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Histoire
Kn conséquence, M. de Kallay imagina de fonder des établi.ssements où, en même temps qu'y serait continué et développé l'enseignement des écoles élémentaires, les adolescents apprissent les rudiments de la Géométrie (notamment la mesure des surfaces et des volumes), le Dessin linéaire, les opérations d"Arilliinéti(iue employées dans les all'aires, la calligraphie, la tenue des livres, la correspondance, la Géographie, considérée spécialement dans ses rapports avec le commerce, la langue iilleinande, et (luelques notions latérales ou adjuvantes (Tableau V) '.
En 188i, il créa la première institution de cette sorte. C'est à Donja Tuzla qu'il lélablil. Dix-neuf enfants sortant de l'école primaire vinrent s'y inscrire. Leurs études devaient y durer trois ans. Mais, déjà à la fin de la première année de travail, plusieurs familles autour d'eux saisirent les avantages de l'institution, et le nombre des élèves atteignit 27. Il augmenta par la suite : en 1890- 1897, il était de 01.
Le succès de l'École de Commerce de Donja Tuzla détermina l'Administration & fonder en d'autres centres des établissements similaires. En 1885, le Gouvernement en institua à Mostar. Banjaluka ol Briëka; l'année suivante, il en créa quatre autres : à Sarajevo, Livno, Biliac et Bjciina; en 18ÎU. il en installa une à Travnik ; enfin , on 1893, une autre — la dixième — à Trebinje.
Ces écoles sont aujourd'hui au nombre de 9. Certaines sont établies dans le même corps de hàliiniiit {[lie l'école élémentaire générale. Il eu est ainsi, par exemple, à Tuzla et à Mi)slar.
' Nous avons recueilli les éléments de ce tubicau à l'École de Comuierco de Mosl«r.
L'avantage de cette disposition ressort de ce fait que plusieurs maîtres sont communs aux deux sortes d'établissements. Mais le matériel scolaire reste indépendant; dans les écoles de commerce, il comprend principalement des cartes de géographie , des modèles de dessin et un petit musée commercial. Le musée renferme :
1» Des échantillons des produits du pays, accompagnés d'étiquettes qui en indiquent l'origine, le mode d'obtention, l'importance, l'usage et le débouché;
2° Des échantillons des principales matières importées: substances tinctoriales, cotons et soies filés ou lissés, étoffes imprimées, sucre, etc., avec notices sur la source, l'intérêt et la valeur de ces denrées.
Dans ces écoles, nous avons remarqué que, pour enseigner la Géographie, le maître ne se sert pas seulement de cartes murales ; il prend soin aussi de dessiner au tableau noir les régions sur lesquelles il attire l'attention ; on ne saurait trop louer cette méthode, et nous devrions en propager remploi dans nos écoles primaires ou secondaires, car elle offre le grand avantage de mettre sous les yeux des enfants les seuls faits qu'on tient à leur enseigner; ces faits se détachent alors très nettement des détails, parmi lesquels ils se confondent, au contraire, dans les atlas imprimés. De plus, le dessin au tableau noir a le mérite de suivre pas à pas la description orale; à mesure qu"il s'effectue, il s'inscrit sous forme d'une image précise et bien découpée dans la mémoire des élèves. Ceux-ci, du reste, profitent d'autant mieux de la leçon ainsi donnée, qu'ils s'exercent à reproduire dans leurs cahiers les schémas tracés au tableau par l'instituteur.
Le recours au tableau noir est aussi chose excellente pour apprendre aux enfants à calculer vite. Dans les écoles que nous décrivons, le maître appelle les élèves à tour de rôle et leur fait résoudre, la craie en main, devant leurs camarades, les problèmes d'Aritlimélique qui se posent continuellement au cours des transactions commerciales. Ils acquièrent ainsi, beaucoup mieux qu'en paressant sur des « devoirs » écrits, l'habitude d'exécuter rapidement les calculs usuels.
Ces bonnes méthodes sont, croyons-nous, pour beaucoup dans le succès des écoles de commerce. Tous ces établissements sont aujourd'hui florissants. Les enfants y arrivent vers l'âge de douze ans et en sortent trois ans plus tard, sachant alors beaucoup de choses qui leur seront utiles. Le tableau VI résume les variations de leur nombre dans les écoles de commerce depuis l'origine de chacune d'elles. On voit qu'ils y sont actuellement plus de COO. La ville de Sarajevo, qui a pris une grande importance et s'est beaucoup développée depuis l'Occupation, en fournit, à elle seule, 150.
Ces enfants appartiennent à toutes les confessions et, par groupes, reçoivent dans l'école l'instruction religieuse à laquelle ils ont droit. Il y a parmi eux des musulmans, des catholiques, des orthodoxes, des Israélites, et un tout petit nombre de protestants (Tableau VII).
Si, depuis le recensement de 1891-1892, le nombre des musulmans ne s'y est guère élevé (41 en 1892; 47 en 1897), et de même celui des orthodoxes (234 en 1892; 239 en 1897), au contraire, celui des Israélites est passé de 32 en 1892 à 33 en 1897, et l'accroissement des catholiques (Croates) a été très marqué (132 en 1892; 189 en 1897). A l'heure actuelle, plus de 3.000 enfants sont passés par les écoles de commerce, et beaucoup, devenus hommes, appliquent déjà, dans l'exercice de petits métiers, dans le négoce des céréales, du bétail et de divers articles fabriqués, les connaissances qu'ils ont puisées en ces établissements.
Le Directeur d'une école de commerce est payé 3.000 francs par an lors de son entrée en fonctions ; vers la fin de sa carrière, il arrive à un traitement de 4.300 francs. La rétribution des professeurs est, au début de leurs services» de 2.300 francs par an.
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