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ANTHOLOGIE. ARNAY-LE-DUC, LE SAINÏ-GOTHARD FRANÇAIS

du vieux château, et suffisent, à eux seuls, pour justifier l'appellation seigneuriale, la Duché. Le château lui-même, bâti, dit-on, par les ducs de Bourgogne, retentil constamment, derrière ses murailles hautes, doses et discrètes, d'un grand bruil de fer : hélas! c'est maintenant une clouterie. Le bourg a groupé autour de l'antique église, refaite au \vie siècle, ses vieilles maisons monacales, aux judas grillés, ses rues étroites, ses places triangulaires ou de guin-

Arnay. — La grand route de Paris au XVIIIe siècle

Bibliothèque nationale.

gois, les longs murs blancs où grimpe, par-dessus la tuile, la verdure discrète des jardins, la ceinture du tour de ville où, le soir, se perdent les amoureux, et enfin, le long des chemins, le semis des maisons rustiques et pauvres qui vont, peu à peu, se dispersant en faubourgs, s'égrenant et se perdant dans la campagne solitaire. Le pays tout autour se sent encore du Morvan. La campagne est verte, coupée de haies, avec de grands arbres qui marquent l'échiquier serré de la propriété morcelée

Le lendemain je partis à la recherche de mon Sainl-Gothard.

Enfin j'y suis : je viens de quitter les eaux qui vont vers la Loire et qui s'écoulent à Nantes. Voici, maintenant, celles qui vont vers la

Seine, les « * ; i n x qui passent à Paris. Au fond d'une cuve naturelle, dans la prairie humide el triste, une touffe d'herbes vertes, un tuyau de dix mètres el un petil réservoir de quatre mètres carrés : c'est la source de l'Armançon, qui recueille les eaux de tous les plateaux environnants et du cirque que je viens «le franchir. Nous sommes bien dans une cuve, mais cette cuve a, elle-même, de tous côtés différents. son écoulement. Car c'est ici que le parti se dessine et que les eaux. qui paraissent mornes et stagnantes, commencent sourdement la séparation et le voyage qui mènera les unes à la .Méditerranée, les autres à la Manche, les autres à l'Océan... Il est modeste, mon Saint- Gothard. A lever la jambe on le tient sous le pied.

A quelques kilomètres d'Arnay, on rencontre de nouveau les grands réservoirs qui sont généralement situés sur le contour de la cuve : c'est l'étang de la Ganche, qui se perd dans une ceinture de marécages couverte de nénuphars et qui forme une masse d'eau de plus de soixante hectares : c'est l'étang de Rouheys et l'étang du Bois des Rupts ; de là les eaux s'écoulenl dans Imites les directions, et les réservoirs eux-mêmes sont alimentés par les infiltrations des hauteurs environnantes. On monte peu à peu les -radins du cirque par An tigny-la- Ville, Ghampignolles, Jours-en-Yaux On longe la forêt de Saussav et l'on déhouche sur Cussy-la-Colonne.

Ici encore, la grande figure de Rome se dresse tout à coup. Sur le territoire du petit village ignoré, au creux d'un étroit vallon, dans un champ nommé Précheraine, auprès d'une source suintant imperceptiblemenl parmi les pierres, se dresse isolée, élégante et fine, parmi la nature rustique, une colonne du galbe le plus pui . couronné par un chapiteau corinthien.

Entourée d'une margelle de pierre, émergeant d'une frondaison robuste, elle est élevée sur un piédestal triangulaire ; un tambour octogonal la soutient. Là sont sculptées en relief les figures des grands dieux protecteurs de Rome et. en outre, un captif et une femme. Le fût s'élance au-dessus; sa hauteur est de dix mètres environ. La partie inférieure est palmée, la partie supérieure est polie. Le chapiteau actuel a été refait d'après l'ancien lors d'une restauration sous Charles X. Parmi les feuilles d'acanthe, sont sculptés

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