POUR METTRE AU DESSOUBZ DES STATUES
Sonnet sur ce subject.
Q^n Litre Rois ont rcgné...
Nous suivons l'ordre des mss. Mais, régulièrement, ce sonnet devrait se trouver à la suite des deux derniers : Q,iiand ce beau Manger on... — Sire comme Onelns . . . Il fut écrit après la mort de Saint-Mesgrin, assassiné le 21 juillet 1578. -'■' Saint- Mesgrin, dit l'Estoille, jeune gentilhomme bourdelois, beau, riche et de bonne part, l'un des mignons fraisés et frizés du Roy, sortant à onze heures du soir du chasteau du Louvre, où le Roy estoit, en la mesme rue du Louvre, vers la rue Saint-IIonoré, est chargé de coups de pistole, d'espée et de coustelas, par vingt ou trente hommes incongneus, qui le laissèrent sur le pavé pour mort. Comme aussi mourust-il, le jour ensuivant, et fut merveilles encores comme il peust tant vivre, estant attaint de trente-quatre ou trente-cinq coups mortels. Le Roy fist porter son corps mort au logis de Boisi, près la Bastille Saint-Antoine, où estoit mort Quelus, son compagnon, et enterrer à Saint-Pol, avec semblable pompe et solennité qu'avoient esté auparavant inhumés en ladite église Quelus et Maugiron, ses compagnons de mignetise envers le Roy.
— De ce meurtre et assassinat n'en fut faite autre instance et poursuitte, tout mignon et favori du Roy qu'il estoit : Sa Majesté estant bien advertie que le duc de Guise l'avoit fait faire, pour le bruit qu'avoit
ce mignon d'entretenir sa femme, et que celui qui avoit fait le coup portoit la barbe et la contenance du duc de Maïenne, son frère.
— Les nouvelles venues de Gascongne au R03' de Navarre, on dit qu'il dit ces mots : ■'•' je sçai bon gré au duc de Guise, mon cousin, de n'avoir peu souffrir qu'un mignon de couchette, comme Saint-Mesgrin, le fist coqu. C'est ainsi qu'il faudroit accoustrer tous ces autres petits gallans de la Cour, et qui se meslent d'approcher les princesses pour les mugueter et leur faire l'amour. — On dit de Saint- Maigrin, qu'en mourant il donna son ame à Dieu, son corps à la terre et son cul à tous les diables. //
On sait que tous les poètes de cour élevèrent des tombeaux poétiques à la mémoire des Mignons. L'Estoille reproduit les XXIV Sonnets Courtisans, qu'Amadis Jamyn présenta au Roi, le 10 août 1578.
« Le quart mignon restant », dont il s'agit au vers 12, est sans doute Livarot.
DE LA BRISSAC CONTREFAITE
Brissac aime tant . . .
Cf. L'Estoille. « Nopces de Saint-Luc avec la Brissac. Le dimanche gras 9'' février 1578, Monsieur, frère du Roy, accompagné de la Roine, sa mère, et de la Roine de Navarre, sa sœur, s'en alla des le matin proumener au bois de Vincennes et à Saint-Maur-des-Fossés, tout exprès, affin de n'assister aux nopces qui ce jour furent faites au Louvre, en grande pompe, de Saint-Luc et de la damoiselle
de Brissac, par la volonté et exprès commandement du Roy, qui s'y trouva et y dansa en grande allégresse. La mariée estoit laide, bossue et contrefaite, et encores pis, selon le bruit de la Cour' quelque artifice qu'elle emploiast pour sembler et paroistre autre. Et si n'avoit l'esprit gueres plus beau (à ce qu'on disoit) que le corps ; dont fust semé à la Cour le suivant quatrain... >/
Blanchemain a reproduit cette épigramme dans le tome VIII des Œuvres Complètes de Ronsard.