LE DUC DE MORTAGNE
£t VOUS y figurez avec autant d'aisance
Que si dans nos salons vous aviez pris naissance.
SIMOT^NET.
Monsieur le duc...
LE DUC
Ce ton , ce naturel exquis , Qui ne s'acquièrent pas, vous les avez acquis. On n'a pas des façons |^s nobles que les vôtres.
SIMONKET.
Monsieur le due, de grâce...
LE DUC
Oui ; vous êtes des nôtres.
— A propos, que devient raflfaire en question ? Serai- je du conseil d'administration?
SIMONNET
Mais à vous dire vrai , ce point nous embarrasse.
LE DUC
Peut-être que je suis de trop petite race?
SIUONMET.
Oh I ce n'est pas cela. Je sais qu'un grand seigneur , En touchant une part, nous fait beaucoup d'honneur; Mais j'ai trouvé des gens moins sensibles au lustre Que sur le prospectus répand un nom illustre. Sans doute la noblesse a du poids, m'a-t-on dit; Mais c'est vers les écus que penche le crédit. Le siècle est si grossier , que les actionnaires Estiment moins les ducs que les millionnaires, Et sont plus attirés par un rustre enrichi Que par un fils des preux , menacé de Glichy.
LE DUC
Ces gens- là sont des fats, mon cher.
SIMONNET
Je le confesse.
LE DUC
Ils n'étaleraient pas le luxe qui nous blesse,
Si, pendant qu'on voyait leurs pères aux moulins,
Nos aïeux ne s'étaient battus pour les vilains.
LÉLIO, au milieu d'un groupe robln.
Autre temps, autres mœurs. Les maisons renommées Briguaient jadis leur place en tête des armées ; Le nom, changeant d'époque, a changé de vertus. Et place un gentilhomme en haut des prospectus.
Le 4no s'éloigne.
SIMONNET
Ahl ahl notre cher duel il a du plomb dans l'aile. C'est bien fait.
ALFRED, s'approohani de Simonnet.
Quelle est donc cette affaire nouvelle ?
SIMONNET
Voici : nous achetons aux Espagnols Cuba,