ANTHOLOGIE. AUTUN
superbe, mais ce devait être une féerie lorsqu'en place de ces modernes bicoques brunes el grises, si mornes au regard, elle pré sentail l'éclatante blancheur uYs marbres de ses temples, les colon-
Plioto Neurdeia.
Autun. — Les ruines du Temple de Janus.
nades lumineuses de ses thermes, de ses palais el de ses portes, et les gaies couleurs de ses villas antiques.
De tous ces points de vue cependant, le plus remarquable, et celui qu'il faut avant tout autre recommander aux curieux, est celui qu on a de la plaine en se plaçant hors de la grande voie qui mène à l'hôtel de \ille. De là le double passé de la ville se résume avec une éloquente concision par deux monuments qui se font face, l'un mutilé, solitaire et comme à jamais vaincu, l'autre entier, robuste, triomphant encore au sein de la vie. Devant vous, au faite de la colline.
se dresse la .masse vigoureuse de la cathédrale de Saint-Lazare, presque aussi distincte que si l'on était à ses pieds ; par derrière vous se présente le carié étroit et haut du temple de Janus. Ainsi le spectateur embrasse d'un seul regard l'histoire entière d'Autun : le temple
Photo Ncurdein
Autan. — La cathédrale Saint-Lazare.
de Janus, voilà l'ancienne vie païenne, si. luxueuse et si prospère; Saint-Lazare, voici la seconde existence d'Autun, la vie non de réparation, mais de consolation, qui remplaça cette prospérité détruite avec un acharnement cruel par tous les barbares du monde, depuis les paysans bagaudes jusqu'aux pirates normands. Un tel contraste non seulement plaît au regard, mais fait penser. Que ce temple de Janus est petit et paraît mesquin en regard de l'immense cathé-