‹ La bourse comedie en cinq actes en versChapitre 37 sur 90 · CAMILLE, REYNOLD · texte numérisé non relu

CAMILLE, REYNOLD

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CAMILLE

Que regardez -vous donc ainsi ?

RETKOLD4

Vous, ma cousine»

— Cela vous gène- 1- il que l'on vous examine?

CAMILLE

Quelque peu.

RBTNOLD.

N'ayez peur, je ne vous dirai nen*

CAMILLE

Mais le silence aécrolt rembarras du maintien. ^ Parlent plutdi.

heynold. De quoi?

CAMILLE

Parlez-moi de vos guerres.

RETNCLD.

Eh ! mon Dieu I ces rédts ne vous charmeraient guères;

Des marches au soleil , des déserts traverses ,

Des combats y des assauts, des Bédouins repoussés,

Voilà de tout soldat l'histoire monotone.

C'est ainsi qu'Othello captivait Desdémone ; Mais je ne suis pas lui, — ni vous, elle.

CAMILLE, tfèetut àt lii*.

Non pas;

Je ne veux point mourir entre deux matelas.

— Vous salles lon§^mps ?

REYNOLD

Six ans. C'est quelque chose.

Je vous laissais enfant. Quelle métamorphose! Je retix>uv6 une femme.

CAMILLE

OÙ fûtes- VOUS i}lessé?

Dans une razzia; j'eus le corps traverse D'une balle.

CAMILLE

Ahl grand Dieul

EXYNOLD4

Je guéris par miracle.

Ce fut à ma carrière un invincible obst;icle i La marche m'oppressait, et je ne fus plus bon Qa*à diriger en paix des mines de charbon.

CAMILLE

Vous en tirez du moins un fruit très- légitime i Le bien-être, entouré de la publique estime*

RKYNOLD.

Mais j'en jouis tout seul, ma cousine, et je vol Qu'on ne le voudrait pas partager avec moi.

CAMILLE

Mais si ; vous trouverez une ûlle bien née ,

Fière de s^attadier à votre destinée;

Et je me promets bien la prochaine douceur D'embrasser ma cousine et d'en faire ma sœur.

RBTNOLO , abttlu par en dMoliret paroUs.

Non, je vieillirai seul.

Et pourquoi?— J*en sais sûre,

Votre femme serait heureuse.

EETNOLD.

Ohfjelejure.

J'en prends, devant le ciel, rengagement sacré. Moi , trahir une enfant dont le sort m'est livré! Âh I cette lâcheté n'entre pas dans mon àme.

Je sens là des'trésors d'amour pour une femme. — Mais, bah! La fleur sauvage embaume les déserts; La perle est enfouie au plus profond des mers j Nulle vierge jamais ne mettra pour sa fête Ni la fleur à son sein^ ni la perle à sa tète; Et moi , qui cadie un cœur d'amour tout parfumé , Je suis Hdt pour aimér et n*ètre pas aimé.

CAMILLE, «vie ialécéi.

Ne parlez pas ainsi.

REVNOLDy u leraot, «t •'aainuini de plM ta plut.

Les femmes sont étranges!

D'esprit et de sottise incroyables mélanges I

L'imbécile et le fat leur semblent accomplis ; Toujours les moins aimants sont les mieux accueillis ; S'il est un foi amour, que suivront les mécomptes , A courir au-devant vous les trouverez promptes ; Mais après les aveux d'un hosune bien épris , Elles feront semblant de n'avoir pas compris.

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