‹ La bourse comedie en cinq actes en versChapitre 49 sur 90 · CAMILLE, LÉON · texte numérisé non relu

CAMILLE, LÉON

c AM 1 L L K , pravonicnt .

Youi» avez vu, Léon, un eilct de vos jeux.

A€T£ Ili.

LÉON

Âhl ciell suis-jô pour vous déjà si méprisable» Que vous me compariez avec ce misérable !

Pouvez-vtfus croire?...

' C-AMILLK.

Non, je ne crois pas cela , Et si je le croyais, je ne serais pas là.

Je crois que Tair mauvais, qu*on respire à ta Bourse,

Des instincts généreux peut altérer la source;

Que le contact de Tor cniè\ e cette ûeur.

Ce duvet délicat, jeunesse de Thonneur,

Et qu'un fruit *se corrompt , quand une main grossière

Déflore le velours de sa fine poussière ;

C'est par lîj qu'à mes yeux la Bourse est un danger,

Plus que par tout l'argent qu'on y peut engager;

Une perte d*argent se répare ou s'oublie;

Hais qui réparera ta noblesse avilie Y

Je sais qu'au desiionnour vous ne descendrez pas; -

Mais c'est trop do déchoir, sans tomber aussi bas.

Déjà se sont éteints tous vos ^Motlioiiaiasmes ;

La chaleur et Télan excitent vos sarcasmes.

En vain pour vous je plaide , en vain je vous absous;

Non, je ne trouve plus ce que j'aimais en vous.

— Tenez, si vous saviez, sans chercher d'autre preuve.

Tout ce que j*ai souffert à cette sotte éprouver!

LÉON.-

Eh! prenez-vous conseil d'une tète à l'envers, Qui bavarde sans cesse, à tort et à travers,- Que Tardeur de montrer un esprit-^ contestable. Pousse à rimpertinence et rend insupportable,

Et qui, d'un lourd bamiuier dévorant mal l'ennui, Se venge de l'hymen sur les amours d'autrui 1

CAMILLE

Je sais qu'elle vous hait; mais ce qui foit ma peine.

C'est do vous voir prêter un triomphe à sa haine. Ce n est pas tout : avant que vous fussiez venu, . De la Bourse et de vous on s'est entretenu; Et, par un sentiment que vous devez comprendre, Je m*irritais, Léon, d*avoir à vous défendre. C'est un bonheur si vif que d'entendre applaudir Celui qu'en sa pensée on se plaît à grandir I La louange, donnée à l'homme que Ton aime, Produit le même effet que donnée à soi-même ; On rougit; on voudrait parler, on n*ose pas; Et l'orgueil qu'on savoure est mêlé d'embarras. De môme, atteinte au cœur par le trait qui T offense, On est humiliée en prenant sa défense.

LÉON

El. qui donc était là , Madame , ce matin ?

CAMILLE. '

Julie avec Reynold.

LEON, marchant aToc irritation.

Reynold I C'était certain.

Un cousin 1 » Les cousins sont tôujours une peste.

CAMILLE

Léon l... .

LÉON

Ohl ce Reynold! comme je le déteste I Un phraseur I un pédant! solennel 1 sérieux!

Ayant Tair de nourrir un deuil mystérieux 1-

Exagérant Thonnour, selon cette tactique D'exalter les vertus qu'on néglige en pratique! L*honneur ! — Mais cet honneur lui iiaisait une loi De ne pas m^attaquer, si ce n*est devant moi.

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