrement avec la Bienheureuse, lui parla de la joie des Saints, dans le beau Paradis, et de toutes les merveilles du séjour des Elus. L'heure passée, la très sainte Enfant retourna dans les bras de sainte ANNE, sa Mère, et la vision disparut. Les deux Saintes remontèrent au ciel, et l'innocente fille de saint Dorinique continua, sur la terre, à imiter les vertus de son ‘ncomparable Père. Par son grand esprit de mortification, u:sent les Zeçons de l'Ofjice de la !'ienheureuse, elle passait une partie de ses nuits en prières, et quand, vaincue par la fatigue, elle était obligée de se coucher, elle s’étendait à terre et plaçait une pierre pour soutenir sa tête. Chaque nuit elle se donnait la discipline jusqu'à trois fois. Ces dures austérités eurent vite épuisé sa santé. Elle tomba malade. Suffoquée par de continuels étouffements, il ne lui était plus possible de se coucher ni de se tenir debout ; il fallait qu'elle fût toujours assise. Cette position lui occusionna es ulcères si douloureux, qu'on ne pouvait plus la remuer, même légèrement, sans lui infliger de véritables tortures. Au milieu de ces souffrances, jamais la patience de la Bienheureuse ne se démentit, et jamais elle ne cessa de se livrer à la prière. Après cinq années de maladie, elle se fit transporter au tombeau de saint Dominique et obtint une guérison complète. De retour dans son pays, elle recommença ses
mortifications, et s'affranchit si bien de l'empire de ses
sens qu’elle semblait ne plus exister que pour le Ciel... Elle mourut le 29 octobre 1292. De nombreux miracles s'opérèrent à son tombeau. Son culte fut approuvé par Clément XIII, en 1765.’’
Puissent tous nos pieux Lecteurs imiter, sinon les grandes austérités de l’illustre Vierge de Frioul, au moins sou 22v/ncible patience, dans les épreuves de la vie, et son grand esprit de prière. Par là, ils mériteront, comme elle, ici-bas, la protection du Ciel ; et, s’il plaît à Dieu, même les prévenances célestes de la Reine du Ciel, la Vierge MARIE, et de sa très compatissante Mère, la Porne sainte ANNE : et après cet uxil, où les souffrances après tout ne sont que passagères, une gloire éternelle
là-Haut, dans les splendeurs du beau Paradis !