‹ La botte de paille [microforme]Chapitre 5 sur 5 · CRAVATE TEINTE DE SANG · texte numérisé non relu

CRAVATE TEINTE DE SANG

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‘Georges X...., enfant d'une bonne famille, faisait ses classes dans un établissement ecclésiastique du diocèse de Rouen. # Tlétait bien doué sous tous les rapports : il était laborieux, intelligent, le premier de sa ciasse ; ii avait un beau phÿsique, une constitution vigou-

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reuse et beaucoup d'adresse Le di dans les exercices gymnas- dit:

tiques, ajoutant'à tout cela une —J innocence et une modestie an. de voi géliques. . J résolu

Il fitsa première communion, que ve lorsqu'il était élève de cin- ; de vot quième, Le lenderhain de ce Lai jour, il alla, selon ce qui était s'expli " prescrit, montrer à son direo- elle 0 teur son cahier de résolutions, finit p: D n'y en avait qu'une, sinsi son in conque: ‘“ Je prends la résolu- Qui “ tion de continuer à porter ma diseip ‘cravate blanche du jour de sa Cr& ‘ ma première communion, jus- à Jin “qu'au jour où il m'arrivera frappa

‘’decommettreun péchégrave.”

Le directeur, tout étonné, Ani dit: | —Je ne prends pas sur moi de vous autoriser à tenir un® résolution aussi étrange; il fart que vous ayez le consentement de votre mère.

Ua mère étent venue, l'enfant s’expliqua tantet si bien devant elle .et son. irecteur, que l'en finit par le laisser libre de suivre son inspiration.

Quinze jours après, un Ccondisciple se permit de lui tirer sa cravate blanche; cela valnt à l'impertinent une. réponse frappante. Il y -ent encore

d’autres assauts ; mais ils furent

Condisciple s’y prit par la dot.

ceur :

quoi portes-tu toujours cette cravate? Ne crains-tu pas que l'on dise que tu es bien sing !lier et quélque chose, pout-être, de plus fâcheux ?

Georges lui confia son secret, * Jui recommandant de n’en rien dire à personne; mais le lendemain tout le collège connut le mystère ; et, à partir de ce moment, On passa C8 tracasseries au respect.

De son cêts Georges ne # Contenta pas de ce souvenir do

sans succès, Enfin, un autro

—Mon ami, lui ditil, pour.

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50 ES sa première communion pour se maintenir dans la vertu; il avait soin de s'approcher de la sainte Table tous les dimanches.

Les vacances étant venues, | il parut chez ses parents avec sa cravate blanche, la garda tout le temps, la rapporta au collège à la rentrée et ne cessa dela porter jusqu'en son année de philosophie inclusivement.

It finit ses classes et fut reçu bachelier en 1870; il avait alors dix-huitans. Lorsque la guerre eut éclaté, il demanda à son père la permission d'aller rejoindre les zouaves pontificaux du général de Charette. Il avait été

un modèle au collège; il le fut aussi sous les armes, : Il com.

muniait: tous les difnanches et les fêtes, ce qui ne l’'émpéchait pas d'être le soldats le plus gai de son bataillon, Ba janvier, auprès de là ville du Mans, il s'agit un. jour de reprendre un mamelon aux Prassiens, 500 zouaves furent chargés de cette affaire: 200 y Périrent, et 300 parvinrent à s'établir sur le mamelon, Georges était du nombre des vainqueurs ; mais voilà que tout à coup une dernière balle vint l'atteindre, et le blessa mortel.

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Quelques moments après, un aumônier passa auprès du bles sé et lui offrit son ministère.

Merci, monsieur l’aumônier, répondit Georges ; je mo suis confessé et j'ai communié il y a deux ou trois jours ; pour Je moment, je n'ai rien qui me pèse sur la conscience ; veuillez ‘m'étendre seulement sur un peu de paille ; et m'apporter ensuite la sainte communion. J'ai aussi un service à vous demander:

allez à mon sac, qui porte tel aaméro ; vous y trouverez une cravate blanche, un ruban blanc

ot un chapelet blanc; ce sont

mes souvenirs de première

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Communion; veuillez me les apporter.

Quand l’aumônier fut revenu, Georges lui dit:

—Mettez-moi cette cravate autour du cou. |

Puis, après avoir reçu le saint Viatique, il ajouta :

— Lorsque je serai mort, vous m'enlèverez cette cravate et vous l’enverrez à ma mère, en lui écrivant de ma part que cétle cravate de ma première Communion n'a jamais : reçu

d'autres taches que celles de mon Sang, versé pour notre Pauvre pa.

trie / F+ dashénrs L'abbé Julien Lorx.

} Mme les

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