‹ La BourgogneChapitre 62 sur 81 · A DE LAMARTINE · texte numérisé non relu

A DE LAMARTINE

Màcon.

Sur les bords de la Saône, en remontant son cours, à quelques lieues de Lyon, s'élève entre des villages et des prairies, au penchant d un coteau à peine renflé au-dessus des plaines, la ville petite mais gracieuse de Mâcon. Deux clochers gothiques, décapités par la Révolution el minés par le temps, attirent l'œil et la pensée du

voyageur -qui descend vers la Provence ou vers l'Italie, sur les bateaux à vapeur dont la rivière est tout le jour sillonnée. Audessous de ces ruines de la cathédrale antique s'étendent, sur une longueur d'une demi-lieue, de longues Blés de maisons blanches et des quais où l'on débarque et où l'on embarque les marchandises du midi de la Fiance et les produits des vignobles maçonnais. Le haut

Photo Neurdein.

Maçon. — Hôtel de l'Académie, ancien hôtel Sennecé.

de la ville, que Ion n'aperçoit pas de la rivière, est abandonné au silence et au repos. On dirait d'une ville espagnole. L'herbe y croît l'été entre les pavés. Les hautes murailles des anciens couvents en assombrissent les rues étroites. Un collège, un hôpital, des églises, les unes restaurées, les autres délabrées et servant de magasins aux tonneliers du pays: une grande place plantée de tilleuls à ses deux extrémités où les enfants jouent, où les vieillards s'assoient au soleil dans les beaux jours ; de longs faubourgs à maisons basses qui montent en serpentant jusqu'au sommet de la colline, à l'embouchure des grandes routes; quelques jolies maisons dont une face regarde la ville, tandis que l'autre est déjà plongée dans la cani-

Page 1