CHAPITRE II
dépressions .qui les coupent et les contournent dans toutes les directions? Voyez-vous cette église, ce couvent, ce populeux village tout souriant de la perspective d’un bel. avenir ? C'est la paroisse de St- Gabriel de Brandon qui compte une population dense et généralement à l'aise. Nommez tous les rangs de cette belle paroisse et vous avez autant de théâtres particuliers où la colonisation a réussi magnifiquement. Une activité nouvelle renaît sur tous les points de cette charmante localité. Ses habitants sont fiers d'eux-mêmes et de la position qu'ils se sont faite sur ce versant des Laurentides, chacun regarde avec confiance dans l'avenir. Le grand mouvement que le centre influént communique dans toutes les directions, aura pour fin de donner une importance majeure à cette sentinelle avancée du grand Nord de Montréal. Le commerce et l’agriculture, qui sont déjà florissants dans cette paroisse, vont se raviver sérieusement puisqu'un chemin de fer va bientôt y surgir.
Voilà des rayons d'établissements dans les montagnes qui vont alimenter la belle source de revenus
que donne une voie ferrée. Il y a peu d'années en-
core, l'emplacement du village n’était qu'une forêt;
quelques colons cachés pour ainsi dire dans les bois,
ou blottis au fond du Lac, composaient toute la po-
pulation de St-Gabriel. Peu à peu l’on s’achemina vers
ces terres nouv-lles; elles étaient généralement bon-
nes. Le succès de quelques-uns fut l’encouragement de plusieurs autres qui suivirent. En peu de temps les chemins, les rangs s’ouvrirent ; des amis, des pa-
rents appelèrent d’autres parents, d’autres amis qui vinrent se grouper autour d'eux. Combien de colons pourrions-nous citer qui n'avaient rien, on peut dire, ou presque rien lorsqu'ils ont quitté leurs anciennes paroïsses, qui ont eu à lutter contre la forêt pour lui arracher un champ de culture et qui maïntenant vivent à l’aise sur un sol préparé de leurs propres mains |
«Que n’avons-nous autrefois pris des terres dans cette localité, lorsque nous pouvions nous les procurer si facilement, diront quelques-uns ? Que n’avonsnous gardé ces lots que nous avions défrichés et que nous avons vendus pour des bagatelles, diront peutêtre quelques autres ? L’éloignement et les premières difficultés du chemin nous ont découragés, mais aujourd’hui que nous nous sentirions amplement dédommagés si nous les possédions encore ! Pourquoi nous sommes-nous laissés bercer du fol espoir d’un plus grand succès sur une terre étrangère, diront encore plusieurs autres? Nous avons dépensé là les plus grandes forces de notre vie, nous y avons versé des sueurs en abondance, nous avons arrosé cet étrange pays des pleurs de l'exil, et que sommes-nous aujourd’hui après tant de déboires ? Hélas ! notre condition est bien loin d’être améliorée ! Heureux habitants qui nous avez remplacés, heureux colons qui avez été constants dans votre travail, jouissez en paix de vos établissements prospères et souhaitez-nous un meilleur sort pour l'avenir qui nous reste à parcourir ! Avec du'courage et de la persévérance, avec de l’é-
mis qui e colons eut dire, anciennes pour lui nant vipropres
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