‹ La Bosnie et l'HerzégovineChapitre 58 sur 132 · Bourses aux élèves · texte numérisé non relu

Bourses aux élèves

Total 2.012.640

Ce chiffre rond de deux niiljions est précisément le double de celui que le Gouvernement du Protec-

lornt Tunisien inscrit actiiellenient au budget annuel de l'instruction publique dans la Régence. A la \( rit('', on ne saurait comparer ces deux dépenses sans faire observer qu'en Tunisie l'enseignement dont l'Etat paie les frais ne peut être donné qu'à une partie restreinte de la population, celle-ci ('"tant presque tout entière musulmane et comprenant un très grand nombre de nomades.

11 n'en demeure pas moinsque les crédits affectés par le Gouvernement austro-hongrois à l'instruction publique en Bosnie-Herzégovine sont considérables. Ils le paraîtront surtout si l'on veut bien remarquer qu'ils sont loin de correspondre à toute la dépense faite en ces provinces pour l'instruction de la jeun(!sse, les Écoles confessionnelles, qui sont nombreuses, restant, comme nous l'avons vu, & la charge des wakouiï, des communautés orthodoxes et des congrégations catiioliques. Parmi les pays nouvellement transformés, la Bosnie-Herzégovine occupe donc, quant à l'importance de l'enseignement, lin rang très élevé.

CONCLUSIOJJS

Si, maintenant, nous cherchons h résumer d'un mot l'évolution qui, en matière d'enseignement, s'est faite depuis l'Occupation dans les deux provinces, voici les faits dominants qu'il faut retenir :

1° Le Gouvernement a laissé vivre les écoles confessionnelles qui pouvaient se passer de ses subsides. Le nombre de ces écoles a diminué;

2° Il a transformé en écoles générales (c'est-à-dire neutres, non confessionnelles), celles des anciennes écoles élémentaires, catholiques ou orthodoxes, qui ont sollicité ou accepté son intervention financière; il leur n imposé sa surveillance, et, pour partie, sa direction ;

3° II a créé un grand nombre d'écoles élémentaires gonôrales, qu'il administre ;

4° Dans les écoles qéncrnlos (résultant d'une transformation ou d'une création), le nombre des élèves de toutes confessions s'est constamment accru; l'enseignement qui leur est donné est très supérieur ù celui que les enfants recevaient, avant l'Occupation, dans les écoles primaires; il respecte tous les cultes; de plus, il tend à opérer un rapprochement, un commencement de fusion entre les représentants des diverses « nationalités » ou religions : il apprend à tous l'usage de l'alphabet latin et do l'alphabet cyrillique ;

.■)° Les Écoles de Commerce, les Écoles techniques entretenues par l'État ont déjà fourni au pays une foule de ])etits commerçants, de contremaîtres, d'artisans, d'artistes et d'ouvrières, qui, dès à présent, eonlrilmcnl largement à la prospérité publique;

()" Le Gouvernement a développé ou créé, en quelques grands centres, divers élablissemenl.s pour rinstriiclion supérieure d'une élite d'indigènes, garçons et filles, et des enfants des familles immigrées ;

7° Dans toutes ses écoles, il a fait une large place à l'enseignement du Dessin, en raison des services, de plus en plus considérables, que cet art rend aux diverses industries et, d'une façon générale, à la rie sociale.

On remarquera, enfin, qu'en présence de la tâche à accomplir pour relever et développer l'instruction publique, le Gouvernement s'est gardé de donner à tous les problèmes une solution univoque : il a fait du socialisme d'État là où il lui a paru nécessaire d'en faire, là oîi rien n'eût pu être fait .sans ce procédé; il s'en est abstenu dans les autres cas ; s'inspirant surtout de l'observation, il a eu soin de

ne pas laisser périr, faute de subsides, les institutions qu'une longue suite de siècles avait fondées ; c'est ainsi qu'il a pratiqué un intelligent opportunisme en accordant des crédits nationaux aux aiédressé et roujdié et en créant l'École juridique du Schériat. Constamment, il a eu soin de ne pas appliquer un système inflexible, une théorie a priori, mais, au contraire, de fonder la théorie de son action sur l'examen des réalités existantes. C'est cette méthode toute scientifique qui lui a permis d'adapter les diverses sortes d'écoles aux besoins variés de la population. Son œuvre, en matière d'enseignement, est assurément l'une des plus remarquables qui aient été accomplies, l'une des plus profitables à étudier.

Louis Olivier.

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