SCÈNE VIL RETNOLD, CAMILLE
CAMILLE
Tous me voyez, Reynold, fidèle à ma parole.
RETNOLD.
Cette fidélité m'enchante — et me désole, Cousine; je voudrais devoir un tel bonheur
Moins à votre parole , et plus à votre cœur.
CAMILLE
Librement, de plein gré, j'unis mon sort au vdtre; Que voulez-vous de plus ?
Ah ! ce qu'avait un autre.
— Pardonnez! Jo no Siiis ce que je dis; j'ai tort. Quand nous êtes à moi, puis- je accuser mou sort? Mais iisûre battre un cœur d^une trempe si rare , < G*e6t une ambition qui m'emporte et m*égare.
GAHILLE.
Je vous offre, Reynold, ce qui dépend de moi : Ma sincère amitié, mon estime et ma foi.
Je vous aurais trompé ^ vous ofihint davantage , Et vous avez paru content de ce p.u tai?e.
J'ai promis, n'est-ce pas, que si ce malheureux Trouvait en vous Tappui d'un frère généreux, Et que si vous Taidiez à remonter Fablme , Pour rentrer dans la voie honnôte et léj^itimo. Dès que je le verrais en ce meilleur cJnemin, Je patrais vos efforts par le don de ma mân.
IIETNOIrD.
C'est vrai.
CAMI LLE.
Je vous ai dit quelle était ma faiblesse, Ët qu'en vain ma raison combattait ma tendresse.
— Ahf souvenir profond des premières amours I On a beau le chasser , il reparaît toujours.
— Mais de ses sentinionls si l'on n'e^t pas le maître Des actions du moins on peut et l'on doit Tétre; J*ai promis d'employer toute ma volonté
 vaincre ce penchant , contraire à ma fierté.
Et que, quoi qu'il en fût, vous liriez dans mon âme
Kt ne rougiriez pas, Reynold, de voire femme.
BBTNOLD.
. Oui , tel est \e discours que vous m'avesc tenu.