CHAPITRE XIV
le théâtre d'un développement considérable de colonisation. Les rivières du Miieu et du lac Clair dont les bois environnants sont encore exploités avec avantage et dont les terres sont aussi de bonne qualité, donnent du poids à cette opinion, et de fait tout ce territoire n’a jamais été visité avec autant d'intérêt que cetie année.
Après un examen minutieux des lieux circonvoisins pendant quelques jours, notre infatigable marcheur se dirige vers St-Zénon. Il entre dans le canton Provost par le trentième lot du onzième rang et. vient tomber à la pointe nord du lac St-Louis. Il traverse le Darro, gravit la colline de l'ouest et s’enfonce dans les ‘bois francs jusqu'au Grand Lac Obomsawinn qui fait la frontière d’une partie des terres du premier rang. Tout ce terrain déjà décrit est d’une beauté remarquable. Il en reconnaît personnellement la fertilité et les avantages au point de vue de la culture. Les alentours du lac Obomsawinn, la tête de la rivière Darro, le triangle à l’est du lac St- Louis sont des places de choix dans la AZantavaisie. On ne trouvera nulle part ailleurs de plus belles forêts ni un meilleur sol. En explorant ces lieux, notre futur colon a reconnu qu'en effet la Bourse et la Vie s'y trouvaient indubitablement. Aussi a-t-il jeté sur ces terres un œil de prédilection, il est certain que plusieurs à sa place en auraient fait autant.
Qu'’une société de colonisation s'organise à Joliette, par exemple, pour cette partie de la Mantawa, qu’elle
achète ces belles terres, qu’elle y commence les défrichements, qu’elle se fasse la protectrice des colons qu’elle y conduira, et l'avenir de cette belle paroisse est assurée du coup. Ce sera une puissante et favorable étape pour aller continuer des travaux semblables à une nouvelle distance en profondeur, Quant à nous, nous sommes prêts à donner le coup d'épaule à qui tentera cette patriotique encreprise. Que l’on se rappelle bien, pour information déterminante, que St-Zénon n’est qu'à seize lieues de Joliette, que sur ces seize lieues, il en est douze qui sont régulièrement bordées d'habitations, puis, que dans les quatre lieues qui restent, nous comptons sept ou huit établissements occupés par des familles canadiennes, la plus longue distance entre quelquesuns de ces établissements étant d'environ cinq milles. La Mantavaiste, on le voit, n’est plus un pays isolé ou dont la prétendue longueur du chemin sans habitations peut faire redouter le trajet.
Nous nous permettrons de faire ici un appel tout particulier à la ville et au district de Joliette. La Mantavaisie est son côté naturel d'expansion, elle doit être sa réclame. Que les hommes entreprenants et dévoués qui sont à la tête des affaires, ainsi que ceux qui les secondent de leurs avis et de leurs efforts, s'entendent unanimement sur cette question d'importance majeure et nous oserions dire de vitalité pour la suite. Cette augmentation du district dans une riche et fertile région est pour Joliette au point de vue de son progrès: agricole et commercial
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