ACTE III
Aussi n'a-t-it rien dit qu*il n'eût pu dire m faoe. En générosité, Léon, il vous efface.
— Ah! voilà ma douleur! il est meilleur que vous ; Vous nètos plus, Léon, le plus noble entre tous. Voilà pourquoi je fus par Julie otfensée;
En vous calomniant, elle m'eût Bioins blessée.
LEON, s'appvocluni d'elle, tondcmeoi.
Que vous me traitez mal !
CAMILLE, plus doucement.
Que votre tort est grand !
LÉON
Vous m'aviez pardonné.
CAM ILLË.
C'était bien différent :
Si, pour me conquérir, la faute fut permise, Pourquoi continuer, quand vous m'eûtes conquise Y
LÉON
Accusez votre pèro à qui j'obéissais.
CAMILLE
Mon père?... Eh ! je ne puis lui faire son ])rocès; Je n'ai nul droit sur lui; de sa part tout est sage;
— Hais j'ai des droits sur vous, et j'en veux hiro usage.
LEON, s'agonoofilant derant eHe.
Ah! parlez! ordonnez! Je déteste à vos pieds De vils entraînements, par ma houle expiés. J'ai rougi devant vous; il n'était pas possible DMnventer un affront qui me fût plus sensible.
CAMILLE
Faisons la paix! Léon; je renais à l'espcHr.
96 LA BOURàE.
— Je ne m inlbrme pas, ot ne veux pas savoir
Si, dôs vingt milie francs dépassant les limites,
Vous gagnez ou perdez plus que vous ne le dites;
iMais j'ai cru vous donner, en venant à Paris,
Une preuve d'amour dont j'exige le prix.
Ma démarche, je crois, prouve assez de tendresse
Pour que de votre^cœur je sois seule maîtresse,
Et centrai gfie à la' fin, voulant tout détrdner,
La Boui-so, ma rivale, à me rabandonner ;
Oui, tout entière à vous, je vous veux sans partage;
J'en attends la promesse, — et j'en demande un gage
L h 0 N , avec omprâ&âemeiit.
Quel gage?
CAMILLE, MtoM&i.
Jurez-moi , Léon, sur votre honneur.
Que, si grandes que soient les chances de bonheur, Pour aucune raison, présente ni future»
Yous'ne Jo^res jmowis à la Bourse.
LÉON
Je jure...
CAMILLE, l'inierrompuit ealul posant la main sur le bm.
Et, soit que vous gagniez ou perdiez jusqu'icé. Vous le jurez, Léon, de Kheure que voici.
Et, quels que soient les cours, en sortant d'ici iQ^me, Vous allez ordonner un règlement suprême.
LÉON
Oui.
CAMILLE, Bolennellemeat.
Songez qu'un serment est si sacré pour md, Que je mourrais plutôt que do fausser ma foi, Et que, de mon mépris accablant le parjure, Je no le reverrais jamais plus.