‹ La Bourse, comédie en cinq actes, en verseChapitre 49 sur 97 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les Mêmes, moins m. Bernard.

JULIE

Eh ! mon Dieu ! ces détours sont fort peu nécessaires. Vous étiez à la Bourse; avant tout les affaires; C'est tout simple.

LEON , qui ne sait si elle se moque de lui ou parle sérieusement.

Madame...

JULIE

Eh ! oui ; je le disais, Tout à l'heure, à Camille, et je vous excusais. Demandez- lui comment je plaidais votre cause.

CAMILLE

Eh! Julie!...

JULIE

Ohl je eais ce que l'on nous oppose; Mais pour un esprit vif la Bourse a tant d*appâtsl Si j'étais homme; moi , je n'en bougerais pas.

KUe M lire.

C'est là qu'avec splendeur règne la fantaisie : La fortune, en un jour, perdue et ressaisie, L'ivresse du succès, l'extrême désespoir, L'opulence à midi , la misère le soir , L'infini, le néant, des domaines sans borne , Des palais, un grenier, la paille humide et morne ; Quels contrastes hardis I On dirait l'enchanteur Qui transportait les gens du pôle à l'équateur. La lampe d'Âiadin créait moins de merveilles. Que tout est fade auprès d'émotions pareilles 1 L'amour môme est mesquin, et -l'on prend en mépris Ces riens, où les amants attachent tant de prix : Une bague, un ruban , que de pleurs on inonde. Voilà de beaux bijoux pour les maîtres du monde I

LÉON

Je ne sais pas, Madame, où va ce trait railleur; Mais pour moi ces bijoux sont de grande valeur.

Il quitte Julio > et t& rejoindre Camille' JULIE.

Vous vous fâchez, ingrat! vous me cherchez querelle, A moi, qui vous apporte une grosse nouvelle!

LEON', froidement.

Quoi, Madame?

Je sors de chez mon oncle.

LÉON

Eh bien?

La paix est faite.

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