CAMILLE, REYNOLD
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CAMILLE
Que regardez -vous donc ainsi ?
RETKOLD4
Vous, ma cousine»
— Cela vous gène- 1- il que l'on vous examine?
CAMILLE
Quelque peu.
RBTNOLD.
N'ayez peur, je ne vous dirai nen*
CAMILLE
Mais le silence aécrolt rembarras du maintien. ^ Parlent plutdi.
heynold. De quoi?
CAMILLE
Parlez-moi de vos guerres.
RETNCLD.
Eh ! mon Dieu I ces rédts ne vous charmeraient guères;
Des marches au soleil , des déserts traverses ,
Des combats y des assauts, des Bédouins repoussés,
Voilà de tout soldat l'histoire monotone.
C'est ainsi qu'Othello captivait Desdémone ; Mais je ne suis pas lui, — ni vous, elle.
CAMILLE, tfèetut àt lii*.
Non pas;
Je ne veux point mourir entre deux matelas.
— Vous salles lon§^mps ?
REYNOLD
Six ans. C'est quelque chose.
Je vous laissais enfant. Quelle métamorphose! Je retix>uv6 une femme.
CAMILLE
OÙ fûtes- VOUS i}lessé?
Dans une razzia; j'eus le corps traverse D'une balle.
CAMILLE
Ahl grand Dieul
EXYNOLD4
Je guéris par miracle.
Ce fut à ma carrière un invincible obst;icle i La marche m'oppressait, et je ne fus plus bon Qa*à diriger en paix des mines de charbon.
CAMILLE
Vous en tirez du moins un fruit très- légitime i Le bien-être, entouré de la publique estime*
RKYNOLD.
Mais j'en jouis tout seul, ma cousine, et je vol Qu'on ne le voudrait pas partager avec moi.
CAMILLE
Mais si ; vous trouverez une ûlle bien née ,
Fière de s^attadier à votre destinée;
Et je me promets bien la prochaine douceur D'embrasser ma cousine et d'en faire ma sœur.
RBTNOLO , abttlu par en dMoliret paroUs.
Non, je vieillirai seul.
Et pourquoi?— J*en sais sûre,
Votre femme serait heureuse.
EETNOLD.
Ohfjelejure.
J'en prends, devant le ciel, rengagement sacré. Moi , trahir une enfant dont le sort m'est livré! Âh I cette lâcheté n'entre pas dans mon àme.
Je sens là des'trésors d'amour pour une femme. — Mais, bah! La fleur sauvage embaume les déserts; La perle est enfouie au plus profond des mers j Nulle vierge jamais ne mettra pour sa fête Ni la fleur à son sein^ ni la perle à sa tète; Et moi , qui cadie un cœur d'amour tout parfumé , Je suis Hdt pour aimér et n*ètre pas aimé.
CAMILLE, «vie ialécéi.
Ne parlez pas ainsi.
REVNOLDy u leraot, «t •'aainuini de plM ta plut.
Les femmes sont étranges!
D'esprit et de sottise incroyables mélanges I
L'imbécile et le fat leur semblent accomplis ; Toujours les moins aimants sont les mieux accueillis ; S'il est un foi amour, que suivront les mécomptes , A courir au-devant vous les trouverez promptes ; Mais après les aveux d'un hosune bien épris , Elles feront semblant de n'avoir pas compris.