NÉS VIVANTS MORT-NÉS
Chez les Musiilinaiis 19.451 3.1
— Orthodoxes 28.735 3i
— Catholiques 14.65i 48
— Spanioles 318 T
— autres personnes i'ii 2
Total des naissances en 1897 63.291 124
Étant donné le nombre des membres de chaque confession, ces chiffres montrent que :
KM'.VNTS VIV.\NTS
Pour 1 .000 Musulmans il y a 35,33 naissances.
— Orthodoxes — 42,17 —
— Catholiques — 42,98 —
— Spanioles — 37,49 —
— autres personnes — 33,98 —
Sur 1.000 naissances d'enfants vivants chez les musulmans, 8 sont illégitimes. La proportion des naissances illégitimes est beaucoup plus élevée chez les orthodoxes et les catholiques : elle est de 260 °/ooo ciiez les premiers, et 177 chez les seconds. Il est curieux de constater que le maximum d'illégitimité se trouve chez les orthodoxes, en dépit de l'horreur qu'inspire à toute famille serbe le libertinage des jeunes filles : exclues de la famille, dès qu'elles ont perdu leur virginité, elles ne prennent plus alors la peine de cacher leur inconduite et s'y livrent avec la dernière impudence. Chez les Spanioles, les naissances illégitimes sont infiniment plus rares : elles ne représentent que 3 °/o„ dans leur confession. Chez les immigrés, le chiffre correspondant est de 9 °/„<,
Le taux de la mortalité générale est de 33,41 %o. Il y a donc excès des naissances sur les décès. Cet excès donne un taux annuel d'accroissement de 6,45 °/„„, et un accroissement absolu de 10.239 habitants.
Voici la répartition des décès suivant les races, en 1897 :
DÉCÈS MORT.\LITÉ "/oo
Chez les Musulmans 17.181 31,5
— Orthodoxes 24.530 36,5
— Catholiques 11.095 33,3
— Spanioles 135 23,6
— autres personnes ICI 26,7
Total 53.042 Mvycnuc 33,41
Quelle est, dans cette mortalité, la part des diver.ses maladies? Il semble actuellement impossible
» Au temps de la domination ottomane, la statistique était, pour ainsi dire, nulle. 11 nous a été impossible de savoir uels étaient alors les taux de natalité, morbidité, mortalité, etc. ;
(Je ii(;ii préciser à ce sujet, les slulisliques de morbidité faisant défaut, si ce n'est au Ij/iidesspital ; tous les cas traités en ce grand établissement sont chaque année l'objet d'un relevé Hystématitjue el daiinotalions très soignées. Pour compléter les renseignements que nous apporte le Jnlirhiwb de cet iiôpilal ' et tâcher de prendre une vue plus générale des maladies, tant en Bosnie qu'en Herzégovine, nous avons interrogé des médecins qui, après avoir donné leurs soins aux paysans des campagnes, exercent aujourd'hui dans les villes *. Ce sont à la fois leurs impressions et les faits consignés dans le Jahrbuch que nous allons résumer ici.
D'une façon générale, les deux pays que nous avons visités ne présentent pas de maladies qui leur soient propres. A l'exceijtion de la lôprc, dont elles offrent un petit nombre de cas, el de» /if'fvrcs pnludvciwfs, répandues en quelques districts de Bosnie et dans le sud-ouest de l'Herzégovine, les maladies qu'on y observe sont aussi celles qui sont communes parmi nous. Les différences n'existent guère (juc dans la fréquence et l'intensité, et encore lendenl-elles & s'atténuer depuis (|ue le Gouvernement austro-hongrois a introduit dans les villes el dans les campagnes le» pratiques d'une intelligente prophylaxie. C'est ainsi que la fièvre typhoïde, autrefois endémique dans les centres urbains des deux provinces el ((ui y exerçait de terribles ravages, a disparu partout où, comme à Sarajevo, des travaux de ca[)tation de sources et de canalisation ont fourni aux habitants une excellente eau potable. Grandement aussi a diminué, sous l'influence de Va vaccination jennérienne , la plus redoutable maladie du pays, la variole, qui jadis atteignait la majeure jwrtie de la ]»ipulali()n. Des affections épidéaiiques elles-mêmes, la dysenterie et, ce fléau des Balkans, lu diphtérie, semblent aujourd'hui conjurées par le progrès de l'hygiène et l'application des mesures préventives. Cette heureuse intervention de la science paraît avoir déjà sensiblement modiflé l'élal sanitaire d'une population si longtemps décinuu! par les infections virulentes.
En jetant un rapide coup d'œil sur les maladies qui l'assiègent encore, nous allons voir qu'un f^iaïul effort est tenté par l'Administration actuelle pour les étudier et, finalement, les combattre.
1. Tuberculose. — La tuberculose est l'une des affections les plus répandues chez les Bosniaques. De toutes ses formes, c'est la forme pulmonaire qu'on observe le plus souvent. Vient ensuite, suivant l'ordre de fréquence, la tuberculose osseuse, particulièrement la coxalgie. A ce sujet, une constatation curieuse a été faite au Laiidesspilal a la suite de la guérison spontanée de la tuberculose osseuse : la fré([uence de déformations persistjmtes des articulations, lesquelles demeurent en étal de contraclioD.
La tuberculose laryngée est extrêmement rare. Sur une centaine de tuberculeux hospitalisés chaque année à Sarajevo, on ne compte, en moyenne, qu'un seul cas de tuberculose du larynx. — Plus rare encore est la forme viscérale, du moins à l'hrtpital, car, dans la clientèle de ville, l'autopsie, qui renseignerait à ce sujet, n'est pas pratiijuée'.
A notre connaissance, il n'existe ni statistiques, ni données approximatives sur la morbidité el la mortalité par tuberculose. Un fait pourtant a frappé les observateurs : c'est que le maximum de mortalité par tuberculose a lieu entre 23 et 3o ans.
• Jtihrbuch Ji's Ilo!<n.-Hcrce(f. Landcsfpitak's iii Snraji'\o, Vcrlag von Josepli Safar, Wien.
^ Nous remercions tout parliculièromcnt de son obligeant concours M. le docteur Kœlsctiet, originaire «le Zurich, et plusieurs praticiens venus d'Autriche, MM. les médecins et cliirurgiens de Ihôpital de Sarajevo. Ces savants ayant bien voulu répondre i'i nos questions, nous avons pris soin, ctiaque soir, de noter les réponses que nous avions reçue» d'eux dans la journée.
' Nous n'avons pu obtenir d'indication précise sur une forme de la tuberculose osseuse, le mal de Polt, ni non plus sur la scrofule, laquelle, d'après ce que nous avons cru observer et ce qui nous a été dit, sertit astei répandue.
104 LA REVLE GÉNÉRALE DES SCIENCES EN BOSN I E-II E l{ ZE(i(J VIN E
On sait encore peu de cliose quant à i'étiologie régionale de la maladie. Cependant on a noté qu'elle est un peu plus répandue chez les musulmans que chez les orthodoxes et les catholiques, et, parmi les musulmans, chez ceux des villes plus que chez ceux des campagnes. On attribue cet excès de morbidité chez les mahométans à la réclusion des femmes; cette réclusion, j)arliculièrement sévère dans les centres urbains, prive le poumon de l'effet bienfaisant d'un air pur et fréquemment renouvelé.
2. Diphtérie. — Sur la diphtérie, les documents sont un peu moins incomplets; toutefois le nombre des victimes de cette maladie, soit dans le passé, soit actuellement, nous est encore inconnu ; on sait seulement qu'elle a notablement diminué, qu'elle sévit surtout sur les enfants, que, sur les cas traités au Laiidesspitiil, 3 °/„ portent sur des adultes, enfin que, dans les cas de diphtérie des voies respiratoires observés en cet établissement, la forme exclusivement pharyngée représente 80 °/„, les formes laryngée et trachéale 20 °/„.
Les statistiques du même hôpital montrent que, sur les sujets atteints de diphtérie, la mortalité était de -42,8 "/„ avant la mise en pratique de la sérothérapie. L'.\dministration austro-hongroise a introduit ce procédé dans le pays, et tout de suite a abaissé la mortalité à 16,6 7o'- Constatant ces bons résultats, elle s'est efforcée d'étendre ù l'ensemble des deux provinces le bienfait des injections curatrices. Après s'être heurtée aux préjugés et à la répugnance des indigènes, surtout des musulmans, elle est parvenue à triompher de leur défiance, et leiu- a fait accepter la vaccination, non seulement pour vaincre le mal déclaré, mais même pour l'empêcher d'éclore. C'est ainsi qu'en 1896 on a pu pratiquer en Bosnie environ 1.100 injections thérapeutiques et 1.300 préventives.
Le sérum est distribué aux médecins par le Landvsspiliil, lequel le tient lui-même, soit de l'Institut du Professeur Paltauf (Vienne), soit du laboratoire de Hôchst, où se prépare, pour l'exportation, le liquide de Behring.
Le diagnostic bactériologique de la maladie n'est guère fait qu'à l'hôpital national, aucun laboratoire approprié n'existant en dehors de la capitale. L'hôpital est pourvu de milieux nutritifs purS pour les cultures et du matériel requis pour colorer les micro-organismes et les observer aux forls grossissements. Les diagnostics qu'il a permis de faire, malgré l'état encore incomplet de son outillage bactériologique', ont révélé la fréquence de l'association du streptocoque au microbe de Lœffler, et ainsi expliqué l'extrême virulence de la diphtérie dans la région.
3. Vaviulc et vaccination Jcnnérionnc. — Quand l'Administration austro-hongroise s'établit en Bosnie-Herzégovine, la variole sévissait cruellement et depuis longtemps sur le territoire entier des deux provinces. Les foyers endémiques disséminés dans tout le pays servaient de point do départ à de très fréquentes éruptions épidémiques, qui exerçaient de terribles ravages, n'épargnaient aucun âge et s'abattaient particulièrement sur les enfants. Actuellement encore, beaucoup de personnes, notamment les vieillards, portent la trace du mal, qui, pendant un temps, semble avoir frappé presque toute la population. Leurs visages ravagés par la terrible maladie, et les fré({uents cas de cécité occasionnés par elle, montrent combien le fléau était autrefois répandu dans la contrée.
Ce fléau avait fini par être considéré comme un mal nécessaire, comme une maladie par laquelle
' Juhrljticli der Lauilof^spilal pour 1894, 1896, poge 141.
' Nous avons indiqué ci-dessus l'imperlccUon des cluve; servant ttu.x cultures et à la fabrication des milieux de culture.
LA SCIENCE EN BOSME-HEHZKGOVINE
los enfiints dcv.iiiril ixisscr; cl l'opinion s'était accrédif(''0 qu'il éUiit propic»! à Ifiur développement normal.
Les autorités ottomanes avaient laissé subsister cet état de choses, sans jamais rien tenter pour lo combattre. Par contre, un procédé qui voulait être préventif, la variolisalioii, noris.s.'iil dan» plusieurH régions : des individus sains, n'ayant pas été ultérieurement atteints de la petite vérole, recevaient \r,\v inoculation du pus pris directement aux |)u.stules d'un malade. Le métier d'inoculateur (•■lail exercé par des liodja (prêtres musulmans), des popos (prôlrcs orthodoxes;, et au.ssi par do siiuph^s paysans.
Si l'on admet que ce procédé peut avoir quelquefois exercé une iiiduence avantageuse sur la nature des épidémies locales en accélérant leur marcli(( et en diminuant par là la mortalité, d'autre part, la variolisation, pratiquée sur une assez grande échelle, a .souvent développé les épidémies en
Tableau IIL — Tableau général des sujets soumis à la vaccination en Bosnie-Herzégovine de i887 & i898.
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NOMBRE DES VAC.Clst.S
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