‹ La bourse et la vie [microforme]Chapitre 17 sur 153 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

choux, de navets, de pommes de terre, etc. Outre ces grains et légumes, le blé froment, quand il n’a pas été détruit comme ailleurs par la mouche hessoise ou par la rouille, a toujours bien réussi. Cette année, par exemple, peut être citée en particulier. Un des premiers habitants de cette localité, dont le nom est bien connu partout, planta un jour sa tente au beau milieu de la forêt. Il se mit à l’œuvre avec courage, et après quelques années de travail, il récueillait à lui seul, sur une étendue cultivée d'’environ trente arpents, une récolte de huit cent cinquante-huit minots de grain. La même année lui donna en graine de trèfle et de mil, un revenu net de cinq cents piastres. Voilà certes une bonne bourse, et, avec un peu de précautions pour la suite, la vie assurée chez ce cultivateur. C’est ce qui est arrivé. Ce brave homme se trouve aujourd'hui amplement récompensé de son travail et des quelques sueurs qu’il a versées, car il x la consolation de voir ses enfants établis autour de lui sur des lots respectifs qu’il leur avait réservés et où ils vivent eux-mêines dans une honnête aisance. Et pourtant, il m'a répété plusieurs fois qu'il s'était rendu dans le bois avec une dette de deux mille francs, et avec toute sa fortune dans son sac de provisions. Ajoutons encore que le terrain qu’il avait choisi, sans être mauvais, n'était ni le meilleur ni le plus avantageux. Voulez-vous d’autres exemples ? Allez voir sur les bords :du lac Noir, à l'angle nord-ouest, cette élégante maison, ces spacieux bâtiments construits

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avec art sur une ferme bien nettoyée et bien entretenue. Tout y est à l’ordre et révèle un homme jud'

cieux et plein de foi dans son avenir. Ce riche propriétaire vous dira qu’il a commencé dans les conditions les plus défavorables, qu’il n’a été aidé par personne, que son avoir est le fruit d’un travail persévérant, d’une sage économie; il vous dira que tout homme bien intentionné, d’un bon jugement et surveillant bien ses affaires peut réussir comme lui. Il a trouvé sur sa terre la Bourse et la Vie: qu’on l'interroge. Maintes fois 1] a rendu service aux colons de sa localité, il a encouragé ceux du loin, il est hospitalier, sa maison est généreusement ouverte aux habitants des cantons qui ont besoin d’aide et de secours. Il se rappelle le temps où il a été comme eux voyageur et peu fortuné. Il mérite d’être cité, son nom est Thaddé Belleville.

St-Gabriel de Brandon.

Sans nous détourner longtemps de la voie devant nous qui conduit à Mantawa, hasardons néanmoins, quelques pas à droite et à gauche de la ligne principale pour l'utilité du sujet qui nous occupe. Et d’abord, suivons à droite une direction perpendiculaire à notre marche du nord-ouest, avançons de quelques milles jusque sur le haut des collines qu' nous avoisinent, et jetons un regard vers l'Est. Voyezvous, là bas, le grand lac Maskinongé tout bordé d'habitations joyeuses et animées? Voyez-vous ces collines ondulantes qui alternent avec des vallées, des

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