‹ La Bosnie et l'HerzégovineChapitre 44 sur 132 · iy · texte numérisé non relu

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conspiration qui, résultat de siècles de tyrannie, semble être devenue endémique dans le monde bosniaque.

Enfin, l'.Vdministration auslro-liongroise tient à exercer sur l'enseignement lui-même un droit de surveillance, et elle a interdit plusieurs ouvrages d'histoire régionale que les Serbes avaient introduits en certaines de leurs écoles dans un but de propagande.

Comme bien on pense, ces mesures ne sont pas populaires parmi les Serbes demeurés irrédentistes.

Mais il semble que ce parti s'affaiblit grandement. Bien que leurs écoles confessionnelles soient, pour les orthodoxes, la sauvegarde de leurs idées et de leurs espérances, beaucoup de Serbes arrivent à s'en détacher. Obéissent-ils ainsi à leurs sentiments intimes, abandonnant peu à peu leur ardeur sectaire, ou bien se laissent-ils entraîner par l'Administration autro-hongroise, désireuse de faire vivre côte à côte, dans des écoles générales, des enfants des diverses nationalités et des divers cultes? Il nous est difficile de le discerner. Le fait matériel, qu'on ne saurait nier, c'est, depuis quelques années, la décroissance rapide du nombre des élèves dans les écoles serbes', et la disparition graduelle de beaucoup de ces écoles.

1 Cette diminution du nombre des élèves s'accomplit, birn que les taxes imposées aux enfants soient extrêmement basses. Le paiement de ces droits scolaires n'est même pas strictement obligatoire. Les communautés se sont toujojrs montrées et se montrait encore très libérales sur ce point; les plus riches ont même aboli les taxes,

§ 4. — Écoles générales.

Le Gouvernement encourage cette évolution; aux communautés dont les fonds deviennent insuffisants, il offre des .subsides, mais alors à lu condition d'intervenir directement dans le choix des maîtres et d'ouvrir largement l'école aussi bien aux Croates, aux « Turcs » et aux Spanioles qu'aux Serbes , les secours qu'il apporte provenant de tous les éléments de lu population. Ses services ne sont pas toujours acceptés. 11 a réussi cependant à transformer 54 écoles élémentaires serbes en écoles municipales '. Dirigées par iKlal, qui en nomme les maîtres, ces écoles sont aussi enlreleiiucs |)iir lui, de soric iiue presque toutes donnent gratuitement l'instruction'. Aujourd'hui, ce sont

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flics qiiij ont le plus <l(lèvos, ot il est nianifeslc quelles sont en plein développement. Dans des (■'dilkes [luiiMiuMil sorbes à l'origine, se pressent, à l'heure actuelle, des enfants de toutes nalionaiiles; tous apprennent le bosiiiaciue et avec l'alphabet lalin el avec l'alphabet cyrillique. Voilà, semble-t-il, un pas considérable fait dans la voie de la fusion et de l'union.

D'autre paît, depuis 1882, le Gouvernement a fondé, dans les villes et les villages, lii j'h'oU's éléinenlaires gratuites bien aménagées (lig. 118), de sorte que le nombre totjil ile-< «'■eolix municipales

' Cette transformation a eu lieu à Itogatica, Visegrad, Vareà, Bilek, Gacko. Xevcsinje, BIsgaj, Glnmoi', Grahovo, Koba(\ Zenica, Gerzovo, Jaiija. Gorazda, B. Brod, Ljesec, Vinska, Novi Grad, Podnovlje, Majevac, Dugo Polje, Diibica, Srebrenica, Bijela, Biikvik. Mackovac, Dvorovi, Crnjeljev, Zabrdo, Kravica, Boijanic, monastère de Tavna, l'uracic, Odzak, Kamengra, Dubocac, Gradci, Ribnik Vrbljani, Kaiiiinci. Vlahovice, Imljani, PturiC, Rudo, Donji L'nai-, Laiiiinci, Velika, KlaJu.sa, Ozrcn, Niksic, Uplicic, KIcpci, Brestovac, Dabro.

• .\ Hijela, à l'odnovlje, à l.ijcscc, à Iiiiljiini cl un tout petit nombre d'autres localités, l'Rlat a cependant dû mettre des taxes scolaires, ù la vcrito peu élevées, à la charge de la population.

s'élève aujourd'hui à llo. Les 121 établissements créés sont soumis au même régime que les 3i écoles transformées. C'est l'État qui les gère.

On donneàces écoles, quelle qu'en soit l'origine, la qualification de générales, parce qu'à l'inverse des écoles confessionnelles, elles sont dirigées par des instituteurs soumis à la neutralité religieuse, et placent sur un pied d'absolue égalité toutes les nationalités et tous les cultes.

Ce n'est pas à dire que l'État entende par là porter atteinte à la foi. Respectueux de toutes les convictions intimes, il a voulu assurer à chaque culte son exercice régulier, et il a fait place, dans ses écoles, à l'éducation religieuse. Confondus dans l'établissement et soumis, tous indistinctement, aux mêmes exercices et aux mêmes études en matière d'enseignement profane, les élèves sont, à certaines heures, répartis, suivant leur confession, en des salles spéciales où des ministres de diverses

Tablkau II. — Fréquentation totale et comparée des Écoles élémentaires générales en 1896- i897

et au début de 1898.

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