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ANTHOLOGIE. ARNAY-LE-DUC, LE SAINT-GOTHARD FRANÇAIS

les visages et les attributs des divinités de l'Olympe : Jupiter el l'aigle, Mercure el le caducée, Apollon el la lyre, Junon el le paon.

En quittant Gussy, un dernier effort nous porte au gradin le plus élevé de l'immense ceinture donl nous venons de parcourir le diamètre. La région a pris ton t à coup un aspecl grave, austère, presque pénible. Le plateau qui sépare les deux versants, celui de l'Océan, à l'ouest de la Loire, et celui de la Méditerranée, à l'est, par le Rhône, n'est qu'un désert aride et nu. Ce sont les grands chaumes où l'herbe pousse à peine. De vastes étendues sans un arbre, sans une maison, sans un champ cultivé ; au loin, la silhouette d'un berger veillant sur son mince troupeau. Lentement, sous le soleil implacable et par la route rôtie et sèche, nous gagnons le sommet. Une auberge en ruine se nomme Bel-Air.

De là, tout à coup, un panorama magnifique s'ouvre devant nous, et c'est le spectacle de l'abondance, de la richesse, de la fécondité. La brusque rupture des falaises de Saint-Romain laisse la vue tomber à pic sur la vallée, et c'est la vallée «le la Saône, au point où elle est . peut-être, le plus riche et le plus belle, — où elle est une des plus belles et «les plus riches vallées du momie.

Autour, vers le nord, c'esl .Nuits, c'est Beaune ; à mes pi«'ds. c'est Pommard, c'est Volnay, c'est Meursault: en face, c'est Nolay et Chagny et Chalon-sur-Saône; un peu au sud. à droite, c'est la région des mines, le Creusot et Monceau-les-Mines. Au-dessus de la vallée vêtue de brume ensoleillée, au dessus des lignes populeuses que font les moissons, les herbages, les haies, les villages, les villes, les usines, au-dessus des coteaux vêtus du manteau des vignes, au-des encore, une ligne blanche, c'est le Jura, et au delà, bien au delà, une imperceptible ligne bleue quelque chose d'indiqué à peine ou plutôt dessiné, ce sont les Alpes, les Alpes «les Helvètes battus là par César, et c'est leur chemin même que l'œil parcourt, il ici. sans obstacle.

Quelle entrée superbe, quelle descente allègre et joyeuse ;i la Côted'Or, par la route qui dévale des grands chaumes et qui se précipite sur Nolay ! Le cheval trotte et lait sonner ses grelots-, la voit m e mule vers la bonne terre qui s'ouvre en bas. On dirail que le ciel veut se

mettre de h, partie : une courte averse nous avait surpris après l'arrêt de Bel-Air ; niais le soleil sort du nuage et un arc-en-ciel se déploie sur l'immense vallée. Elle resplendit dans le contraste de la lumière el de l'ombre, el l'on dirait un monde féerique, je ne sais quel coin des Mille et une Nuits dans lequel, parla route triomphale, nous allons pénétrer.

C'est, tout simplement, la bonne et savoureuse Bourgogne. L'énergie française. Ernest Flammarion, édit.

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Aspect actuel du château de Bussy Rabutin.

Le corps de logis principal est un bâtiment à un seul étage, h\<t mansardes de pur style Louis XIV. C'est le comte de Bussy qui l'a édifié en 1649. Des colonnes et des pilastres décorent la façade. Les niches, ménagées dans les murailles, attendent des bustes et des statues tjui ont disparu ou qui, peut-être, jamais ne sont venues. Deux ailes ferment la cour d'honneur : elles sont formées d'arcades surmontées d'un étage. Ce sont les restes d'un château bâti au temps de la Renaissance: des frises sculptées, fines et précieuses, courent au-dessus des arcades et des fenêtres. Quatre grosses tours Manquent les bâtiments aux quatre angles et leur conservent un aspect féodal. Cet ensemble serait incohérent, si les raccords entre les constructions diverses n'avaient été exécutés par des architectes habiles, el surtout si Je temps n'avait, ici comme ailleurs, effacé les contrastes.

Un parc magnifiquement dessiné, dresse ses tilleuls séculaires sur les revers de la colline. Comme la pente est rapide, de grands escaliers de pierre ont été hàtis sous la voûte des futaies : leurs antiques degrés verdis se disjoignent, mais le décor garde une solennelle majesté. On voit encore de place en place des bancs de repos, des vases de marbre et de grands rochers. Sur un vaste tapis vert qui se déploie en face de la cour d'honneur s'élève, bien délabrée, une ancienne copie de l'enlèvement de Proserpine par

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