‹ La Bosnie et l'HerzégovineChapitre 45 sur 132 · DIFFÉRENCE · texte numérisé non relu

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Prési-nces dans l'année scolaire 1897 Accroissement pour l'année 1891-189S

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religions viennent du dehors instruire chaque groupe d'enfants de la foi de leurs pères. Ces fonctionnaires reçoivent, à cet eiïet, outre leur subvention de ministres du culte, un traitement particulier '. Le directeur de lécole n'intervient à aucun tilre dans leur enseignement. Quelle que soit sa foi religieuse, son devoir est de s'abstenir de toute propagande. Le Gouvernement a soin, d'ailleurs, de choisir les directeurs de ses écoles tantôt parmi les Serbes, tantôt parmi les Croates, et c'est ce que certains, parmi les premiers, ne lui pardonnent pas. L'État estime avec raison qu'il serait injuste

' Pour déterminer ce traitement spécial des ministres musulnianiS, orthodoxes d'Orient et catholiques, les écoles sont, suivant les lieux, classées en trois catégories. La rémunération annuelle est de 630 francs dans la première, 420 dans la seconde, 210 dans la troisième.

Les instituteurs Israélites sont rémunérés par semestre et selon l'importance de leur travail.

Les fonctionnaires ecclésiastiques, qui reçoivent déjà comme tels une subvention fixe ou annuelle prise sur le budget du pays, ne touchent plus enlièrcment, pour l'enseignement religieux dans les écoles, le traitement spécial ci-i!essus indiqué. Il ne leur en est alloué qu'une partie, laquelle est déterminée en raison inverse de l'importance de la subvention qu'ils reçoivent en qualité de prêtres.

Enfin, les titulaires de postes de prêtres, placés sous le patronage du Souverain, ont, en raison de la riche dotation de ces postes, le devoir de donner l'enseignement religieux dans les écoles élémentaires générales, sans prétendre à aucune rétribution particulière.

Sous le patronage du Souverain sont placés les prêtres catlioliques de KljuO, Prijcdor, Prnjavor, I{isovac, Zeliuovik, Glavaticevo et ïrebinje.

de réserver luix seuls ortliodoxes la direction d'élabjisscment» d'instruction rréqucnléti par quanlilé de catholiques. Les Croates ne semblent pas, en effet, cntrelenir ù l'égard des école» générales de l'État la répugnance ({ue celles-ci inspirèrent d'abord ii tous les orllioduxes et qu'elles inspirent encore aux fanatiques apôtres do l'autononiie serbe. Beaucoup de catholiques y envoient leurs enfants, et ce fait oblige le (iouvernenient à représenter les Croates aussi bien que les Serbes dans le personnel directeur et le personnel enseignant des écoles qu'il administre. Ceux des urlliudoxcs qui caressent encore le rêve d'une Grande-Serbie voient dans cet acte d'impartialité une atteinte à leur droit national; ils reprochent à l'Élat de vouloir les croaliscr pour arriver plus facilement à les germaniser.

Cependant, à tout prendre, les vieilles haines s'endorment, et les écoles générales voient le nombre de leurs élèves augmenter de jour en jour. Aussi, la première chose qui frappe, qtiand on examine la statistique de ces institutions, c'est à la fois l'ampleur et la rapidité de leur développement. Kn 1883, la Bosnie-Herzégovine n'en comptait que 42 avec 31 instituteurs et 8 institutrices; en 18ÎH>- 1897, ces établissements étaient au nombre de 175 et comprenaient 328 maîtres, dont 261 hommes el 64 femmes.

Cotte progression est en rapport avec celle des élèves, dont le nombre a passé de 3.3M en 1883 à 18.496 en 18!H)-i897 (Tableau IV, page 193), et 20.910 en 1897-1898 (Tableau IV. Le tableau IV montre que, sur 18.i'JU élèves en 1896-1897, 16.311 appartenaient au sexe ma.sculin. Il fait voir aussi ipie :

1° Si les ortliodoxes constituent encore la confession la plus représentée dans les écoles élémentaires de l'État (7.167 en 1896-1897), les catholiques y deviennent aussi très nombreux (6.197); ainsi, élitnt donnés les chiffres de la population serbe et de la population croate en Bosnie-Herzégovine, on constate que les Croates envoient plus volontiers (|ue les Serbes leurs enfants aux étaLlissements de l'État ;

2° La progression du nombre des musulmans aux écoles générales .'^i un fail «le-; plus remarquables; de 426 en 1883, ce nombre est arrivé à 4.213 en 1896-1897;

3° Le nombre des' Israélites s'y est aussi beaucoup accru (192 en 1883; 633 en 1896-1897);

■i" Ou voit eulin (Tableau IV) que diverses autres croyances sont aussi représentées dans ces établissements : 2o4 enfants qui y sont instruits appartiennent à l'église réfonnée (principalement à la confession d'Augsbourg) et à d'autres cultes.

Cette aftluence des élèves dans les écoles primaires de l'État est surtout remanpiable dans le nord et le nord-est de la Bosnie. Sur 20.940 enfants qui les ont fréquentées en 1897-1898, le cercle de Banjaluka en a fouiiii près de 4.000; celui de Donja Tuzla, près de 6.000 (Tableau II). L'accroissement de présence des élèves pendant la dernière année a été telle, en certains districts, qu'il a fallu augmenter dans les écoles le nombre des instituteurs'.

' Cet accroissement du per.Jonnel enseignant s'est effectué sans entraîner aucune réduction Jes trailomcnts, lesqueU, comme on va le voir, ne sont point nicdiocres :

Le directeur de Técole y est loj;6 et toiiclie un traitement annuel de 1.260 francs, au(|ucl peuvent s'ajouter une allocation locale variant de 105 à ;ila francs, une indemnité de logement et une augmentation décennale de SIO francs. Après trente ans de service, son Iruitcuient atteint 1.890 francs, indépendamment de l'allocation locale et de l'indeoinilé de logement.

Le tr.diement dos simples inslituleurs est de 210 francs inférieur à celui du directeur; ils jouissent d'une indemnité de logement, (pii varie de lifi i 318 francs, et, suivant les villes, de la mi''mc allocation supplémentaire que le directeur.

Quant aux niaitres auxiliaires, leurs honoraires annuels sont de 166 francs; ils ont droit à une indemnité de logement variant de 84 à 168 francs, et peuvent aussi recevoir des municipalités un supplément de traitement.

Pour tous, le droit à la ptnsion de retraite commence au bout de 10 ans de service. Après 40 ans de service, la pension est égale au traitement.

192 LA REVUE GÉiNÉRALE DES SCIENCES E.\ BOSNIE-HERZÉGOVINE

§ 5. — Comparaison du mouvement dea élèves dans les trois sortes d'écoles élémentaires

non musulmanes.

Au total, le nombre des enfants inscrits aux écoles primaires non musulmanes était de 8.104 en 1883. Au recensement de 1896-1897, il avait atteint le chifTre de 25.41i, aujourd'hui dépassé (Tableau III).

En 1883, 6.240 garçons et 2.653 filles recevaient, en dehors des écoles niahométanes, l'instruction élémentaire (Tableau IV); en 1896-189", 20.328 garçons et 5.228 filles bénéficiaient du même enseignement. Ce sont donc les garçons qui ont le plus profité du développement des écoles; si le nombre des filles s'y est accru, leur proportion y a diminué; dans les établissemenls que nous venons de

Tableau 111. — Situation générale des écoles élémentaires non musulmanes dans l'année scolaire 1896-1897.

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