‹ La Bourse, comédie en cinq actes, en verseChapitre 42 sur 97 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

Je vous ai longuement laissés en tôte à tête.

Maniant la broderie de Camille.

Un merveilleux dessin! il est de très -bon goût. — Qu'avez -vous dit?

RETNOLD.

Mais, rien.

JULIE

Cela veut dire tout.

EUe Ta déposer son mantelet et son chapeau sur un meuble. CAMILLE.

J'annonçais à Reynold, comme étant de mes proches, Mon futur mariage avec monsieur Desroches.

JULIE, s'assejant auprès de Camille , qui a repris sa broderie.

Boni Tu m'en as parié; mais, moi, je n'y crois pas.

CAMILLE

Il est très- arrêté pourtant.

JULIE

Tu le rompras.

CAMILLE

Moil le rompre! jamais.

Tu le rompras, te dis -je.

CAMILLE

Mon Dieu, non !

JULIE

Mon Dieu ! si I Je l'entends ; je l'exige ; Eh ! j'ai des droits : j'étais ton intime au couvent. Je ne souffrirai pas qu'on aille plus avant.

CAMILLE, selerant.

Julie!

JULIE, se lerant aussi.

Oh! gronde; boude; il n'est pas de « Julie! »

n LA BOURSE.

Je t'empêcherai bien de faire une folie.

Baiaiant un peu la roix.

— Quoil quand un grand esprit, un homme plein d'honneur, Loyal, ferme, vaillant, t'aime de tout son cœurl...

A neTuold, qui lui fait dea slgpaM pour l'interrompre.

Je ne me tairai pas, et c'est trop de scrupule. Il faut crier au feu , lorsque la maison brûle ; Et je sers mes amis, moi, malgré leur refus.

Montrant Reynold.

Quand il t'aime, entends bien, comme l'on n'aime plus, Tu vas lui préférer monsieur Léon Desrochesl

CAMILLE

Que lui reproches -tu ?

JULIE

Je lui fais cent reproches, En un seul mot : il joue à la Bourse.

CAMILLE, souriant.

Je sai.

Et sais pourquoi; lui-mômô il s'en est confessé.

Elle rerient s'asseoir.

JULIE

Il n'est pas sur ce point confession qui tienne. Et ma science est là , pour suppléer la tienne.

— Tu sais comme je fus mariée : on vous prend

 l'école, on vous livre aux mains du plus offrant; BrefI j'ai donc un mari, grand seigneur de la Bourse, Si bien que mes avis viennent de bonne source.

EUe s'assied aupràs de CamiUe.

Ahl chère, il faut ouïr ces conversations Que la Flore du change émaille d'actions 1 Dieu t'en garde I j'en suis encor tout engourdie, Et je bâillerais moins à quelque tragédie.

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