CAMILLE, LÉON
c AM 1 L L K , pravonicnt .
Youi» avez vu, Léon, un eilct de vos jeux.
A€T£ Ili.
LÉON
Âhl ciell suis-jô pour vous déjà si méprisable» Que vous me compariez avec ce misérable !
Pouvez-vtfus croire?...
' C-AMILLK.
Non, je ne crois pas cela , Et si je le croyais, je ne serais pas là.
Je crois que Tair mauvais, qu*on respire à ta Bourse,
Des instincts généreux peut altérer la source;
Que le contact de Tor cniè\ e cette ûeur.
Ce duvet délicat, jeunesse de Thonneur,
Et qu'un fruit *se corrompt , quand une main grossière
Déflore le velours de sa fine poussière ;
C'est par lîj qu'à mes yeux la Bourse est un danger,
Plus que par tout l'argent qu'on y peut engager;
Une perte d*argent se répare ou s'oublie;
Hais qui réparera ta noblesse avilie Y
Je sais qu'au desiionnour vous ne descendrez pas; -
Mais c'est trop do déchoir, sans tomber aussi bas.
Déjà se sont éteints tous vos ^Motlioiiaiasmes ;
La chaleur et Télan excitent vos sarcasmes.
En vain pour vous je plaide , en vain je vous absous;
Non, je ne trouve plus ce que j'aimais en vous.
— Tenez, si vous saviez, sans chercher d'autre preuve.
Tout ce que j*ai souffert à cette sotte éprouver!
LÉON.-
Eh! prenez-vous conseil d'une tète à l'envers, Qui bavarde sans cesse, à tort et à travers,- Que Tardeur de montrer un esprit-^ contestable. Pousse à rimpertinence et rend insupportable,
Et qui, d'un lourd bamiuier dévorant mal l'ennui, Se venge de l'hymen sur les amours d'autrui 1
CAMILLE
Je sais qu'elle vous hait; mais ce qui foit ma peine.
C'est do vous voir prêter un triomphe à sa haine. Ce n est pas tout : avant que vous fussiez venu, . De la Bourse et de vous on s'est entretenu; Et, par un sentiment que vous devez comprendre, Je m*irritais, Léon, d*avoir à vous défendre. C'est un bonheur si vif que d'entendre applaudir Celui qu'en sa pensée on se plaît à grandir I La louange, donnée à l'homme que Ton aime, Produit le même effet que donnée à soi-même ; On rougit; on voudrait parler, on n*ose pas; Et l'orgueil qu'on savoure est mêlé d'embarras. De môme, atteinte au cœur par le trait qui T offense, On est humiliée en prenant sa défense.
LÉON
El. qui donc était là , Madame , ce matin ?
CAMILLE. '
Julie avec Reynold.
LEON, marchant aToc irritation.
Reynold I C'était certain.
Un cousin 1 » Les cousins sont tôujours une peste.
CAMILLE
Léon l... .
LÉON
Ohl ce Reynold! comme je le déteste I Un phraseur I un pédant! solennel 1 sérieux!
Ayant Tair de nourrir un deuil mystérieux 1-
Exagérant Thonnour, selon cette tactique D'exalter les vertus qu'on néglige en pratique! L*honneur ! — Mais cet honneur lui iiaisait une loi De ne pas m^attaquer, si ce n*est devant moi.