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LA MON NO YE

Le vin de Bourgogne.

Chère feuillette bourguignonne Qui loges dans ton sein la vermeille santé, Les plaisirs innocents, la douce liberté, Et <j ne d'amours badins une troupe environne

Je veux te consacrer ces vers, (l'est toi qui d'un muet peux faire un Démosthène, Qui peux à l'Idiot, sans étude et sans peine, Donner en un instant mille talens divers.

On voit des soins la noire engeance Disparaître à l'aspect de ton jus enchanteur, Et le pauvre que presse un rude collecteur Perdre le souvenir de sa triste indigence.

En vain la table offre des mets D'un superbe appareil, d'une saveur exquise, Si tu n'es du festin, le bon goût les méprise Et ne compte pour rien leurs somptueux apprêts.

Jusqu'aux Cieux la Champagne élève

De son vin pétillant la riante liqueur.

On sait qu'il brille aux yeux, qu'il chatouille le cœur.

Qu'il pique l'odorat d'une agréable sève.

Mais craignons un poison couvert.

L'aspic est sous les fleurs. Que seulement par grâce, Quand Beaune aura prime. Rheims occupant la place. Vienne légèrement amuser le dessert.

Poésie* nouvelles.

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Visite a l'Hôtel-Dieu de Beaune

Au bout de la ville, sur une rue plus large ([Lie les autres, blanche de soleil et de poussière, un bâtiment s'aligne : celui que nous sommes venus chercher, l'Hotel-Dieu. On voit de la rue l'un des côtés longs d'un parallélogramme de pierre grise, sous la pente d'un toit très haut, plus haut que la muraille, coiffant l'édiiice de son grand pli aigu. Au-dessus, un court clocher pointe, ajouré à sa base, côtelé, enfermant des cloches qui forment carillon ; sur ses pans ardoisés, le soleil jette des nappes d'argent en fusion et fait ruisseler la lumière en aveuglantes coulées. Le coq du clocher, avec la courbure de son plumage, inscrit au bleu du ciel une virgule d'or.

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