‹ La bonne Ste Anne [microforme]Chapitre 97 sur 124 · TE SEE · texte numérisé non relu

TE SEE

H à la solennité, et le parvis des Gentils restait vide.

| Après l'immolation des viétimes sur l'autel, un prêtre,

désigné pour cet office, se rendait à la source de Siloë, où | il puisait trois mesures d'eau vive, dans une coupe d'or (1). Précédé des lévites, il revenait au Temple par la porte de l'Eau, la mêm: par laquelle Notre Seigneur lo fit lui-même son entrée triomphale, Il était reçu au son des trompettes sacrées, et montait à l'autel. Aux deux angles étaient disposées deux coupes d'argent, l’une vide, l’autre remplie de vin. L'eau de la coupe d'or était transvasée dans la coupe vide, puis mêlée au vin de la troisième. Cepend:nt le peup'e, portant à la main des palmes, des branches de myrte et de figuier, défilait processionnellement autour de l'autel, en chantant les hymnes de délivrance. Quand l’A//éluia, qui terminait chacune des strophes alternées par deux chœurs de musiciens, se faisait entendre, tous les rameaux étaient agités

à et élevés en l'air, avec des acclamations joyeuses. Après

le défilé, le prêtre offrait une libation, sur l'autel du

Seigneur, avec l'edu de Siloë mêlée de vin ; et le peuple

assemblé chantait d'une seule voix ces paroles du pro-

phète Isaïe: ‘Vous puiserez avec allégresse aux sources

du Sauveur (2).’’

(1) Notre Seigneur faisait allusion à l'eau de Siloë, ainsi offerte eur l'aute! du Temple, lorsqu'au dernier jour de la Fête, se tenant debout, il s'écriait : ‘Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive.’’—Joan. VII. 37.

(2) Is. XII, 13.

ide.

tre,

, où

)upe

par neur | son leux ride, était le la 1 des filait t les inait nusigités \ près 1 du euple L pro-

urces

offerte enant noi et

Telle était la cérémonie solennelle qui rappelait aux Juifs les sources miraculeuses ouvertes par Moïse au désert ; les fontaines et les palmiers d’Elim ; les tabernacles d'I:raël et les pavillons de Jacob, salués jadis par le fils de Béor, enfin les grappes de raisin rapportées par les envoyés du grand Prophète, en témoignage de !a fécondité de la Terre promise, où les enfants d'Abraham devaient échanger l'eau des torrents pour le vin qui réjouit le cœur de l'homme. L'époque de la Fête des T'abernacles était celle où l’on venait de recueillir, sur les collines d'Engaddi, et de Jéricho, le fruit de la vigne. La reconnaissance pour les bénédictions du Très-Haut se mêlait ainsi aux traditions séculaires de l’histoire nationale, Chacun des fils d'Abraham rapportait à sa demeure et conservait toute l’année les Zw/abim, ou rameaux de la Fête des Tabernacles (!).’”

C'est donc à ce même mois de 77sr7 que naquit la Vierge Immaculée, l'Enfant mille fois Bénie de saint Joachim et de la Bonne sainte Anne. Ses heureux parents lui donnèrent le rom de Marie (2), Reine ou Etoile de la mer. Dans le Testament Ancien, ce nom apparaît une fois, porté par la sœur de Moïse, au pied du Sinaï, à côté de l'Arche sainte. Dans le Testament Nouveau, le nom de Marie rappelle le Sinaï virginal, qui fut

le trône d'un Dieu enfant ; l'Arche du salut universel, où

(1) Darras, Hist. Gén. de l'Eglise Tom. V, C. VIII.

(2) Voir plus haut, 1'e Partie.

Fa.

Rs PAT =

Dieu et l’homme se sont réconciliés, Le nom de Marie, associé au nom de Jésus, partage avec lui la royauté du ciel et de la terre (').

‘Ainsi, tandis que 5 Israélites solennisaient la mémoire de leur délivrance du joug de Mesraïm, il fut donné aux anges d'entonner le chant d'allégresse que l'Eglise fait maintenant retentir au jour de la Nativité de la sainte Vierge : ‘‘ La Fille des rois a paru, radieuse de gloire. Jjouons le Seigneur; célébrons avec de pieux transports la naissance de la bienheureuse Vierge Marie ! Votre nativité, Ô Vierge, Mère du Seigneur, apporte la joie au monde entier. Vous êtes bénie au-dessus de toutes les femmes .. .””

Quelle joie, en effet lut pas être celle des anges, à la naissance de cette au; .e Reine? Quel empressement n’auront-ils pas mis à descendre dans l'humble demeure de saint Joachim et de sainte Anne, pour rendre les premiers devoirs à une Souveraine que désormais ils ne devaient plus quitter ?

Ah ! c’est ici, près du berceau de Marie, qu’on aime à se représenter l'échelle mystérieuse de Jacob par où montaient et descendaient les anges du Très-Haut, et au sommet de laquelle reposait la Divinité. Oh! qui pourrait concevoir la tendresse avec laquelle Dieu le Père arrête ses regards sur sa Fille bien-aimée ; Dieu le Fils,

(1) Darras, Tom, IV.

t la 1 fut que é de e de ieux rie !

te la >utes

es, à ment leure e les

ls ne

me à mont au bour- Père Fils,

sur cette Vierge auguste qui doit devenir sa Mère ; et le Saint-Esprit, sur son Epouse immaculée ! Ce jour après lequel les Prophètes et les Rois d'Israël ont tant soupiré, que les anges attendaient impatiemment, ce jour de bénédiction n'a-t-il pas été désiré de Dieu même, puisque l'œuvre de notre rédemption, et partant la naissance de Marie, furent anticipées de soixante-dix semaines d'années.

Or, pendant que le ciel se réjouit, l'indifférence règne sur la terre autour de la modeste résidence où se trouve le berceau de la Reine des Anges. Ces esprits célestes seuls sont là pour payer à leur Souveraine un juste tribut d’hommages, Mais non: il s'y trouve encore deux saintes âmes enivrées des plus chastes délices. Avec quelle amoureuse bienveillance /oachim et Anne contemplent, caressent, vénèrent cette Enfant admirable que Dieu vient de leur accorder !

Heureux Parents! couple mille fois béni! quel bonheur est le vôtre d’avoir été dotés, après une si longue épreuve, d’un trésor que toutes les nations de la terre vous envieront ! Quel honneur pour vous d'avoir donné le jour à la Souveraine de l'univers, à la Mère de Dieu !

Epoux privilégiés de quelle gratitude le monde ne vous est-il pas redevable? N'est-ce pas à vous qu’il doit de pouvoir offrir au Créateur le plus précieux de tous les présents ?

Page 1