‹ La bourse comedie en cinq actes en versChapitre 68 sur 90 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

D^épargner à tous deux cette honte suprême;

Qu'il ne mo force pas, par un dernier forfait, A rougir devant tous du choix que j'avais fait; Que s'il n'est mon noari, c'est assez qu'il dût l'être, Pour que de s*avilir il ne soit plus le maître, - Et qu*enfin j'apprendrai de loin, avec plaisir, Tout ce qui m'absoudra de l'avoir pu c hoisir.

— Je vous ai rapporté sa parole foroielle...

C'est là co qu'elle a dit?

RBTNOLD.

Oui ; j'ai parlé comme elle.

— Et maintenant, iMonsieur, faites ce qui vous plait; J'ai rempli mon mandat. — Voilà le pistolet.

U le pOM tnr la toUe.

LÉON

Je ne me tùrai point.

RETNOLn.

11 nous reste, à cette heure, A vider, comme il faut, l'afiaire antérieure.

— D'abord, ce n'est pas moi qui vous ai dénoncé, Et c*est un rôle auquel je suis mal exercé.

Accusez-en, Monsieur, vos seules imprudences, £t sachez mieux plus tard placer vos coniidences. Je ne vous dis cela que pour mon propre acquit. Car vouà avez d'ailleurs un grief qui suffit.

Je suis votre rival; oui, Monsieur; je proclame Que j'aime ma cousine, et de toute mon âme, £t qu'à la fm j'espère, auprès d'elle assidu. Gagner le noble cœur que vous avez perdu.

LEON, »o précipitaat rers U boIt« à pi^toleto* ■

Monsieur

RBYNOLD.

Sortons.

L£OM) «près un moment <lo lutte iniériourc.

Camille entre nous s'interpose » Je ne me battrai point.

REYNOLD

J*ai promis autre chose ,

C est (î\io, si vous portiez bravement votre sort, Je vous assisterais en ce vaillant etlort ; Je vois que vous avez sur vous quelque puissance, Je dois donc jusqu'au bout pousser Tobéissance.

Il fl*««iad.

— Le i;ain sans le travail ^yant été mal sain, Essayez du travail qui donne peu de gain.

J'allais vous proposer cette ressource extrême De vous faire soldat, comme je faa moi-môme; Non, non, m'a-t-elle dit; ces périls séduisants A racheter ses torts seraient insuffisants.

Être soldat n'est point une œuvre expiatoire ; Ce n'est pas une peine enfin, c'est une gloire; Mille en cette carrière accourent pleins d'ardeur, El le monde à leur sort attache la grandeur;. Mais Tœuvre dédaignée, obscure, opiniâtre, £t dont nul coup d'éclat n'illustre le théâtre. Voilà le devoir froid, après la passion, t'inverse de la faute, et Texpiation.

LÉON

EUel'a dit? c'est elle?

BEYNOLD.

Elle-même. — * J'ajoute Ce qui suit, en mon nom. Le voulez-voust

Page 1