ARTICLES DU COMMEKCE INTÉRIEUR
Nous comprenons sous ce titre les articles qui, produits dans le pays, y sont aussi consommés. Souvent, c'est sur les lieux mêmes de la production que la consommation a lieu.
1. Cuirs. — Les peaux de bêtes à cornes sont, pour la plupart, tannées et employées dans le pays à la confection des poïas, bizarres ceintures à compartiments multiples, et des opankés, sortes de sandales
analogues aux liipti des paysans russes, etc.
2. Graisses. — Le saindoux^ pour la population llotlanlc, et la graisse de vache et de mouton pour les indigènes, forment la base de la préparation des aliments.
3. Ccréah's : Ulr, imïs, etc. — La production du pays est restreinte. Une bonne récolle, comme celle de 189G, a rapporté 1.000.000 de florins (2.100.000 francs). L'avoine et l'orge sont peu cultivées. Par contre, la culture du maïs est très répandue; elle est des plus faciles et très rémunératrice au point de vue de l'aliinentation de riiomine et des animaux domestiques. De qualité inférieure à celui d'Albanie, le maïs se vend 8 kreutzers (17 centimes) l'oka'.
4. Fruits et légumes. — On récolte en Herzégovine des poires, pommes, cerises, raisins. Quelques maraîchers bulgares obtiennent des légumes; mais, en général, les fruits et légumes ^à l'exception des raisins, prunes, noix) sont médiocres, en raison du climat.
5. Miel et cire. — 11 y a beaucoup d'abeilles dans le Nord-Ouest; le miel est consommé suf place. — C'est à Moslar que paraît être le trafic de la cire.
6. \'in. — L'Herzégovine pourrait fournir du vin en abondance et c'est ce à quoi le Gouvernement travaille. Mais la production est restreinte et les prix sont d'un tiers plus élevés que ceux de Dalmalie et d'Italie, ce qui en rend l'exportation presque insigniliante. La production d'une bonne annc'e est estimée de 13.000 à 18.000 hectolitres. Cependant les années 1896 et 1897 n'ont pas dépassé chacune G.OOO hectolitres, près d'un tiers de la moyenne; toutefois, en 1896, le vin était riche en alcool et en sucre.
Les centres consommateurs sont : Sarajevo, Uoiija-Tuzla et Travnik.
7. Alcool. — Une seule fabrique, la distillerie de Donja-Tuzla, doit, par convention intervenud avec le Gouvernement, limiter sa production annuelle à 8.000 hectolitres.
' L'oka corrc^spond à 1 kil. 280.
8. Bière. — Depuis FOccupation, on boit de la bière comme en Bohême ; — elle est très appréciée par les Mahométans, qui ne la considèrent pas comme défendue par le Coran. — Il y a six brasseries : à Travnik, à Banjaluka, où des Trappistes fabriquent un mauvais produit, à Sarajevo, ïuzla,Mostar et Visegrad ; ces quatre dernières appartiennent à une seule Société par actions. — La production a été estimée, en 1896, à 70.000 hectolitres.
9. Betterave ù sucre. — La betterave est cultivée là où la voie fluviale ou ferrée n'est pas à plus de 10 ou 15 kilomètres. Le Gouvernement accorde une prime de 0,85 kreutzers par quintal métrique '. — Destinée à la fabrication du sucre dans le pays même, la betterave n'est pas exportée.
10. Sucre. — La raffinerie d'Usora, dans le cercle de Donja-Tuzla, qui produit annuellement 300 wagons, a enlevé ^ux deux grands ports de l'Adriatique le monopole de l'importation du sucre; elle en exporte même en Dalmatie. C'est à peine si, actuellement, Trieste et Fiume vendent 70 wagons pour une valeur de 285.000 florins.
11. Fromages. — Une fromagerie considérable, créée à Livno par le Gouvernement, a pour directeur un de nos compatriotes. — On y fabrique les .sortes de Sui.sse, Hollande (croûte rouge) et des imitations de nos produits français, principalement des Roquefort de bonne qualité, très appréciés dans le pays. La production annuelle serait d'environ 300 quintaux métriques. Dans le nord, un fromage genre Port-Salut est fabriqué en grandes quantités par des Trappistes.
12. Produits miniers. — Sont entre les mains du Gouvernement ou des Compagnies qui en dépendent. — Les exploitations minières trouvent l'utilisation de leurs produits dans le pays. Ce sont : la houille, le sel, le cuivre, le fer, etc., etc.
13. Pétrole. — La raffinerie de Brod, exploitée par le Gouvernement, fournit annuellement 250 wagons en moyenne, pour une valeur de G30.000 francs. L'importation du pétrole avait lieu naguère par Fiume.
14. Papier. — Le Gouvernement a installé à Zenica (cercle de Travnik) une fabriijue (jui fournit tout le papier nécessaire à l'Administration des deux provinces.
15. Tissus. — De grosses étoffes en laine de mouton ou de chèvre, des couvertures à longs poils, sont fabriquées et utilisées dans le pays. Le commerce de la laine ordinaire a lieu à Mostar. — Les paysans tissent la toile de leurs chemises avec du fil de coton ou de lin importé d'Italie, de France et d'Angleterre. Quant au fameux crépon bosniaque, tissé au métier indigène, le fil n'en est plus guère filé dans la famille. Il vient de Chine, d'Allemagne, de Vienne. 11 en est de trois sortes : en soie (l'oriental), excellent; en soie et laine; en laine.
16. Ustensiles en fer ou cuivre. — Dans l'allée des chaudronniers, à la carsija ou bazar de Sarajevo, on trouve des marmites martelées, des verseuses {ibriii) de café, des lanternes en forme d'accordéon, etc., etc.; mais c'est à Gornji-Vakuf que se fabriquent les moulins à café turcs, dont on vante la qualité supérieure.
' L'équivalence de la prime accorJée en Russie est de 60 à 10 kreutzers.
17. Objets cil bois taillés et sculptés. — Les paysans et les pâtres occupent leurs loisirs à (ailler, dans le l)()is, des cuillers, des vases, des bahuts, des rouets, des fuseaux, que parfois ils sculptent avec art, La vallée de la Biola, dans lo voisinage de Konjica, est réputée pour ses objets taillés et ses bahuts.
(Nous parlerons du bétail, des chevaux et des animaux de basse-cour, h propos du commerce
extérieur.)
ARTICLES d'exportation
d. Animaux vivants. — La richesse principale des habitants des campagnes réside dans h- bétail. L'exportation des chevaux, moutons, chèvres et surtout des bétes à cornes et des porcs est d'ordinaire fort prospère. — Lorsque les épizooties ne font pas leurs ravages, on exporte environ pour deux millions (1(! florins dn bœufs et autant de porcs. Une grande partie de l'exportation du bétail s'opère par ttoupcnux sur route, par Spalalo ou Raguse, pour l'Ile de Malte, d'où le bétail est vendu en Italie. Les moutons achetés en Dalmatie pour la France, viennent de Bosnie par route ou petit cabotage.
L'exportation des porcs so l'ail vers la Croatie et la Slavonii-. jtays plutôt de tniiisll. car le plus fort marché est à Wiener-Neustadt (Autriche).
Depuis longtemps, des Italiens viennent des Fouilles, au printemps, acheter des chevaux payés un piix très bas; — ils sont d'ailleurs usés par un long travail.
Mais il y a d'excellents chevaux indigènes, très endurants et très courageux. En Bosnie, les meilleurs chevaux viennent de Rogalica. En Herzégovine, on vante surtout les pâturages des />o/ye et l'air des montagnes pour fortifuir la race.
L'Administration s'efl'orce de relever la race des mulets indigènes, et a créé plusieurs dép<')(s d'ânes étalons cypriotes.
2. Dépouillas. — Peaux, cuirs, laines, fourrures non préparées, cornes, os. — On e.stime que la Bosnie-Herzégovine fournit annu(>llenu'nl 300.000 peaux environ.
Depuis quelques années, les Etals-Unis font en ces provinces de grands achats de peaux de mouton et de chèvre. Les peaux de chevreau sont peu estimées, étant mal dépouillées.
Visoko et Travnik sont renommés pour le travail du cuir de vache et la fabrication des opankés ou chaussures de paysans. A Visoko se l'ail un commerce considérable de peaux préparées et exportées en Turquie, Dalmatie, Italie, Bulgarie et Autriche-Hongrie.
Les tanneries de .Iclelch sont célèbres; on y fabrique entre autres le cuir turc et le cuir chagriné. Les peaux de bouc y sont travaillées. Ces produits sont exportés en Autriche et employés pour la maroquinerie.
Une maison de Magdebourg a créé une ganterie â Dolac, faubourg de Travnik.
La chasse alimente un commerce considérable de pelleteries, qui sont adressées h Trieste et à Leipzig. Autrefois, les fourrures do Bosnie-Herzégovine étaient l'objet d'un commerce important avec la Serl)ie et la Roumélie. Aujourd'hui, on les échange, â Haiiiboiiv^' cl Leipzig, contre des fourrnr.'s d'.\méri(iue.
Pour donner un exemple de la difliculté d'une appréciation en chiffres exacts, nous dirons que le
Consul de France évalue l'exportation des fourrures, on 1896, à 378.000 francs, et le consul d'Angleterre à 210.000 francs seulement.
La production annuelle de la laine est d'environ 2 millions de kilos, dont la moitié est exportée ; 600.000 kilos de laines lavées sont vendus en Italie pour 300.000 florins. Des laines de mouton vont en Moravie ; les laines de chèvre en Angleterre.
Quelques os et cornes sont exportés; mais, en général, ils sont convertis sur place on noir animal.
Autrefois, il se faisait une exportation assez importante de gibier et de poisson; elle a, pour ;iinsi dire, cessé à présent, sauf en ce qui concerne l'anguille fumée et salée, dont la pêche annuelle est d'environ 100.000 kilos.
Les truites et écrevisses de la Pliva pourraient peut-être donner lieu à une exportation sérieuse, car elles sont très estimées. Une centaine de touristes de la Revue générale des Sciences s'en sont délectés il Jézero.
3. Volailles, œufs. — Le commerce de la volaille est purement local; par contre, celui des œufs est assez actif, la grande quantité de chaux qu'ils renferment les rendant propres à la conservation; mais ils sont petits. Ils sont envoyés, en caisses de 120 douzaines, à Vienne, et, après triage, dirigés sur Paris, Londres, la Belgique et la Hollande.
Cette exportation pourrait devenir plus importante si les négociants de Bosnie manquaient moins d'expérience en fait d'emballage. L'exportation varie entre 1.300 et 3.000 caisses, représentant une valeur de 63 à 103.000 francs. En 1897, près de 30 wagons chargés d'œufs ont été expédiés pour l'Autriche, la Suisse et l'Angleterre.
4. Fromages — Depuis 1895, une exportation assez considérable est dirigée surtout vers l'Allemagne et l'Angleterre
5. Bière. — La Brasserie de Sarajevo, grâce à ses bas prix, exporte avec assez de succès en Dalmatie, Albanie, ainsi qu'au Monténégro, où toute autre bière ne peut arriver que par mer.
6. Produits miniers. — Les minéraux : ocre, fer, manganèse, sont exportés en Autriche et en Angleterre. L'industrie de la verrerie utilise les chromes de Dubostica. Une partie des produits du charbonnage est exportée, par chemin de fer, à Metkovic, d'où le cabotage se charge de la distribuer sur certains points de l'Adriatique.
7. Eaux minérales. — Deux sources seules sont exploitées : celle de GUber, très riche en fer et arsenic, et celle de Kiseljak, entre Sarajevo et Fojnica (cette dernière non encore exportée en 1896).
8. Produits forestiers. — Douves, etc. — Près des deux cinquièmes de la superficie totale du pays sont couverts de forêts. On a vendu jusqu'à 20.000 chênes par an. Ce sont les maisons Morpurgo et Parente, de Trieste, et C. Schlesinger, d'Agram, cette dernière agissant pour le compte du Comptoir d'Exportation des Douves J.-B.-M. Gairad, qui ont la coupe des chênes.
Les douves de Bosnie ont donc leur grand marché à Trieste, d'où les chais de Bordeaux tirent une grande partie de leurs bois de futailles.
L'exportation pour la France se fait aussi par Fiume. Les douves se vendent 231 francs les
1.000 i)iè<o.s. La France vient en tête pour les achats, ensuite rAliomagne, lUalic, rAngleterre et l'Espagne.
D'autres essences sont ("gaiement mises en exploitation : des conifères, des hêtres, de» érable«, etc. ; plusieurs maisons ont des traités avec l'Rtat pour l'achat ou l'exploittition de ces essences, entre autres : Otto Steinbeis et C", il Dobcrlin, llofinan et (Iransfcld, à Had/.ici, près Sarajevo, dont la scierie a été englobée par G. Fettrinelli et C'°, de Milan. Lorsque la scierie de Kobildol sera Ifrminéf, cfiic dernière maison pourra fournir annuellement près de 30.000 mètres cubes de bois.
Enfin, les travaux de la « Société par actions bosnienne de l'exploitation du bois n, de Teslic en Pribanie, terminés en septembre 189fi, sont en pleine exploitation depuis 1897. Réunis par une voie de 20 kilomètres à la station d'Usora, sur la ligne de Brod-Sarajevo, ces travaux pa.ssent pour les plus iiiiporlnnts de ce genre on Europe. Le capital de celte Compagnie allemande consiste en 15. 000 actions de 100 llorins (ou 210 francs), entièrement libérées.
Dobcrlin envoie par an 40.000 mètres cubes de bois h Fiume et Trieste, et 5.000 mètres cut)cs vont directement de Had/.ici en Italie, où ils sont utilisés par les marines marchande et militaire. Le prix du mètre cube oscille entre 12 et 14 florins.
9. Fruits: Prunes. — Ce produit naturel du pays est l'un de ses plus importants facteurs économiques.
La culture du prunier, protégée et encouragée par le Gouvernement, tend à augmenter.
Selon la qualité et le plus ou moins d'abondance de la récolte, l'époque de l'année, les prévisions de la récolte future, la spéculation, — le trafic subit des fluctuations surprenantes.
On estime à 300. (X)0 quinlaux environ la moyenne annuelle de la production. Les deux tiers de la récolte sont fournis par la région de la Save, dans la préfecture de Tuzla.
La prune de Bosnie est sucrée, bien en chair; son noyau est plus gros que celui de la prune de France.
On traite la prune de trois façons :
Sécliée au four, c'est le pruuenu; mise en marmelade, c'est lepekmoz; brûlée, c'est la rakia. La rakia meka (pr. metcha) molle, qui est la plus légère, provient de la première cuvée; la rakia Ijoula amère est le produit brûlé deux ou trois fois.
Le marc de [iruno, qui rappelle un peu notre eau-de-vie do quclscho de l'Est, .s'appelle aussi slivovica, terme qui est un germanisme.
Il y a généralement cinq variétés marchandes de prunes sèches, établies d'après le nombre au demi-kilo : les 80/75, 80/83, 93/100, Ho/120, et enfin la mercanlUe-ware, sans nombre déterminé, représentant le restant des tris. On désigne encore, sous le nom d'original, un mélange qui comprend la récolte de l'arbre sans triage, et sous celui d'usflHce, ou « sans nombre », la qualité qui précède la mercantile.
Peu d'agents étrangers viennent directement acheter en Bosnie. L'exportation a lieu par Fiume et Mostar. La foire des prunes se tient en septembre f\ Tuzla. Les deux grands centres d'exportation sont èamac et surtout Brcka (pr. Bertchka), sur la Save.
Des commissionnaires de Budapest, où se trouve le marché principal, viennent traiter les achats pour le compte des maisons de France, d'Angleterre et d'Amérique. Les prix définitifs sont fixés par Vienne.
En résumé, c'est Budapest qui détient le marché et qui réexpédie ensuite sur rAnlriche,rAlleniagne. — l'Allemagne du Nord principalement, — et aussi la Belgique, la Suède, etc.
L'année 1896, qui a été excellente, a produit 330.000 quintaux; rello de 1897, 180.000 quintaux. La qualité étant très bonne et la production inférieure, les prix ont augmenté; aussi les exportations de 1897 ont-elles été estimées à 3 millions de florins, contre i millions en 1896 pour une quantité double.
10. Noix. — L'exportation est, en moyenne, de 7 à 8.000 quintaux, et a lieu principalement sur Pest. Les prix varient entre 21 fr. et 31 fr. 50 le quintal métrique
11. Alcool on Marc de prunes. — Le produit de la distillerie des prunes est, certaines années, l'objet d'une exportation importante vers les pays voisins.
12. Céréales. — Avec une récolte moyenne, l'exportation annuelle des grains de toutes sortes est estimée à près de 30.000 tonnes, pour une valeur d'environ 2.100.000 francs.
13. Tapis. — L'atelier du Gouvernement pour le tissage des tapis, fondé en 1889, à Sarajevo, a pour but — en restaurant le vieil art de la tapisserie bosniaque aux riches dessins, dont on ne retrouve plus de spécimens que dans les ventes, après décès, de musulmans — de tisser des tapis qui plaisent aux gens du pays et surtout de donner un débouché aux laines provenant de la tonte des moutons et une occupation aux doigts inutilisés.
Cet atelier fournit le marché de Vienne et une maison de vente à Berlin. On fabrique encore, dans cet atelier, des copies des modèles persans et indiens.
14. Objets artistiques eu Lois, ivoire et métal. — M. de, Kalhay a créé trois ateliers gouvernementaux : à Sarajevo, à Livno et à Foca (pr. Fotclia), où de jeunes ouvriers musulmans se livrent à des travaux d'incrustation sur métal et sur bois, de ciselure et de repous.sage sur cuivre, de filigrane, etc. C'est ainsi que l'on cherche à faire revivre l'ancien art bosniaque qui a créé tant d'objets de* luxe remarquables.
Une maison de Paris est en relation avec l'atelier de Sarajevo.
Des fabricants de montres de Suisse, Hongrie et de Vienne envoient en Bosnie des boîtiers pour l'ornementation.
A Sarajevo sont exposés et mis en vente, dans les magasins de la Sueeursale du Musée commercial hongrois, des tapis et objets provenant de ces divers ateliers d'industrie artistique, ainsi que certains produits indigènes.
ARTICLES d'importation
La production indigène se développant, certaines importations tendent à diminuer. C'est là le résultat de l'initiative gouvernementale, qui recueille ainsi les fruits de ses efTorts et de son activité à mettre le pays en valeur. La tâche est facilitée par une population intelligente, laborieuse et pacifiée.
Cependant l'accroissement constant de la population et le développement de sa civilisation, faciliteront pendant longtemps encore l'importation de bien des articles.
Les statistiques douanières d'Autriche-Hongrie comprenant, ainsi que nous l'avons dit précédem-
mont, los importations en Bo.snie-Hery/'govine, Il est difficile d'avoir des chiffres. Ajoutons, d'ailleurs, que la plupart de ces mûmes importations proviennent de l'Empire auslro-hongrois.
On ne voit guère de marchandises françaises dans les hazars de la Bosnie-Uerzi-govine, sauf le papier à cigarettes, et encore est-il imilc^ sans vergogne. Tous les articles qui s'y trouvent viennent de l'Autrichc-Hongrie, d'Allemagne, de la Suisse, de l'Italie, de l'Angleterre, de la Hollande, de la Belgique, de la Turquie.
Les grands magasins de nouveautés français qui envoient leurs catalogues font quelques affaires directes, mais parmi les particuliers.
Les articles français dont l'importation est relativement importante sont : l'huile d'olive, les conseTves de sardines de Nantes, les fruits confits et au vinaigre, le vin de Bordeaux, le chocolat Menier, et enfin l'argent guilloché de nos bijoutiers parisiens. Mais beaucoup de produits sont audacicusement démarqués et contrefaits, depuis la chartreuse jusqu'à la moutarde.
1. Animaux rivaiils. — Par suite de l'épizootie, ce commerce a beaucoup souffert depuis deux ans. En temps ordinaire, 2.000 à 2.500 bêtes à cornes sont vendues par la Serbie.
Les meilleurs chevaux de selle et d'attelage sont vendus par la Hongrie.
2. Cuirs nmnuCacliirés et fourrures. — Viennent d'Autriche-Hongrie et d'Allemagne.
y. Vin. — Le pays ne produisant pas assez de vin pour sa consommation, il en vient «le Duhnalie (exempt de droits) et d'Italie (droits : 3 "/o)-
Les vins français sont introduits par Vienne et Pest; mais leur importation est presque nulle en raison des droits presque prohibitifs (200 °/„). Les vins français vendus dans le pays sont très chers et, de plus, falsifiés.
\. Alcool, Li(}ueurs. — Là encore, nos produits, dont la consommation d'ailleurs est très restreinte, sont indignement contrefaits. Environ 2.000 hectolitres d'esprit-de-vin sont annuellement importés d'Aulriche-Hongrie.
.'i. Ilirrc. — Les bières qui dominent sont la Pilsenetla Drelier, et un peu la bière de Bavière.
6. Huile. — Avant l'occupation, la Dalmatie fournissait toute l'huile consommée; l'huile est introduite à présent par Triesle et est de qualité tout à fait inférieure. Fabriquée surtout avec de l'huile de coton purifiée, l'huile d'Italie est introduite sous le nom d'huile d'Aix, ce qui supprimé pres<iue complètement l'introduction des iiuiles françaises.
7. lieurre. — Le bourre importé vient du Tyrol et est consommé seulement par quelques fonctionnaires; — il est mélangé de margarine, paraît-il.
8. Denrées Dlinicnliiires; Clmreulerie. — La charcuterie, consommée en grande quantité, vient de ■Wesiphalic, d'Italie, de Bohème et surtout de Hongrie; ce dernier pays importe aussi des graisses de bœuf, de porc, d'oie, des conserves en boîtes, des légumes secs, des viandes salées et une petite
quantité de viande fritîehe.