UN BEAU MIRACLE À SAINTE ANNE DH BEAUPRÉ
‘Au mois d'août 1876, se trouvait à Sainte Anne de Beaupré, non en pèlerinage mais en promenade, un Canadien, Y. G., habitant Boston depuis plusieurs années. Elevé à Québec par une mère chrétienne, il avait perdu
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la foi aux Etats-Unis, abandonné ses pratiques religieuses, et était devenu franc-maçon, Il ne croyait nullement au pouvoir de sainte Anne ; il n'avait aucune intention de la prier. Une conversation avec M. le curé de la paroisse, l'avait amené à faire sincèrement tous ces aveux. Sur les instances du Pasteur, le franc-maçon promit d'assister le lendemain, à la messe d'un pèlerinage qui devait arriver de Sorel et des Trois-Rivières. M. le curé pria beaucoup et fit prier pour lui.
V. G. était déjà. “du à l'église, quand y entrèrent les pèlerins. Parmi eux on remarquait un jeune homme infirme qui se tenait péniblement sur ses béquilles. Il avait les jambes complètement raides, collées l’une à l’autre, sans pouvoir les disjoindre, Comme il arrivait près de Y. G., une de ses béquilles g'issa et il tomba lourdement sur le plancher. Plusieurs personnes l'aidèrent à se relever, Ie franc-maçon se sentait vivement ému à la vue de cet état d’infirmité. ‘‘$Si ce jeune homme allait être guéri, ici devant moi, pensait-il, il faudrait bien croire qu'il y a, dans la religion et dans le culte de sainte Anne, autre chose que ce que l’on m'a dit, Que ferais-je ? résister à l'évidence ? impossible. Me convertir, changer de vie? c'est également impossible.’ La messe commença. Le pauvre infirme priait de toute son âme, disant à Dieu ainsi qu'il l’a déclaré plus tard : ‘‘ Seigneur, je suis un misérable, indigne de paraître devant vous, mais ici
c'est la Bonne sainte Anne qui prie pour moi. Si je vous
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SES MIRACLES 225 demande ma guérison, ce n’est pas précisément pour mon bien-être, car je pourrais abuser de ma santé pour vous offenser encore, mais c'est pour gagner le pain de mes vieux parents qui, sans mon assistance, seront réduits à la
mendicité. Ayez pitié d'eux, ayez pitié de moi !”’
Blanchet c'était le nom de l’infirme, alla communier et il le fit avec une dévotion si profonde qu'elle édifia tous les assistants. V, G., les yeux toujours fixés sur le jeune homme, ne perdait de vue aucun de ses mouve, metiis. La messe terminée, Blanchet s'approche, toujours sur ses béquilles, pour la vénération des saintes Reliques. Il y colle ses lèvres avec une ardente piété. Au même instant, il abandonne ses béquilles, se redresse, en disant : ‘‘ miracle ! miracle ! je suis guéri.’ Il pleure, il prie, il remercie sainte Anne. La foule émue, attendrie, lui ouvre un passage ; il marche d'un pas ferme, répétant toujours : ‘‘ merci, Ô Bonne sainte Anne !’’ Chacun veut le voir, tout le monde est heureux de son bonheur. Mais le plus impressionné de tous c'est V. G. Ila vu le prodige, il ne peut plus résister. Les yeux baignés de larmes, il perce la foule, se rend à la sacristie, aborde le curé en lui disant : M., je serais le dernier des misérables, si je ne me convertissais point sincèrement après ce que je viens de voir ; aidez-moi à faire une bonne confession ! ’’ La bonne sainte Anne l'avait réellement converti en même temps qu'elle avait guéri Blanchet.
Y. G. fit dès lors un vrai pèlerinage ; il pria, il communia,
il partit décidé à vivre en bon chrétien. Le Rév. M. G., curé de Sainte-Anne, heureux témoin de ces merveilles, en écrivit une relation exacte, confirmée, pour le cas de Blanchet, par le certificat d'un médecin (').
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