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LES MINES ET L'EXPLOITATION MINÉRALE

EN BOSNIE-HERZEGOVINE

La Bosnie minière est intéressante, sinon par l'importance, du moins par variété de ses glles : on y trouve tout à la fois du combustible sous forme de lignite, du sel, des minerais de fer, de manganèse, de chrome, de plomb, de zinc, d'antimoine, de cuivre, de mercure, d'argent et d'or. La plupart d'entre eux sont encore mal connus, quelques-uns môme peut-être complètement ignorés, et l'on ne peut se défendre d'un mouvement de surprise quand on songe que ce pays — situé presque au cœur de l'Europe, à vingt heures à peine de chemin de fer de Vienne, à proximité d'exploitations plusieurs fois séculaires, comme celle d'idria — renferme encore des régions vierges oQ l'explorateur, n'a pas abordé, tout comme ces contrées qu'on découvre chaque jour aux confins du monde connu.

Aussi bien, l'histoire fournit-elle l'explication de ce fait si étrange au premier abord : il y a vingt ans seulement que la Bosnie est née à la vie minière; c'est en 1879 qu'a été élaboré le premier programme de recherches générales, en 1880 qu'ont été ou\erts les premiers grands travaux d'exploitation.

Pourtant, il y avait eu déjà antérieurement quelques manifestations de l'activité minière : aux premiers siècles de l'ère chrétienne et au Moyen-Age, aux deux grandes époques de la prospérité bosniaque, l'industrie extractive avait pris un certain essor : on retrouve, aux affleurements de plusieurs gisements de fer, de grandes fosses, aujourd'hui cachées sous la végétation, indices d'une exploitation aclive; et les immenses haldes do blocs, cailloux et sables roulés, qui s'étagent le long des vallées ouvertes dans le massif des schistes anciens, sont le témoignage de gigantesques laveries d'or.

Mais toute cotte activité avait disparu peu à peu aux siècles de la domination turque, et, en 1878, au moment où l'Autriche occupa la Bosnie et lllorzégovine, la production minière se rt^duisait à quelques tonnes de minerai de fer et à quelques milliers de quintaux de sel. Il n'en pouvait, d'ailleurs, être autrement dans un pays montagneux, couvert en grande partie de forêts, dépou^^•u de moyens de communication, et où, par surcroît, la sécurité n'était pas chose très commune.

Dès le début de l'Occupation, l'exploitation des mines reçut une nouvelle impulsion : le Gouvernemont, persuadé que les richesses minérales de ce pays devaient être l'une des principales sources de

son développement futur, s'attacha à hâter la mise en valeur des gisements en les faisant explorer par des missions spéciales: D" Mojsisovics, Tietze et Bittner, en 1879; D' Bruno Walter, en 1886; D' Katzer en 1898, etc. En même temps, la construction de voies ferrées et de routes, en vue de relier les principales villes, se trouvait être d'un précieux secours aux mines naissantes en leur permettant d'écouler leurs produits à des prix rémunérateurs. C'est ainsi que, au cours de ces vingt dernières années, l'industrie minière bosniaque a fait plus de progrès que dans les trois derniers siècles. Les chiffres du tableau I ci-dessous, empruntés à diverses statistiques, permettent de se rendre compte de ses développements successifs.

Je décrirai brièvement les divers gisements exploités (fig. 213). Je dirai un mot des recherches

Tableau I. — Développement de l'industrie minière bosniaque de 1883 à 1897.

pa o d u c t i o n EN TONNES

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