‹ La bonne Ste Anne [microforme]Chapitre 85 sur 124 · NN ZA · texte numérisé non relu

NN ZA

ON

pour se rendre aux Ordinations qui allaient se faire dans la cité de Messine. Ils se placèrent tous dans une petite barque, par un temps très beau, un ciel serein, et suivirent ainsi, pendant quelque temps, leur heureux voyage. Lorsqu'ils furent ensuite arrivés, dans la haute mer, en vue du Castel di Tusa, une tempête subite les assaillit,

La petite barque dans laquelle se trouvait notre Clerc avec ses compagnons d'Ordination disparut en un clin d'œil, au mitieu des vagues courtes et saccadées de cette Mer intérieure, qui s'élèvent presque à pic, comme des murailles (1). Leur frêle embarcation fut jetée contre la pointe d'Orlando, brisée, mise en pièces. Tous ces infortunés, privés de tout secours, se jetèrent éperdus à la mer, cherchant, malgré la fureur des flots, à se sauver à la nage. La Relation ne dit rien de plus; mais il est terriblement à craindre que la mer écumante, horriblement tourmentée par la tempête, ne les ait engloutis tous au fond de ses abîmes, tous excepté Ximino.

(1) Nous avons subi nous-même un de ces brusques ouragans en sortant du détroit de Messine, lors de notre premier voyage en Terre-Sainte. C'était un dimanche matin, le saint jour de la Pentecôte. Le temps était beau: la température délicieuse, Tout à coup un orage éclate dans les montagnes de la Calabre et un vent impétueux se précipite sur la mer, Il nous poursuit jusqu’au Confluent de l’Adriatique ; et 1à, la mer devint si furieuse que notre beau et très solide steamer perdit toute conterance et chercha un abri le long des côtes, où il s/oppa, je crois, durant 24 heures !—Que le Lecteur juge de 1à quelles durent être les angoisses de nos jeunes Clercs, au milieu de leur effroyable tempête !

Dans ce moment de péril extrême, déjà tout glacé d'effroi, par la perspective d’une mort imminente et inévitable, il fit un effort souverain sur lui-même, et dans toute la ferveur de son âme, il invoqua le secours toujours efficace de sa puissante Avocate, la Bonne sainte Anne, et dans l'angoisse de son cœur il l'appela par son propre Nom.

Celle qu'on nomme si bien le Port des Naufragés, entendit l’appel de son dévot serviteur. Le secours ne se fit point attendre. Elle voulut prouver une fois de plus dans cette circonstance toute l'efficacité de son Vo vénérable, qui, d’après de savants interprètes, veut dire : Miséricorde !

O la miséricordieuse et Bonne sainte Anne, usant de cette bonté et de cette miséricorde que lui inspire toujours son inépuisable tendresse de Mère, elle prit ellemême comme par la main son fidèle serviteur, et le conduisit tranquillement au rivage, sain et sauf, c’est-àdire, sans blessure ni contusion, et avec ses habits aussi secs que s’il eût fait la plus tranquille et la plus heureuse traversée du monde !

Le pieux jeune homme, Dom Francesco Ximino, dit en terminant le Père Domenico, remercia, comme on le suppose bien, avec d’abondantes larmes de joie sa tutélaire Protectrice, sa Maîtresse et. sa Mère, la Grande et Bonne sainte Anne !

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Ce miracle, pieux Lecteurs, nous donne une grande et salutaire leçon à nous-mêmes. Ce jeune Ecclésiastique était très pieux ; et nous le disons, sans exclusion pour les autres : ‘‘ Son cœur était pur et ses mains in1ocentes. ’’ Or, la prière humble et confiante d'une Âme en état de grâce fend les nues, monte droit vers le trône du Très- Haut et n’en redescend que chargée de grâces et pleinement exaucée. Faisons de même : demeurons toujours les mains innocentes et le cœur pur, sous l'influence de la grâce sanctifiante ; conservons-nous dans cet heureux état par la fréquente réception des sacrelueiits, seul moyen sûr d’une sainte persévérance : demandons à Jésus que notre Dévotion envers son illustre Aïeule, la Bonne sainte Anne, augmente encore, et ainsi nous obtiendrons non seulement le salut du corps mais aussi et salut de notre Âme !

surtout le

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