ACTE II
Vous savez bien , Mathieu.., c'est Dubois, aujourd'hui, Le Dubois de monsieur Délateur.
LÉON
Quoi, c'est lui!
J'en instruirai son maître; — et toi, grand imbécile, Laisse là ce fripon.
PIERRE
Oh ! c'est un homme habile; Il me conseille bien.
LÉON
Oui t d'exposer au jeu, D^un seul coup, tout l'argent amassé peu à peu! — Mais la Bourse, niais, pour ceux de ton espèce Est un puits, qui boira votre dernière pièce.
PIERRE
Que non pas I je sais bien qu'on y gagne h. tout coup. Et que Monsieur, lui-même, y profite beaucoup.
L^on M mord les l&Tres.
Je n'ai pas des billets comme Monsieur en brasse ; Mais quinze cents fra^ncs, da! ça vaut qu'on les ramasse;
LÉON
Tu les as?
PIERRE
Oui, pardinel
Il tire un portefeuille de sa poche;
Eh bien I écoute -moi :
t^uisquHls sont venus, bon! — fais -en un sage emploi : Va -t'en vite chez nous; épouse Madelaine; Achète du bétail ; prends à ferme un domaine ; Use en garçon prudent d'un imprudent succès, Et ne hasarde plus, surtout, d'autres essais; ^ Pars.
ôf LA BOURSE.
PIERRE
Ça ne presse pas. J'aime assez le village ; Mais Paris, voyez -vous, me platt bien davantage. * C'est bien plus grand, aussi. Tant de beaux magasins t Des places! des palais I des jets d'eau I des bassins!
LÉON , lemni sm blUeti dâu on iMré««ire.
Tu restes pour jouer, vaurien I
PIERRE
Tiens 1 c'est dans l'ordre :
On pèche aussi longtemps que le poisson veut mordre. Quand la fortune vient, je tournerais le dos t Pas si simple, ma foi! J'empoche ses cadeaux. Là -bas, pour quelques sous, je me tuais de peine; En me baissant, ici, je prends l'or à main pleine; J'aime beaucoup mieux ça.
LÉON
Fainéant!
PIERRE
Je serai Gros bourgeois, quelque jour, et je me marîrai ; Et si la Madelaine est restée encor fille...
Eh bien!... je ne dis pas... elle est assez gentille... Nous verrons.
LÉON
Tu perdras jusqu'à ton dernier sou ; Et ce sera bien fait. — Va, casse- toi le cou ; Je m'en lave les mains.
PIERRE
Oh I je n'ai rien à craindre, Et Dubois m'a bien dit...