‹ La bouquinade et autres gaillardises. Textes conformes aux éditions originales, ou collationnés sur les manuscrits de la Bibliothèque nationale; avec une notice, une bibliographie de chaque pièce, des variantes, des remarques et un glossaireChapitre 44 sur 50 · EN FEBVRIER · texte numérisé non relu

EN FEBVRIER

Lors que Quelus chargea Bussi en la rue S* Honoré

Quel as n' entend pas . . .

Cf. L'Estoille, février 1^78. Querelle de jSIignons. — >-< Le samedi premier febvrier, le jeune seingneur de Quelus, accompagné des jeunes seingneurs de Saint-Luc, Do, Darques et Saint-Mesgrin, tous jeunes mignons chéris et favorisez du Roy, près la porte Saint-Honoré, hors la ville, tira l'espée et chargea Bussy d'Amboise, le grand mignon de Monsieur, qui, monté sur une jument bragarde de Tescurie du Roy, revenoit de donner quarriere à quelque cheval, au corridor des Tuilleries, et fut la fortune tant propice aux uns et aux autres, que de plusieurs coups d'espée tirés, pas un ne porta, fors sur un gentilhomme qui accompagnoit Bussy, lequel fust fort blessé et en danger de mort.

De ces tant légères et fréquentes querelles, le peuple ne s'en esmouvoit plus, ains servoient seulement de subject de risée et gausserie aux bons compagnons, qui en firent le suivant quatrain, qui courust incontinent partout. . .

Geste charge, cependant, faite par Quelus et ses compagnons sur Bussy, qui n'estoit accompagné que d'un gentilhomme fen quoi il montra du cœur et de la resolution beaucoup à se dcffench'e), sembla à Monsieur, frère du Roy, faite par extraordinaire supercherie, et comme de gaité de cœur, venant de

plus hault, soubs umbre que tous les mignons sçavoient bien que le Roy n'aimoit pas Bussy, et que sans la grande faveur qu'ouvertement Monsieur lui portoit, il eust despieça esté en mauvais parti, et aussi pource que Bussy, qui estoit brave soldat et haut à la main, se moquoit ordinairement de ces mignons de couchette, et en faisoit fort peu de compte. Ce qui fut la cause de la querelle, sans autre occasion au moins qui ait esté apparente et descouverte. >/ Voir aussi, sur ces querelles, L'Estoille, 2"' avril 1578; et, surQuélus, Confession de SancY, Chap. VII, éd. Lemerre, t. II des Œuvres de d'Aubigné, 283.

Même remarque, touchant Blanchemain, que pour la pièce précédente.

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