‹ La Bourse, comédie en cinq actes, en verseChapitre 70 sur 97 · Î LA BOURSE · texte numérisé non relu

Î LA BOURSE

— Écoutez -moi, d^abord, et laissez -moi remplir La mission qu'ici j'ai promis d'accomplir.

Une mission I

RETNOLD.

Oui ; c'est là ce qui m'amène; Sinon je vous aurais épargné cette gène.

Car que m'importe à moi , sans droit sur votre sort , Que vous viviez, Monsieur, ou vous donniez la mort?

LÉON

Qui vous en a chargé?

REYNOLD, M dJoouTrani.

Ma cousine.

LÉON

Camille !

REYNOLD

C'est ma coutume d'être à ses ordres docile.

— Or, je la quitte à peine ; elle avait redouté L'acte de désespoir , par mon bras arrêté.

Allez, m'a-t-elle dit; quoiqu'il ne puisse attendre Que je révoque un jour l'arrêt que j'ai dû rendre ; Car je me suis juré de ne pas revenir, Et quand j'ai fait un vœu, moi, je sais le tenir; Dites -lui cependant que mes regards le suivent; Que si l'amour est mort, les amitiés survivent, Et que, s' étant lui-même interdit d'être aimé, Il lui reste l'espoir d'être un jour estimé ; Qu'il n'aille pas surtout, dans une rage impie , Déshonorer sa mort, ayant flétri sa vie.

Et se soustraire en lâche à l'expiation Qu'impose à ses remords sa mauvaise action ; Dites- lui qu'il se doit, qu'il me doit à moi-môme

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