‹ La Bourse, comédie en cinq actes, en verseChapitre 6 sur 97 · DU90I · texte numérisé non relu

DU90I

C'est un des accidents auxquels la Bourse expose.

l'associe.

On a mis en prison mademoiselle Bose; Ses maîtres Font surprise, alors qu'elle empruntait A leurs tiroirs l'argent qu'elle nous remettait.

DUBOIS

La maladroite! — J'ai quelques sommes en caisse; Il faut prendre des Nord, pendant qu'ils sont en baisse ; Donnez ordre au courtiçjf d'en acheter vingt-cinq , Et de vendre nos Docks et nos Mines do zinc.

— Suivez-moi.

Us forteat.

PI^RIIE, seul.

Ce que c'est pourt^Qt que }a forti^nci

ACTP I. li

Nous sommes nés, tous deux, dans la m6me conunune; Nous avons mené pattre ensemble les brebis, Portant sous notre blouse un morceau de pain bis, Et, tous deux, allumant, quant la bise était fraîche, Sous le creux d'un rocher, un feu de branche sèche; Lorsque nous labourions, j'étais le plus adroit; C'était moi qui traçais le sillon le plus droit.

— 11 est parti , voilà quatre ans au prochain terme ; C'est déjà riche I — et moi , je suis valet de ferme. J'ai beau piocher, béc)ier et herser le terrain, Semer et moissonner, battre et vanner le grain. Me lever avant l'aube et rentrer à nuit close, Travailler comme un bœuf qui jamais ne repose. Quand je vivrais cent ans, je ne gagnerais pas

Ce qu'il gagne en un mois, en se croisant les bras.

Areo dépit.

C'est-il juste ?

Rentre Dubois.

DUBOIS

Pardon; c'était ma clientèle; J'ai la mienne et Monsieur a la sienne : il a celle Des banquiers, des marquis et des ambassadeurs ; J'ai celle (Jes portiers, laquais et revendeurs. Ainsi chacun de nous exerce son office, Monsieur vers ja cprbei|le, et moi vers la coulisse.

— Mais je parle devant un barbare.

PIERRE

Et pourquoi Restes -tu domestique, au lieu d'être chez toi?

DUBOIS, s'asseyant dans un fauteuil.

Ah I j'ai besoin de vivre au sein d'un luxe extrême, 5t ne peux pas encore en jouir par moi -môme ;

It LÀ BOURSE..

Puis ma position me donno du crédit :

En servant à dîner, j*écoule ce qu'on dit; J'attrape une nouvelle : une baisse, une hausse ; On le sait, et cela fait aller mon négoce.

PIERRE

Est-ce qu'un campagnard, pas trop malicieux, Pas un Parisien comme vos beaux messieurs , Pourrait faire un bon coup ?

DUROIS.

Parbleu! L'autre semaine, J'ai gagné cent louis pour un fermier du Maine.

PIERRE

Cent louis I

DUBOIS

Cent louis, en un jour.

PIERRE

En un jour 1 Plus qu'on ne gagnerait en dix ans do labour 1 — Est-ce bien malaisé?

Dubois.

Mais non ; toute l'adresse Est de dire à propos des mots de cette espèce : Je prends dont dix^on bien :fa i deux sons pour demain .

PIERRE, fouiUaiit dans sa poche.

Deux SOUS I je les ai là, justement; tends la main.

DUBOIS, se leraot.

Parbleu I c'est amusant de voir un tel novice , Et je me sens enclin à te rendre service.

PIERRE, avec joie.

Monsieur Dubois I

DUBOIS

Às-tu quelque argent dans un coin ?

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