‹ La BourgogneChapitre 53 sur 81 · LUCIEN PA TE · texte numérisé non relu

LUCIEN PA TE

Vins de la Côte.

Oh ! qui dira la Côte et les grands crus sacrés,

Dont la Grèce aurait bu, mais qu'elle eût adorés"?

Châmbertin, Riehebourg, ces têtes de cuvées :

Les combes, du soleil incessamment couvées :

Orveaux, qui se soulève et s'accoude auxrochers,

Et Chambolle, en avril tout rose de pêchers :

Corton, qui tend sa coupe irisée, où sommeille

La puissance du feu dans la liqueur vermeille;

Yolnay, riche en parfums ; Pommard, comme un beau soir,

Empourprant les sentiers de la vigne au pressoir:

Montrachet, dont la grappe a la couleur de l'ambre

Et luit comme un joyau sur le front de septembre.

Mais celui qu'entre tous elle eût nommé divin,

C'est toi. vieux Glos-Vougeot, orgueil du sol, ô vin !

Elle t'eût consacré des autels dans ses combes :

Elle les eût rougis du sang1 des hécatombes :

Et la petite source, humble comme un lavoir.

Qui te donne son nom et te sert de miroir.

La Nymphe au front chargé de raisin noir, la Vouge,

Dont le Ilot sort si clair de ta colline rou2e.

Page 1