ACTE Ih
D£LATOUil.
Bon 1 je m*en charge. ^ .
LEON
Et puis, une règle certaine, G^est qu'on ne doit jamais intsrrompre une veine. ^ A la première perte, il laudra s'arrêter.
DELATOUR
Que les voilà bien tous 1
LéON.
Alors, tu peux compter...
DELATOUR
Est- ce que Ton s'arrête, avant la perte entière? J'en crois cette promesse autant que la première.
LÉON
Dirait-on pas qu'ici je veux rester toujours! Qu'est-ce que je demande? au plus, huit ou dix jours, li fout bien voir Paris, pour conter à Camille
Tout ce qu'on fait de beau dans votre grande ville.
DELATOUR
Quoi! voilà ces transports si fiévreux, cet amant Aux yeux de qui Tattente est le pire tourment f
Ta furieuse ardeur me semble bien calmée; La Bourse a détrôné ta dame bien - aimée?
LÉON, TtVWBMli.
Tais- toi! ne me fais pas cet outrage cruel,
VA ne compare point la terre avec le ciel.
La Bourse, dans mon cœur, l'emporter sur CamiHel
Moi! que j'aie à ce point une âme basse et vile!
Grand Dieul Mais ces billets, ces titres et cet or.
J'anéantirais tout, des millions encor,
Si, près d'elle, ces biens, où tu crois que j'aspire^
Me devaient appauvrir seulement d'un sourire.
Mais comment ces trésors poumient«-ils l'indigner? -
C'est pour la conquérir que j'ai su les gagner ;
C'est son lunn ([^lo j'invoque; ollo est la bonne étoile
Qui, parmi tant d'écueils, a dirigé ma voile;
Et si j'affironte encor ces ilôts tumultueux,
C'est pour mettre à ses pieds un luxe somptueux.
DELATOUR
Et, pendant ce temps -là , si ton rival Tépouset
Non. De sa loyauté Camille est trop jalouse.
Elle attendra. C'est un de ces nobles esprits Qui ne manquent jamais aux engagements pris.
DELATOUR
Jadis ta confiance était bien moins robuste.
LÉON
C'était la pauvreté qui me rendait injuste.
Je ne suppose pas son amour si léger
Que par dix jours d'absence il puisse être en danger.
DELATOUU.
Ma foi! fais à ton gré. Pour un agent de change, J'ai pris, par bonté d'ftme, un rôle assez étrange. J*ai fait ce que j*ai pu ; je te redis ceci :
Le bonheur est là-bas; le désespoir ici.
C'est à toi de choisir entre ces deux conduites; Je m'en lave les mains, et je m'absous des suites.
LBON^ tmd, «MMlMftnt.
Si j'allais cependant devenir joueur I... Quoi!
Moi, joueur 1 Allons donc I nul ne l'est moins que moi.
ÂGTFIL 49