‹ La botanique de la bibleChapitre 59 sur 76 · LE FIEL · texte numérisé non relu

LE FIEL

général le mot rosh s’applique dans l’Ancien Testament à un produit végétal ; cependant dans deux passages il désigne évidemment un poison animal:

« Leur vin est un venin de dragon et un poison mortel d'aspic.» (Deut. xxxii, 33).

« Ne sais-tu pas que de tout temps, depuis que l'homme fut placé sur la terre, la joie des impies est de courte durée et le bonheur des profanes momentané?..... Il suce le venin de l’aspic et la langue de la vipère le tue. » (Job, xx, 4, 16. )

Mais dans plusieurs autres passages ce mot est appliqué à une plante vénéneuse :

« Le jugement germera comme le fiel sur les sillons des champs. » (Osée, x, 4.)

« Leur vigne est du plant de Sodome et du terroir de Gomorrhe, leurs grappes sont des grappes de fiel. » (Deut. xxxii, 32.)

« Prenez garde qu’il n’y ait entre vous quel-

que racine produisant du fiel et de l’amertume. » (Deut. xxix, 18.)

« Assemblez-vous et entrons dans les villes fortes et périssons-y ; car l’Eternel notre Dieu veut notre perte et il nous abreuvera d'eau de fiel. » Jér. viii, 14.

« Voici je vais donner à ce peuple à manger de l’absinthe et à boire de l’eau de fiel. » Jér. ix, 15.

On a suggéré le pavot, la ciguë, la jusquiame, la belladone, la centaurée, l’ivraie, etc., comme la plante en question, mais il est probable que le mot rosh ne désignait pas une plante en particulier; son application tantôt a des animaux, tantôt à des plantes, donne lieu de croire qu’il désignait simplement une substance venimeuse quelconque et qu'il fut ensuite appliqué aux animaux et aux végétaux qui produisent des poisons.

Le Septuagint traduit rosh par a^poanç dans les passages où il s’agit de végétaux, mais dans Ps. lxix, 21 : « Ils me donnèrent du fiel 'rosh) à manger, » la version alexandrine porte y.o'kh mot que nous retrouvons dans le Nouveau-Testament dans le récit de la crucifixion : « Ils lui donnèrent à boire un mélange de vinaigre et. de fiel, » — oÇoc \xz-x yo\ric. ( Math, xxvii,

Le mot grec yo\ ^ signifie sans équivoque le fiel des animaux, c’est-à-dire la bile qui a séjourné dans la vésicule biliaire, petit réservoir placé sur le canal biliaire entre le foie et l’intestin grêle. Le Septuagint l'emploie pour traduire un autre mot hébreu qui n’a aucun rapport avec rosh. Voir : Job. xx, 25 et ailleurs.

Cependant le mot yoXr,, comme notre mot fiel, peut se prendre au figuré et désigner des substances qui ressemblent au fiel par leur amertume. C’est sans doute ainsi qu’il faut l’entendre dans le récit de la crucifixion. Son emploi pour traduire rosh, dans Ps. lxix, 21, n’est qu’une preuve de plus qu’il faut donner à ce mot un sens extrêmement vague.

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