SUR LA NEPIIELOCOCUGIE DE PIERRE LE LOYER
Loyer, ta docte Muse n'erre.
De bastir une ville en l'air Où les Cocuz puissent voiler :
Pour eux trop petite est la terre.
SONNET
Vous estes déjà vieille, et je le suis aussi : Joignon nostre vieillesse, et l'accollon ensemble, Et faison, d'un liyver qui de froidure tremble, (Autant que nous pourrons) un printemps adouci.
Un homme n'est point vieil s'il ne le croit ainsi ; Vieillard n'est qui ne veut ; qui ne veut, il assemble Une nouvelle trame à sa vieille, et ressemble Un serpent rajeuni^ quand l'an retourne ici.
Ostez moy de ce fard l'impudente encrousture ; On ne sçauroit tromper la loy de la nature, Ny dérider un front condamné du miroir.
Ni durcir un tetin desja pendant et flasque :
Le Temps, de vostre face arrachera le masque.
Et deviendray un C3^gne en lieu d'un Corbeau noir.
SONNET
Que je serois marrs'- si tu m'avois donné Le loyer qu'un Amant demande à sa Maistresse ! Alors que tout mon sang bouillonnoit de ieunesse. Tous mes désirs estoient de me veoir guerdonné. [^]
DE PIERRE DE RONSARD Sq
Maintenant que mon poil est du tout grisonné, J'abhorre, en y pensant, moymesme et ma fadesse, Qui servis si long temps pour un bien qui se laisse Pourrir, en un sepulchre aux vers abandonné.
Enchanté, je servis une vieille carcasse, Un squelete seiche, une impudente face, Une qui n'a plaisir qu'en amoureux transi.
Bonne la loy de Cypre, où la fille, au rivage, (Embrassant un chacun) gaignoit son mariage, Sans laisser tant languir un amant en souci !