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le voiiliiir [iliis nombreux : il a tenu aussi à ce qu'il fût plus instruit. Nous avons été frappé, nolainmciil ;\ Sarajevo, à Donja Tuzla, i\ Moslar, du niveau vraiment élevé du savoir chez un grand nombre de ses inslilutcurs et de ses institutrices, comme aussi de leur capacité pédagogi(iue. Les élèves sortent de leurs mains calculant vite et bien, écrivant couramment en caractères latins et en caractères cyrilli([ues, aptes à r('difj;er une lettre, sachant la géographie de leur pays et un peu colle de l'Europe; ils emportent aussi de l'école, avec une petite vue de l'histoire générale, quelques notions de science.
L'œuvre de l'État semble donc, dans toutes ses parties, aujourd'hui bien assise. Le Uouvernemont
sait que, s'il n'a encore pu vaincre, au sujet de l'enseignement primaire, toutes les résistancos qai, au début, se sont dressées devant lui, sa victoire, du moins, est certaine. Quels que soient les motifs pour lesquels la population envoie de plus en plus ses enfants aux écoles générales, un fait apparaît déjà très nettement: c'est l'avantage que recueillent les élèves, catiioliques ou orthodoxes, de ces établissements d'apprendre à la fois la langue écrite des Croates et celle des Serbes. Deux groupes d'hommes vivant sur la même terre et qui ne pouvaient, malgré cela, échanger entre eux aucune correspondance, vont maintenant se comprendre autrement que par la parole, et, après avoir vécu côte à côte à l'école, arriver peut-être à ne se point détester. Les Bosniaques se rendent-ils compte de ce bienfait? L'apprécient-ils à sa valeur? Nous n'osons l'affirmer. Toujours est-il que, conscients ou non de cette métamorphose, l'appelant ou la redoutant, irrités ou résignés, ils la subissent et, par elle, deviendront, croyons-nous, à la fois meilleurs et plus heureux.