ACTE L
LA VIEILLE FEMME
Je voudrais savoir ce que je gagoe.
DLBOIS.
Attendez ûn du mois.
LA VIEILLE FEMME
Et mes Docks? mes Bezierst £t mes Mouzatas? et mes Crédits fonciers?
DVEOIS.
C'est variable; on monte, on baisse, et Ton remonte.
Revenez ûu du mois, je vous en rendrai compte.
LÀ VIEILLE FEMME, rmiut.
. Monsieur Dubois, c'est tout notre petit avoir.
DUBOIS
Bon, bon.
LA VIEILLE FEMME
€*est pour ]a dot de ma fille.
DUBOIS
Bonsoir.
LA VIEILLE FEMME, ivrenani encore.
Monâeur Dubois, on peut compter sur la Sarda^ne, N'est-ce pas?
DLBOIS.
Bonsoir I
LA VIEILLE FEMME
Moi, j'ai peur de TAllemagne.
DUBOIS
Bonsoir I
LA VIEILLE FEMME, tenoMit.
Il nous en fout méfier, savez -vous; Ibis tant que nous aurons l'Angleterre avec nous, . La France et T Angleterre...
La povMuil ptv 1m 4p*iilM« Â]leK-VOU8*0Q I
Entre on BOUTeau pacsoimagai aasoeié da Dalmit<
DUBOIS} le voyant entrer. Aux autres personnes présenies.
Messieurs, à demain raudience.
TwM ■orlant^ caoepté Vêmnà»
DUBOIS
Quoi do neuf ?
Un client que nous ayons perdu.
DUBOIS
Qui donç?
L*ASSOGlé.
Le diaf)}pni^er; on Ta trouY^ pendu.
G*e6t tm dm accidents auxquels la Bourae expose.
l'associé.
On a filis en prison madoiBoiselle ^090; Ses maîtres Tont surprise, alors qu^elle emp^i^tait
A leurs tiroirs l'argent qu'elle nous remettait.
DUBOIS
La maladroite I — J^ai quelques sommes en caisse; n faut prebdi^ des Nord , pendant qu'ils sont éh baisse ;
Donnez ordre au courtier d on acheter vingt-cinq, £t de vendre nos Docks et nos Mines de zinc. • — Suivez-moi. •
2^ Mrteat.
Ce que cW poî^ftjftt fjqg fgftHi^î}
. ÂGTP L il
Nous sommes nés, tous deux, dans la môme conuo|iDe; Nous avons mené paître ensemble les brebis, Portant soua notre blouse un morceau de paiii bis^ Et, tous deux, allumant, quant la bise était firatche. Sous le creux d'un rocher, un fou de branche sèche; Lorsque nous labourions, j'étais le plus adroit; C'était moi qui traçais le sillon le plus droit.
— U est parti , voilà quatre ans au prochain terme; C'est déjà riche î — et moi , je suis valet de ferme.
. J'ai beau piocher, bôcher et horser le terrain, Semer et moissonner, battre et vanner le grain, Me lever avant Taube et rentrer à nuit close» Travailler comme un bœuf qui jamais ne repose, Quand je ^ i\ idis cent ans, je ne gagnerais pas Ce qu'il gagne en un mois, en se croisant les bras.
Avec d^pll.
G'est-îl juste ?
Btalre Dobob.
DUBOIS
Pardon; c'était ma clientèle; J'ai la mleqne et Moiisieur a la sîemie : il a celle Des banquiers, des marquis ét des ambaçsaiieiirs; J*ai cefle des portiers, laquais et revendeurs.
Ainsi chacun de nous exerce son office, Monsieur vers la corbeille, et moi vers la coulisse.
— Mais je parle devant un barbare.
PIERRE
Et pourquoi Restes-tu domestique, au lieii ^'ètre chez toi?
DUBOIS, s'auoyaot dans on fkntenU.
Ahî j'ai besoin do vivre au sein d'un luxe extrême, fit ^Q ]^\UL pncpfe jpuir par pioi -même ;
i% LA BOURSE.
Puis ma positioQ me donne du crédit :
En servant à dîner, j'écoute ce qa*on dit; J'attrape une nouvelle : une baisse, une hausse;
On le sait, et ccia lait aller mon négoce. ,
. PIBnRE.
Est-ce qu*iin campagnard, pas trop malicieux,
Pas un Parisien comme vos beaux messieurs i Pourrait faire un bon coup ?
DVBOIS.
Parbleu! L'autre semaine y
J'ai gagné cent louis pour un fermier du Maine*
' pifiaaE.
Cent louis I
DUBOIS
Cent louis, en un jour.
PIERRE
En un jour!
Plus qu'on ne gagnerait en dix ans de labour! — Est-ce bien malaisé ?
DUBOIS
Mais non; toute l'adresse Est de dire à propos des mots de cette espèce:
Je prends dont c^/jr,ou bien :fai deuxsous pour demain,
PIERRE, fouiUant dans i& poche.
Deux sous 1 je lès ai là, justement; tends la main.
DUBOIS, 16 leravt.
Parbleu I c'est amusant de voir un iel novice, Et je me sens endin à te rendre service.
PIERRE, Avao jtito.
Monsieur Dubois!
DUBOIS
As-tu quelque argent dans un coin?