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C’est donc à juste titre que Marie :st appelée la Cause de notre joie : sa naissance a été l'aurore riante dont les j| douces clartés annonçaient le lever du Soleil de Justice, \ de cette Luriière du monde, qui devait éclairer tous les
hommes. L'Evangile nous assure que la naissance de Jean-Baptiste fut pour in grand nombre d'hommes un sujet de jo'e. Jean-Baptiste, en effet, était le précurseur du Messie. Mais Marie ne devait-elle pas être une cause d’allégresse universelle pour le monde assis tristement dans les ombres de la mort, elle qui était destinée à devenir la Mère du Sauveur? Quand de pauvres nautonniers ont passé de longs jours, d’affieuses nuits sur une mer | furieuse, battus sans relâche par la tempête, luttant continuellement contre la mort, au'appellent-ils de tous leurs vœux, qu'accueillent-ils avec les plus vifs transports? Ah! certes. ce qu'il leur faut, ce qu'ils désirent, ce qui leur rend le courage, la vie, c'est i'aurore d'un beau jour, c'est la sérénité d’un ciel pur. Enfants exilés
et déchus d’un père coupable, relc,2z la tête, ranimez
votre ardeur, puisque voilà venir Celle qui vous apporte
le salut.
Il est permis de croire que l’apparition de la Vierge sur
la terre fut accompagnée de plus d’un prodige. Ne lisons-
nous pas que d’autres saints bien inférieurs en dignité à
la Mère de Dieu, ont été signalés dès leur entrée en ce
monde par des événements extraordinaires? C’est une
pensée qui sourit agréablement à l'esprit du chrétien : il
aime à se représenter l'influence que la naissance de
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Marie exerça sur la nature entière. On se figure volontiers l’orient illuminé des tendres clartés de l'aurore la plus réjouissante qui ait jamais souri à la terre ; l'air coloré d’un azur immaculé et si pur, que l'œil ne peut en sonder la transparente profondeur. A l'horizon jaillissent des flots de lumière que l’on prendrait pour de l'or en fusion et qui projettent sur la cime des montagnes un éclat merveilleux : ici, la rosée scintille avec des reflets inaccoutumés sur les feuilles fraîchement dénloyées et dans le calice des fleurs ; au souffle de la brise matinale, un parfum tout céleste, plus suave que l'encens aromatique, embaume l'atmosphère ; les habitants des airs voltigent en foule et s'abattent autour de la maison qui abrite l’aimable Vierge ; leur chant ressemble à un concert mélodieux et si ravissant, qu’on le croirait modulé par des voix angéliques. Cependant au-dessus du berceau de l'Enfant apparaît une auréole d'or et d'argent, d'où s'échappent des rayons aux nuances variées et qui se parent de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Semblable au murmure du zéphyr dans le feuillage, on entend une musique d'un charme indescriptible, dont les accords montent et descenent tour à tour avec une douceur surhumaine, comme si des êtres invisibles mêlaient leurs cantiques harmonieux aux élans de reconnaissance et
d'amour qui débordent du cœur virginal de Marie.
Que! sujet d'admiration pour les anges, que cette âme
sainte de Marie d’où s'épanchent des sentiments si élevés,
si généreux, si purs, qu'ils surpassent les ardeurs dont
brûlent les séraphins ! Quelle divine merveille que cette tendre Enfant, dont le cœur enrichi des dons les plus
La DEoets 20
QU rares, inondé d’un torrent de grâces, brille de la splen- 11:14 û
(4 deur de toutes les vertus ; cette Enfant, qui a commencé Hi plus haut que 1à où finissent les saints, modèle d'une
perfection sans précédent et en qui les charmes extéricurs ne sont qu'un faible rejaillissement de la beauté de son
ur
âme !
‘Aussitôt qu'elle eut vu le jour, Marie, dit saint
Modeste, patriarche de Jérusalem, s'offrit à Dieu pour le
salut du genre humain. Déjà à partir de ce moment, nous
la vor ons fournir sa carrière d’une façon tout admirable.’
Car si Dieu l’a prévenue par des faveurs sans égales, elle
y a répondu avec une fidélité parfaite ; et défiant, pour
ainsi dire, la munificence divine par sa générosité à obéir
à l'influence de l'Ésprit-Saint, elle a pu, quoique comblée
, de grâces dès le premier instant de son existence, en rece-
voir chaque jour un merveilleux accroissement et ajouter
à l'abondance de ses mérites. C’est pourquoi saint Bona-
venture la compare à l'Océan qui absorbe dans son sein
tous les fleu es de la terre et en joint à ses ondes le tribut
incessant, où à une mer immense dont le lit, par le
mouvement des flots, s'approfondirait sans cesse et dont
les rives cèderaient et reculeraient toujours.
Et vous, Ô Joachim et Anne, vos yeux ne peuvent se
rassasier de contempler ce gage excellent de la divine
bonté ! Immobiles, muets d'admiration, vous tenez vos
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