‹ La Bosnie et l'HerzégovineChapitre 86 sur 132 · familles; le groupe C, 88.910; le groupe B · texte numérisé non relu

familles; le groupe C, 88.910; le groupe B

varie du tiers à la moitié suivant la l'oi-lililô du sol. Le bétail appartient au kniet, qui n'en partage pas U'.ti produits avec son propriétaire.

Tant qiK^ lo métayer cultive régulièrement et acquitte la redevance imposée, il ne peut pas être diasso par l'agha. Son droit a môme un caraclère très curieux de porpotiiilc; car, tant que le kmet est représenté par des descendants mâles, mémo mineurs, le contrat de métiiyage ue peut être rompu. La famille du kmet constitue une véritable société civile, dont le chef est le père de famille. Enfants ol petits-enfants forment la xndroïKja. Cette société est toujours représentée vis-à-vis du propriétaire par h' cliof do la famille. Le kmet est libre de quitter son domaine. Ce n'est donc pas un serf

Le métayage a, en Bosnie-Herzégovine, les avantages et les inconvénients maintes fois signalés dans notre pays. D'un côté, le kmet n'est jamais forcé de donner plus qu'une part des récoltes; il est logé; la forêt voisine lui donne ou lui donnait le bois de chaulTage; son bétail, dont il est seul propriolairo, lui assure quelques profits et des recettes en argent. Ce sont là des avantages auxquels il l'an! joindre celui de no pas être exposé à une éviction brutale.

Diiii aiilro o(Mé, lo kmet ne peut faire des avances au sol sans que le propriétaire profile d'une dépense qui augmente sa part de récoltes, à laquelle il n'a pas contribué. C'est lA un inconvénient.

Pour ([ue lagricullure fît quchpios progrès en Bosnie-Herzégovine, il faiulrail évidemment que l'agha participât aux dépou.sos qui auraient pour conséquence un accroissement du produit brut.

Homariiuons, toutefois, que le kmet est seul propriétaire du bétail et qifilest libre de régler à son gré le système de culture, les rotations, etc., etc. Rien ne s'oppo.se donc à ce que les métayers bosniaques

fassent des fourrages et développent la production animale. Les aghas ne pourraient s'y opposer. Nous croyons même qu'ils n'y auraient pas intérêt. L'augmentation du nombre et du poids des animaux permettrait, en effet, d'augmenter les fumures, et les récoltes de grains seraient plus belles.

Les kmets manquant de capitaux, le Gouvernement, dès les premières années de l'Occupation, s'est appliqué à leur faire quelques avances sous forme de prêts destinés à réaliser des améliorations foncières (constructions de bâtiments, irrigations, drainage ou assainissement des terres), ou à se procurer des machines agricoles, telles que des batteuses mécaniques. Ensuite, il a suscité la formation, par une Société privée, de la Banque agricole, qui, renseignée par les agents de l'Administration sur les kmets désireux d'emprunter, choisit avec discernement les métayers susceptibles de bénéficier de prêts d'argent'. En constituant chez eux de véritables champs d'expériences, on arriverait sans nul doute <à rendre plus rapides les progrès agricoles qui résultent de l'heureuse influence de l'exemple donné par quelques-uns.

En plusieurs gros centres agricoles, les principaux cultivateurs ont compris tout l'intérêt qu'il y aurait pour eux à étudier en commun ces importantes questions. L'Administration les aidant, ils ont formé des Associations ou Sociétés d'agriculture, qui s'efforcent de résoudre par l'expérimentation les problèmes pendants, de répandre autour d'elles les nouvelles méthodes, et, en même temps, les semences, le bétail, quelquefois les engrais qui conviennent le mieux à chaque région. La plus florissante de ces Sociétés est celle de l'arrondissement de Prijedor. A Sarajevo, le Gouvernement a suscité la création d'une Association des Apiculteurs, destinée à propager l'élève des abeilles dans une contrée où cette spéculation offrait déjà une sérieuse importance.

Tout ce que nous venons de dire s'applique aussi, bien entendu, aux propriétaires libres. Nous n'ignorons pas que la Direction de l'Agriculture s'est engagée dans cette voie et a fondé chez divers cultivateurs d'élile quelques fermes destinées à servir de modèles ou d'exemples. C'est là certainement une excellente initiative.

Nous ne pouvons manquer de signaler encore, avant de terminer ce chapitre, l'œuvre remarquable qu'a accomplie l'Administration austro- hongroise en créant des Livres fonciers. A l'heure actuelle, les quatre cinquièmes de la Bosnie-Herzégovine ont été arpentés, cadastrés; les limites des propriétés ont été fixées contradictoirement, et chaque domaine, chaque parcelle a un état civil régulier, ■consigné dans des registres spéciaux ou livres fonciers. On inscrit à la fois sur ces registres le nom du ou des propriétaires et celui des kmets qui cultivent le cliamp, et tous les droits réels dont la terre est grevée. C'est un régime analogue à celui dont nous avons doté la Tunisie depuis 1885.

Celle œuvre, accomplie en quelques années, malgré des difficultés de toutes sortes, fait le plus grand honneur à l'Administration du pays^.

D. ZOLLA,

Professeur à l'I-^colo Nationale d'Agriculture de Grignon.

* En outre, rAdrainistration austro-hongroise a créé les caisses de secours d'arrondissement, qui reçoivent d'elle une subvention, et sont, pour le reste, entretenues par la population locale. Les caisses viennent en aide sous forme de prêts aux petits propriétaires ou aux kmets pour l'achat des semences ou du bétail. (Note de la Dibectiox.)

' Nous nous faisons un devoir de remercier tous ceux qui nous ont accueilli en Bosnie-Herzégovine avec sympathie et nous ont fourni les plus précieux renseignements : Son Excellence le baron Rutschera, gouverneur civil, M. le baron Mollinary, préfet de Sarajevo, M.VI. les directeurs des Forêts et de l'Agriculture, M. le professeur Buback, qui a bien voulu nous accompagner dans nos excursions forestières, et M, l'ingénieur en chef Dedy, avec lequel nous avons eu le plaisir de parcourir l'Herzégovine,

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